Élection du recteur de l’UQTR: un processus obscur?

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Les célèbres cubes de l’UQTR. Crédit: Magali Boisvert

Après une vidéo d’adieu, l’ancien recteur Daniel McMahon a décidé de céder son poste pour devenir diacre pour le diocèse de Nicolet. Après avoir troqué le veston pour la soutane, l’administration universitaire n’a pas eu le choix d’ouvrir les candidatures pour un engager un nouveau recteur. Tout semble se faire dans les règles de l’art, mais Zone Campus a tout de même tenté d’investiguer, pour aller chercher les poux dans le processus administratif! Surprise : On en a trouvé.

Un point de presse bien caché

Les étudiantEs avaient été invitéEs à participer à la présentation du candidat par webinaire. Cependant, cette information ayant été publiée, on ne semble pas avoir trouvé accès à ce webinaire. Sans dire que l’accès était volontairement caché, il n’était certainement pas facile à trouver.

recteur Daniel McMahon
Le recteur sortant, Daniel McMahon, en poste depuis février 2016. Photo: Gwendoline Le Bomin

Malgré ces circonstances qui résultent surement d’un manque de communication et d’une situation exceptionnelle, un autre détail marque… le fait qu’il n’y ait qu’un seul candidat. En effet, le vote et les points de presse semblent absurdes, puisque le candidat unique va surement devenir le nouveau recteur, à moins qu’on lui préfère la chaise. Mais qui est ce candidat?

Qui est l’unique candidat?

Il s’agit de Christian Blanchette. Ce dernier vient aligner un C.V. assez impressionnant, puisqu’il œuvre dans la gestion depuis pratiquement une vingtaine d’années. M. Blanchette est titulaire d’un doctorat en physique (ce qui change de l’ancienne administration) à l’Université de York. Puis, ayant été enseignant pendant un certain temps, Blanchette s’est par la suite tourné vers la confection de nouveaux outils pédagogiques reflétant la réalité des étudiantEs à la suite de l’arrivée d’Internet dans les établissements supérieurs. Il est, depuis 2011, Doyen à la faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal.

L’expérience de M. Blanchette n’est donc pas à remettre en doute quant à la gestion, lui qui a eu une place sur plusieurs dizaines de comités pour la recherche en enseignement supérieur. Dans ces plans pour l’avenir, M. Blanchette a comme plan de redorer l’image de l’Université du Québec à Trois-Rivières. En effet, cette dernière doit se distinguer par ses particularismes et prouver qu’elle a autant offrir que n’importe quelle autre université québécoise.

Les raisons de la mise de côté de l’autre candidat n’ont pas été évoquées, et laisse M. Blanchette lui-même perplexe.

UnE autre candidatE écartéE

Le processus électoral, quand on s’y penche, dérange un peu. En effet, il nous a été souligné par le CX de l’AGEUQTR qu’un ou une autre candidatE avait été approuvéE par une firme d’évaluation psychométrique. L’administration aurait décidé de poursuivre le processus de sélection avec seulement un candidat.

«Le comité pouvait les soumettre à la communauté universitaire pour la consultation et période de vote, mais selon nos informations, le comité a pris la décision de n’en présenter qu’une seule. La consultation sert à sonder la communauté universitaire et offrir au comité le pouls, à savoir si le ou les candidatures sont soutenues par les principaux groupes. Le comité fait ensuite sa recommandation au conseil d’administration de l’UQTR», explique le président de l’AGE UQTR, Antoine Bélisle-Cyr.

Les raisons de la mise de côté n’ont pas été évoquées, et laisse M. Blanchette, lui-même, perplexe. Ce n’est pas la première fois qu’une situation du genre arrive à l’UQTR.

«Présenter au moins deux candidatures au rectorat est une demande qui a souvent été formulée ces dernières années», avance M. Bélisle-Cyr.

Une contribution minime des étudiantEs

Finalement, rappelons l’apport démocratique de chaque groupe dans cette élection à parti unique : chaque professeurE, chargéE de cours et cadre de l’université possède un vote (1) chacun. Pour ce qui est de la communauté étudiante, il y a seulement cinq (5) votes en tout (un pour l’AGE, un pour le hors-campus, un par cycle). Une belle démocratie à deux vitesses.

Dans tous les cas, souhaitons bonne chance à notre nouveau recteur; même s’il n’est pas encore élu, ça ne saurait tarder.

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