Un peu de cinéma : The Life of Brian, Terry Jones (1979)

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John Cleese: «Two down, four to go»

Le 21 janvier dernier, le réalisateur britannique Terence Graham Perry Jones, mieux connu sous le nom de Terry Jones, est décédé à l’âge de 77 ans. Membre fondateur du groupe humoristique Monty Python avec Graham Chapman, John Cleese, Terry Gilliam, Eric Idle et Micheal Palin, ils vont révolutionner l’humour grâce à la série télévisée Monty Python’s Flying Circus.

En tous points, cette série, mais surtout ce groupe, sont les précurseurs de nombreux groupes humoristiques tels que Rock et Belles Oreilles, ici au Québec. À la suite de cette série télévisée diffusée entre 1969 et 1974, les Monty Python vont produire de nombreux films réalisés par Terry Jones tels que Monty Python and the Holy Grail (1975) ainsi que Life Of Brian (1979).

Life Of Brian, un film satirique et blasphématoire

À sa sortie en 1979, le film est fortement critiqué et jugé blasphématoire et subversif par les instances religieuses de l’époque tant catholiques, protestantes et juives. Mais qu’est-ce dont que Life of Brian? Durant la production de The Holy Grail en 1975, Eric Idle propose l’idée d’un récit humoristique mettant en scène le Messie. Cependant, dans Life of Brian, ils vont détourner la question de la vie de Jésus de manière absurde en proposant de suivre la vie de Brian, le voisin de Jésus.

De nombreux pays vont bannir le film dès sa sortie, tels que l’Irlande et la Norvège. De plus, en novembre 1979, John Cleese et Micheal Palin font une apparition à l’émission télévisée Friday Night, Saturday Morning afin de débattre de la place d’un tel film et des idées derrières celui-ci. Le débat oppose deux membres des Monty Python contre Malcolm Muggeridge, un journaliste évangéliste ainsi que Mervyn Stockwood, évêque de Southwark. Disponible sur la plateforme youtube, le débat oppose deux concepts principaux, celui de la liberté d’expression, mais aussi celui des divergences d’opinions entre l’athéisme des Monty Pythons et l’idéologie religieuse ambiante de l’époque.

De l’humour absurde à l’humour politique

Dès le début du film, il est question d’une scène ridiculisant la nativité où les membres de Monty Python revêtus tels les trois Rois Mages, y allant même d’un «blackface», désirent payer un hommage à l’enfant. Celle que l’on croit être Marie n’est nul autre que Terry Jones habillé en femme. Lorsque ceux-ci réalisent qu’il n’est pas le Messie, ils se dirigent en direction de l’Enfant Jésus, laissant Brian seul. Ici l’humour des Monty Python est à son paroxysme, puisqu’ils soulignent de manière absurde, le fait qu’une personne était à une demeure d’être le Messie, tout le monde est à une porte d’être important.

Par la suite, tout comme dans The Holy Grail, où il est question de l’absurdité des procès de sorcellerie, Life of Brian offre une excellente scène concernant la lapidation pour blasphèmes, alors qu’un homme affirme que son repas était digne d’être mangé par Jéhovah.

Outre la question du blasphème, il est notamment abordé de manière ironique, la notion de la place de la femme où «l’absence de place» dans la société juive et romaine.  Afin de participer à la vie politique, associative, mais aussi aux lapidations publiques, de nombreuses femmes vont se déguiser en homme. Le film traite du sexisme et de l’absence de femmes au sein des mouvements politiques. Pour se faire, de nombreux hommes discutent de la place de la femme dans la société et celles-ci n’acquièrent de l’importance seulement lorsqu’un homme désirant être une femme lui-même et porter un enfant va s’identifier comme tel, créant ainsi une confusion et une incompréhension au sein des membres de l’organisation.

Brian ou l’absurdité du culte messianique

Tel Jésus, à la suite de mésaventures, Brian est amené contre sa volonté, à diriger un groupe d’individu. Malgré de nombreux discours favorisant l’individualisme et la libre pensée, les disciples de Brian ne comprennent pas son discours et on assiste de manière absurde à un culte messianique. Brian est arrêté par les Romains et conduit devant Ponce Pilate et est condamné à la crucifixion.

Lors de la scène finale de la crucifixion, Brian est abandonné par ses disciples, voyant sa mort comme le point de départ des revendications afin de libérer le peuple juif de l’oppression des Romains. Le film se termine sur la pièce musicale satirique, Always Look on the Bright Side of Life qui est une parodie des films d’animation de Disney, où l’on aperçoit près de 15 individus crucifiés chantonnant: «Always look on the bright side of life, I mean, what have you got to lose? You know, you come from nothing, You’re going back to nothing, What have you lost? Nothing!».

En conclusion, le film Life of Brian de Terry Jones est un incontournable du cinéma humoristique et une excellente manière de découvrir l’œuvre des Monty Python. Life of Brian ainsi que plusieurs autres œuvres et documentaires concernant les Monty Python sont présentement disponibles sur la plateforme Netflix.

Suggestion de la semaine :

1- Parasite, Bong Joon-ho (2019)

2- The Peanut Butter Falcon, Tyler Nilson, Micheal Schwartz (2019)

3- A Futile and Stupid Gesture, David Wain (2018)

4- Groundhog Day, Harold Ramis (1993)

5- Song to Song, Terrence Malick (2017)

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