Voyage au centre du campus : Une image qui a du cout

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Bonne rentrée à tous! Avez-vous remarqué ce qui vous accueillait à votre arrivée à l’UQTR? De nouvelles enseignes. En effet, l’Université a décidé de changer ses affiches vieilles de trente ans pour les moderniser au gout du jour. Combien cela a-t-il couté? Environ 210 000$. Pour certains, cela ne semble pas beaucoup, mais pour d’autres, c’est bien assez pour créer un ouragan de critiques sur les réseaux sociaux.

Je plains d’ailleurs la personne qui gère la page Facebook de l’UQTR. Quelle tâche ingrate ce doit être. Dans le fil de commentaires de la nouvelle, il y a comme un arrière-gout de printemps étudiant et de carré rouge. Il est vrai que si on fait des mathématiques, 210 000$ divisé par 3000$ (le cout d’une année universitaire, disons) = 70. Au lieu d’installer de nouvelles affiches, l’Université aurait pu organiser une loterie afin d’offrir la gratuité scolaire à 70 de ces étudiants. Génial, non? Cela ressemblerait au tirage pour les vignettes de stationnement.

Parlons-en du stationnement! Alors que certaines personnes associent la facture des panneaux à la hausse des frais de scolarité et l’augmentation du cout des prêts entre bibliothèques, personne ne parle de la rénovation du stationnement qui a couté 270 000$. J’avoue, c’est l’été et Monsieur Facebook n’a pas publié cela sur la page de l’UQTR, mais pour être passé devant tous les jours, je me demande encore pourquoi le stationnement du CAPS a été ré-asphalté au grand complet. Est-ce que la surface était à ce point abimée? Est-ce qu’il y avait des fils ou des tuyaux à faire passer en dessous? Est-ce que cela a ajouté des places supplémentaires? Est-ce qu’il y a eu des fouilles archéologiques? Est-ce que les compagnies mafieuses de Montréal avaient soif de nouveaux contrats? Je crois qu’on peut répondre non à chacune de ces questions. Ce n’était ni nécessaire, ni prioritaire. On peut au moins se consoler  ̶  avec cynisme  ̶  en se disant que le P8 est maintenant payant afin de prétendument financer cette dépense!

Nécessité et priorité

Peut-être avez-vous accroché aux mots «nécessaire» et «prioritaire». Non, le renouvellement des affiches de l’UQTR n’était pas plus prioritaire. Toutefois, c’était nécessaire. À moins que vous ne viviez dans le déni, l’image de marque d’une université est primordiale. Chacune d’entre elles se fait concurrence. Imaginez si le site internet de l’Université affichait des photos du sous-sol du Pierre-Boucher ou des belles œuvres d’art en macramé présentes dans les différents auditoriums. C’est beau ça! Donc, de renouveler de vieilles enseignes en béton avec un lettrage en fer forgé où nous pouvions lire «Univrsté du Quec à rois-ivièes», ça fait du bien.

Or, si l’étudiant critique ne peut plus douter de la nécessité des nouvelles affiches, il peut encore remettre en question le choix esthétique. On dirait qu’elles sortent tout droit de l’ère spatiale. Du moins, elles détonnent. Sur un fond de verdure et d’arbres matures, on nous a déposé là une belle navette spatiale en aluminium. Une réplique quasi-exacte du vaisseau de Buzz Lightyear. D’ailleurs, elles ne semblent pas encore achevées. Après deux semaines, il manque encore des morceaux à celle installée sur la rue Sainte-Marguerite. Elle ne résisterait sûrement pas à son entrée dans l’atmosphère. L’aluminium. Est-ce que ce matériau est présent ailleurs à l’Université? (En écrivant cette chronique, je me suis souvenu de la très belle sculpture en forme de U près du pavillon Pierre-Boucher… faite d’aluminium.)

Sur un fond de verdure et d’arbres matures, on nous a déposé là une belle navette spatiale en aluminium. Une réplique quasi-exacte du vaisseau de Buzz Lightyear.

Esthétisme et incohérence

En effet, il faut avouer que, bien que notre université se soucie de son esthétisme, elle n’a pas le souci de la cohérence. Il y a de très beaux pavillons et de très belles œuvres à l’Université. Nous ne sommes pas l’Université McGill où tout est antique et bien ouvragé, mais on peut tout de même trouver une certaine beauté dans l’entrée du hall Gilles-Boulet avec ses cubes et ses fontaines illuminées, dans la passerelle qui mène au pavillon de santé, dans l’observatoire du Pierre-Boucher, etc. Malgré tout cela, assoyez-vous un seul moment sur la terrasse de la Chasse Galerie et faites un tour sur vous-même afin de voir le panorama. Il n’y a à peu près aucune uniformité dans les styles architecturaux. Quelle université baroque avons-nous! Le béton blanc côtoie la brique beige, brune et rouge ainsi qu’une clôture vert forêt, de type frost, et un auvent d’un vert plus clair aux portes de certains pavillons seulement.

Voudrait-on vraiment que le rectorat engouffre quelques centaines de milliers de dollars afin de déterminer le design à suivre dans le développement immobilier de l’UQTR? Non. Après tout, l’Université doit rester à l’image de sa ville hôte. Un lieu mal planifié avec quelques œuvres éparpillées, mais projetant une image soignée et médiatisée. Savoir TRès Surprendre. Resterait plus qu’à avoir notre amphithéâtre.

 

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