Conférence de l’Université du Troisième Âge: L’économie et la criminalité

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Le conférencier, Étienne Desfossés, devisant de la motivation économique du criminel à commettre un crime. Crédit: Julien Boisvert.

Le 7 mars dernier, à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR),  avait lieu une conférence organisée par l’Université du Troisième Âge (UTA) portant sur l’économie de la criminalité. Pour donner cette conférence, l’UTA avait invité Étienne Desfossés, étudiant au baccalauréat administration des affaires concentration finance à l’UQTR ainsi qu’au certificat économique à l’Université Laval et chroniqueur économique au Zone Campus.

Spécialisé en micro-économie, Étienne Desfossés était venu présenter le résultat d’une longue recherche qu’il estime à 150 heures concernant les économies parallèles de la criminalité, sujet de recherche qui lui était venu lorsqu’un de ses professeurs lui avait fait remarquer qu’on parlait trop peu de cette question. Le format de la conférence a rapidement dévié de la présentation magistrale « je préfère, lors de mes conférences, procéder par un principe d’interaction avec le public », a-t-il annoncé d’entrée de jeu, faisant connaître son intention de travailler avec les questions du public.

C’est ainsi qu’a démarré cette conférence. Vulgarisant et analysant le fruit de son travail, M. Desfossés a débuté en déclarant qu’étant donné la part de secret et d’ombre relevant du domaine criminel, son analyse ne pouvait avoir la prétention d’être exhaustive, surtout en aussi peu de temps. Cela fait, il a cité ses sources principales, soit les travaux de Gary Baker, les postulats d’Ehrilch sur l’économie criminelle et la structure de l’économie criminelle selon Steven Levitt et Vivek Venkatesh.

« Je préfère, lors de mes conférences, procéder avec un principe d’interaction avec le public » – Étienne Desfossés

Le discours s’est ensuite orienté vers le coût de la criminalité au Canada, estimé entre 4,8 et 5,9 millions de dollars par homicide. Un membre du public mentionne alors qu’en cas de sinistre, la valeur d’une vie humaine est évaluée à 50 000 dollars, demandant si cela est lié à la question. Le conférencier, fidèle à sa promesse de suivre les interventions du public, l’informe alors que c’est appelé la formule de la vie, formule développée pour les compagnies d’assurance. Le montant peut varier selon l’individu ajoute-t-il, mais n’inclut pas les frais administratifs ou juridiques par exemple, contrairement aux sommes telles que celle divulguée précédemment, lesquelles, cumulées, s’élèvent tous crimes confondus à environ 31,4 milliards de dollars par an au Canada.

La motivation des criminels a occupé la tranche suivante de la conférence. M. Desfossés a mentionné des études selon lesquelles la pauvreté d’un secteur stimule les activités criminelles, de même que les inégalités sociales et économiques ou les possibilités d’emplois, la détresse poussant les individus à moins redouter les conséquences, puisque l’alternative légale demeure difficilement supportable. Il appuie son discours sur la crise au Venezuela, où la cessation de l’exportation de pétrole a démoli l’économie, menant à une hausse importante de la criminalité.

La pauvreté d’un secteur stimule les activités criminelles, de même que les inégalités sociales et économiques ou les possibilités d’emplois, la détresse poussant les individus à moins redouter les conséquences.

En guise de conclusion, le conférencier rappelle les motivations au crime qu’il a énoncées vers le milieu de la présentation, à savoir la pauvreté et les inégalités sociales principalement. Que faire pour prévenir le crime ? Diminuer ces facteurs est une bonne piste de solution. Mais il souligne que la justice est un équilibre précaire: trop restreindre les libertés individuelles pour prévenir le crime n’est pas une solution, mais un nouveau problème.

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