Vernissage au Frida: Fine vapeur de douceur féminine

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La candeur de Mathilde Cinq-Mars se lit par ses traits délicats. Photo: M.-C. Perras
La candeur de Mathilde Cinq-Mars se lit par ses traits délicats. Photo: M.-C. Perras

Pour la première fois depuis l’ouverture, le café Frida de la rue Des Forges accueille une exposition en arts visuels. Pour étrenner les murs du restaurant aux allures de cafétéria rustico-cégépienne, l’équipe présente les images de la jeune artiste Mathilde Cinq-Mars. Le vernissage du 28 octobre dernier a permis de briser la glace et d’affirmer la vocation culturelle que veut se donner ce lieu aux abords du Fleuve.

Le lieu qui occupe le coin de la bâtisse est drôlement découpé. La salle d’un chic jeunot-urbain a son charme, la terrasse est merveilleusement bien située, mais l’endroit ne laisse pas les œuvres se livrer totalement. La disposition des tables empêche l’œil de lire pleinement les dessins. Par contre, les œuvres de Mathilde Cinq-Mars remplissent leur mission d’envoyer des messages à la fois ludiques et sociaux. Parmi les œuvres accrochées se retrouve le dessin qui a servi à l’affiche du Long week-end du court.

Depuis un peu plus de deux ans, Mathilde Cinq-Mars est illustratrice pour des revues, des livres, des manuels scolaires. Elle travaille beaucoup sur commande, mais pour cette exposition-ci, elle a livré ses réflexions, ses idées et ses perceptions bien à elle. Ondulant entre des propositions à teneur écologique, féministe ou relationnelle, les dessins de la jeune femme diffusent de la douceur et une certaine candeur. Les coups de crayon sont rondement exécutés, ce sont des traits minces et élégants. L’accumulation du geste produit des images parfois bondées, surchargées, mais toujours d’une grande délicatesse.

Forte de ses nombreuses collaboration, Mathilde Cinq-Mars se forge une place de choix dans le trop souvent hostile monde du marché de l’art.

Des personnages-ballons, des bras-accordéons, des objets réconfortants, des plantes médicinales et des paysages oniriques traduisent un univers enfantin et chaleureux, qui a parfois des allures de Marc Chagall. Ses inspirations proviennent du quotidien et en quelques sortes de l’actualité. «Je regarde les journaux et quand il y a une image qui me touche, je la découpe. Je mets de la peinture acrylique blanche dessus alors là, il reste juste une forme comme un peu abstraite et là, je redessine par-dessus et je la découpe puis j’invente quelque chose qui va avec», confie l’artiste de 26 ans. Elle invente ses décors en superposant plusieurs images inspirées du réel, parfois la pose, les expressions ou encore les objets.

Les personnages-ballons traduisent un univers onirique et ludique. Photo: M.-C. Perras
Les personnages-ballons traduisent un univers onirique et ludique. Photo: M.-C. Perras

Mathilde Cinq-Mars est représentée par les galeries Carré d’artistes, un regroupement qui a pour mission de démocratiser l’art contemporain. De par le monde, Carré d’artistes expose près de 600 artistes. Les œuvres de Mathilde Cinq-Mars sont conservées dans les locaux de New York. En plus de sa production affiliée avec cette galerie, la jeune femme travaille sur l’illustration d’un roman graphique avec Caroline Roy-Élément. Les deux artistes avaient d’ailleurs présenté une exposition plus tôt cette année où les mots de l’une venaient embrasser les images de l’autre. Elle a aussi été approchée par la CBC pour la création d’une scène d’animation pour la série X Company. Cette coproduction canadienne-hongroise de fiction porte sur l’espionnage pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ondulant entre des propositions à teneur écologique, féministe ou relationnelle, les dessins de la jeune femme diffusent de la douceur et une certaine candeur.

L’illustratrice pensait prendre un cours en design graphique, mais le succès la rattrapant, elle voguera plutôt sur sa production qui se vend bien. Forte de ses nombreuses collaborations, Mathilde Cinq-Mars se forge une place de choix dans le trop souvent hostile monde du marché de l’art.

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