
Pour amorcer le mois de février, le Café Frida expose les œuvres d’Aurélie Lacroix. Les personnages dessinés et sérigraphiés surprennent par leurs traits déformés. Les cadres sont mis à l’honneur dans la première exposition solo de l’artiste trifluvienne. L’anti-vernissage du vendredi 5 février dernier traduit le désir de la jeune femme de se détacher de la tradition.
Aurélie Lacroix a organisé une soirée plus informelle et dérisoire que le veulent habituellement les vernissages. Elle accueillait ses invités avec des pogos et du punch épicé à la pastèque. Les contrastes et les audaces font partie de sa pratique et cette mise en scène le reflète bien. Les quelque 30 œuvres présentées ont en commun une étrangeté ludique. Lacroix recherche un équilibre entre le beau et le disgracieux.
Aurélie Lacroix recherche un équilibre entre le beau et le disgracieux.
La plupart des toiles sont dessinées au crayon de bois et au pastel gras, des médiums généralement peu utilisés. Cette originalité est une fois de plus en symbiose avec son désir de sortir légèrement du cadre. Sans dissidence trop marquée, elle glisse doucement hors des sentiers battus. Le choix de ces médiums est aussi pragmatique puisqu’ils lui permettent de concevoir une exposition rapidement avec peu de moyens, tant sur le plan financier qu’organisationnel.

Aurélie Lacroix présente aussi des sérigraphies sur bois et pousse sa production en ce sens, ce qui demande une logistique différente. Elle soumettra donc éminemment un dossier à l’Atelier Presse Papier afin de figurer parmi ses membres. Que ce soit en dessin ou en sérigraphie, les personnages sont toujours déstabilisants. Entre grotesque et harmonie, les représentations amusent et témoignent de la discrète désinvolture de la dessinatrice.
Les quelque 30 œuvres présentées ont en commun une étrangeté ludique.
L’artiste a une banque d’images de plus en plus importante, toutes des photos qu’elle repère sur internet. Elle reproduit ces portraits qu’elle sélectionne pour leurs traits physiques peu conventionnels et pour les expressions particulières des visages. La lumière change, les couleurs aussi, mais la fidélité des portraits pourrait donner lieu à des rencontres imprévues. Les modèles ne savent pas qu’ils sont dessinés puisque les images sur internet sont publiques et que les avancées technologiques rendent impersonnelles les relations.
Aurélie Lacroix porte une attention pointue au cadrage de ses toiles. Elle encadre ses dessins avec des enluminures dorées kitsch qui se rapportent au rococo et au baroque. Cette surcharge de stimuli vient embrasser cette recherche de contraste alors que la surabondance est caractéristique du mouvement baroque.
Sans dissidence trop marquée, Aurélie Lacroix glisse doucement hors des sentiers battus.
Diplômée du Cégep de Trois-Rivières et de l’UQTR en arts visuels, la jeune femme est active au sein d’un groupe d’artistes dans la région. Les Quoi? se questionne sur le quotidien et sur l’esthétique relationnelle. Cette formation a déjà participé à la biennale de sculpture de Trois-Rivières et se forge une place de choix dans le paysage trifluvien. Chacun des membres a une pratique individuelle, mais ils se retrouvent dans une intention de lâcher leur fou et profitent de la force du groupe pour oser davantage.
Aurélie Lacroix est portraitiste animalière et peut faire le portrait des animaux de compagnie, une expérience rocambolesque qui frôle l’absurde. Tant qu’à faire tirer le portrait de son ami à poil, il est aussi possible de faire appel à l’expertise de l’artiste pour des portraits humains. Pour de plus amples informations, Aurélie Lacroix est joignable via Facebook ou par courriel: lacroixaurelie24@gmail.com.




