L’Écon’homme: Quand la dette fait peur

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Crédit illustration : Sarah Gardner

PCU, subvention salariale, investissements de relance; les gouvernements investissent massivement dans l’économie. Pourtant, la crise a diminué grandement les revenus des états, notamment en raison de la fonte des revenus d’impôts corporatifs et personnels. La dette est-elle une mesure préoccupante? Cette semaine à l’Écon’homme, on parle de dette!

Dépenses en expansion et revenus qui fondent

Alors que le directeur parlementaire du budget prévoit une baisse du PIB de 6,8%, le gouvernement passant ainsi d’un déficit prévu de 25,1 M$ à 343,2 M$, comme le prévoit toujours le haut fonctionnaire au budget. Sans rassurer, le ministre fédéral des finances, M. Bill Morneau, démissionne, ce qui peut être considéré comme l’abandon du contrôle du portefeuille gouvernemental, au profit du premier ministre. On remplacera d’ailleurs ledit ministre par Mme Christia Freeland, une nomination qui a fait couler beaucoup d’encre, notamment en raison de son côté loyal au premier ministre. Avons-nous changé le compétent pour l’écoutante? Je ne sais pas.

Une dette soutenable?

Avec ses considérations, on peut se demander si l’équilibre budgétaire sera retrouvé et si la dette est toujours soutenable au niveau canadien. C’est en effet une question fort épineuse lorsque l’on apprend que la dette atteint maintenant près de 1 000 milliards de dollars. Les économistes ne sont pas tous et toutes d’accord sur le sujet. Alors que l’agence de notation Fitch a décoté le Canada, abaissant sa cote de AAA à AA, les économistes restent pourtant partagéEs. Certaines personnes pensent que le Canada devrait diminuer rapidement sa dette. C’est notamment le cas de l’Institut Fraser, qui voit d’un bien mauvais œil l’utilisation actuel des deniers publics. D’un autre côté, certainEs économistes défendent que la dette du Canada est justifiée et somme toute soutenable. Les économistes s’appuient sur une approche dite «keynésienne». Selon le feu-économiste Keynes, le gouvernement doit, en temps troubles, suppléer au secteur privé et stimuler la demande.

Dépenser pour dépenser

De mon côté, je reste perplexe! Bien que la stimulation économique soit importante en période de contraction économique, l’allocation de ces dépenses se doit d’être efficace. Dépenser pour dépenser n’est aucunement efficace et il est important de bien réfléchir ces dépenses. Selon moi, la PCU en est un excellent exemple.

Au début, la PCU était nécessaire; elle permettait de maintenir les revenus des ménages et donc soutenir la demande des entreprises. La Prestation canadienne d’urgence a agi comme un réservoir de secours afin d’éviter la panne sèche lorsque les entreprises ne pouvaient plus subvenir aux besoins de la société. Toutefois, la PCU a été mal utilisée par la suite. En effet, le déconfinement a amené une utilité décroissante de la Prestation canadienne d’urgence, qui n’a malgré tout pas été abolie. Or, c’est au marché du travail qu’a alors nuit la prestation, au grand désespoir des employeurs qui avaient déjà eu leurs lots de déboires. À partir de ce point, la PCU n’occupait plus le rôle qui lui était dévolu. Dans les faits elle retardait un drame humain qui n’aurait su tarder!

C’est bien beau le fédéral, mais encore…

Par-dessus ces dépenses pandémiques, le gouvernement a aussi augmenté ses transferts aux provinces et municipalités. Bien que ces dernières ne relèvent pas de ses compétences, le gouvernement fédéral a outrepassé les provinces pour une rare intervention dans la sphère municipale depuis la création de la confédération. De même, Québec a aussi augmenté ses versements aux municipalités, devançant notamment le versement des taxes sur l’essence. Mais pourquoi tant d’aide aux municipalités?

En fait, cela prend fondement même au sein du droit des municipalités, qui doivent à tout prix ne pas faire de déficit; c’est illégal. Ainsi, la pandémie aurait rendu bien difficile l’atteinte de cette loi. De plus, la principale source de revenus des municipalités est la taxe foncière. Or, celle-ci n’a pas bougé avec la pandémie, tandis que les dépenses ont implosé.

Autrement dit, la pandémie a causé plusieurs enjeux de dette, tant au fédéral, qu’au municipal. Toutefois le provincial semble bien tirer son épingle du jeu à ce chapitre. En effet, le Québec est relativement bien placé en matière d’endettement, et ce malgré son état fort présent comparativement aux autres provinces. Et vous? Comme se porte votre endettement? À ce que Statistique Canada en dit, l’endettement des ménages aurait cru….

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