Critique musicale : Graveyard et Bat for Lashes

0
1112
bandeau-COOPSCO-final_01

Graveyard – Lights Out

Originaire de Suède, Graveyard vient de lancer son troisième album qui nous attire dans un monde plus mature. Avec Lights Out, on a droit à un rock plus travaillé, mais qui conserve tout de même son mordant et son énergie. Le son des années 70, les guitares rock comme on n’en trouve plus et une voix remplie d’émotions font de ce nouvel album un classique instantané.

Après la sortie de leur premier album éponyme (2007) et du second intitulé Hinsigen Blues (2011), la barre était placée très haute pour le quatuor qui aurait facilement pu être pris de vertiges.

Pourtant, ils semblent bien que ces jeunes hommes soient impossibles à déstabiliser. La pièce An Industry of Murder ouvre l’album avec un rock classique qui semble être sur le tempo idéal pour se balancer la tête d’un côté et de l’autre. On ne perd pas de temps à accrocher les gens avec des mélodies efficaces et sans complexes.

Slow Motion Countdown nous démontre la profondeur du groupe. Une ballade qui n’a rien des clichés habituels où les nouveaux efforts de production sont entendus en arrière-plan. Le groupe a effectivement ajouté quelques éléments nouveaux comme des cordes et des vents qui ne font qu’appuyer la structure déjà solide.

Nous avons droit à quelques chansons très entraînantes qui nous rappellent les deux premiers opus du groupe (Seven Seven, Endless Night et Goliath). En écoutant The Suits, the Law & the Uniforms pour la première fois, je me suis surpris à avoir une pensée pour Led Zeppelin, qui est assurément l’ancêtre direct d’un groupe comme Graveyard.

Sur Hard Time Lovin’, Joakim Nilsson nous offre une voix plus basse qui évite que la chanson tombe dans la collection de mauvaises ballades rock qui parlent d’amour.

Durant ces 35 minutes, on sent une unité forte au sein du groupe où tout le monde peut ajouter sa petite touche personnelle. La section rythmique tient le tempo d’une main de chef tout en allant chercher quelques honneurs ici et là sans pour autant voler trop d’espace. La guitare est rapide, rythmée et surtout très pertinente. On ne cherche pas à placer un solo pour placer un solo comme beaucoup trop de groupes semblent faire de nos jours. Finalement, la voix de Nilsson est simplement incroyable.

Pour leur efficacité sans bornes et mon «whiplash», Graveyard se mérite un A.

Bat for Lashes. Photo : Courtoisie

Bat for Lashes – The Haunted Man

Natasha Khan, alias Bat for Lashes, accumule les louanges depuis le début de sa carrière. Nommée deux fois pour le prix Mercury, remis au meilleur album anglais de l’année, elle lance un troisième album qui a tous les éléments en place pour recevoir une troisième nomination consécutive. The Haunted Man est définitivement un album à couper le souffle.

Affectionnant un style pop qui vogue entre le indie, le folk et l’électronique, le nouvel opus de la chanteuse britannique semble avoir été travaillé dans ses moindres détails sans pour autant que le résultat soit surchargé.

Si vous appréciez la première pièce, Lilies, vous allez tomber en amour avec le reste de l’album. Il s’agit d’une chanson que l’on sent intime et qui allie très bien les instruments classiques (guitares électriques) et le côté plus électro de Khan.

Le morceau le plus accrocheur est assurément la seconde pièce All Your Gold, que je qualifie de ver d’oreille. Les percussions plus lourdes de Horses of the Sun apportent un côté plus terre à terre alors que The Haunted Man nous fait voyager quelque part dans les airs.

Mais la qualité principale de Bat for Lashes, autre que sa voix qui donne des frissons du bout des orteils jusqu’à la racine des cheveux, c’est le sentiment d’intimité qui est insufflé à ses chansons. Des sommets sont atteints avec les pièces Winter Fields et Deep Sea Diver, qui nous donnent l’impression d’être les confidents de la chanteuse.

Et que dire de Laura, qui est probablement l’une des plus belles chansons issues cette année. C’est généralement avec le cœur brisé que je recommence sans cesse la pièce de 4 minutes et demie.

On comprend très rapidement que Khan est en maîtrise totale de son style qui est plutôt unique. Mélangeant les ambiances que l’on retrouve chez Zola Jesus, Cat Power et PJ Harvey, elle présente un troisième album riche et complet qui sait unir la musique plus organique à la musique électronique. Elle va jusqu’à se dénuder sur la pochette de l’album, où on la voit porter un homme nu sur ses épaules. À écouter particulièrement si vous vous sentez un peu plus introspectif.

Pour avoir passé à un cheveu de me faire pleurer, The Haunted Man se mérite un A.

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here