En pleine face : L’état de la souveraineté

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La souveraineté est morte. Pour le moment, du moins. Avec les dissensions que l’on a connues au Parti québécois ces derniers mois, il est difficile de croire que ce parti semble digne du pouvoir. Comment est-ce qu’un parti déchiré, qui lave son linge sale sur la place publique peut s’entendre afin de diriger la province? De plus, avec une chef moins populaire que ledit parti, qui s’obstine à mettre ses objectifs devant l’indépendance, y a-t-il encore une lueur d’espoir pour le projet?

Au printemps 2011, les démissionnaires du PQ affirmaient qu’une des principales motivations de leur départ, mis à part le dossier de l’amphithéâtre de Québec, était l’obsession de la chef du parti pour le pouvoir. Une obsession qui l’éloignait de l’objectif premier du parti, la souveraineté.

Il y a un peu moins d’un mois, une lueur d’espoir pour la cause souverainiste est apparue en la personne de Gilles Duceppe. Les sondages le donnaient gagnant lors d’éventuelles élections et il semblait sur la bonne voie pour sauver le parti. Malheureusement et comme par hasard, un scandale mis au jour au même moment où l’ex-chef du Bloc sondait ses appuis a mis fin abruptement à sa tentative de prendre les rênes du PQ.

Cette mort en couche de Duceppe est probablement le coup de grâce qui met fin aux espoirs du Parti québécois de former le prochain gouvernement. Pauline Marois est bien en selle, mais avec seulement 17% des Québécois qui la voient comme prochaine première ministre, on peut facilement déduire que le PQ restera encore dans l’opposition pour encore plusieurs années, s’il n’a pas tout simplement creusé sa tombe pour de bon.

Quelle souveraineté?

Il est vrai que, depuis les dernières années, les élus du Parti québécois ne semblent pas intéressés à discuter de souveraineté, de peur de perdre l’appui des électeurs encore indécis sur la question. On a d’abord eu Bernard Landry, qui avait son projet de réaliser la souveraineté au bout de mille jours, suite à la saison des idées. Mille jours qui menaient obligatoirement à un autre mandat.

André Boisclair, tellement occupé à parler de sa boîte à outils, n’a pas eu le temps de placer ne serait-ce qu’une fois la souveraineté dans ses discours et a mené le parti à un résultat électoral désastreux en 2007 avec un maigre 36 députés.

Mme Marois, pour sa part, détourne encore une fois le parti de l’article un en amenant le concept de «gouvernance souverainiste», un terme flou pour le commun des mortels qui pourrait se résumer à : «Donnez-moi le pouvoir et on verra ensuite».

Bref, depuis 2001, il est rarement question de souveraineté au PQ. On s’identifie comme souverainiste, oui, mais c’est simplement pour imposer cette vision du «nous contre eux» si chères aux péquistes qui essaient de nous faire croire qu’ils préparent l’indépendance.

On peut reprocher beaucoup de choses à monsieur Parizeau. Par contre, on peut le considérer comme un homme de parole. Il n’a jamais été intéressé par le pouvoir. Non. Il a été clair avec les Québécois lors de l’élection de 1994 en les assurant d’un référendum sur la souveraineté au lendemain d’une victoire du PQ. Et lorsque l’on s’intéresse aux élus du PQ, qui sont tous rangés derrière la chef depuis peu, on ne voit pas vraiment de détermination «à la Parizeau».

Et les autres?

Je me ferais certainement lyncher si je ne mentionnais pas les deux autres partis indépendantistes.

Il est vrai que l’Option Nationale du jeune Aussant et sa bande ont l’indépendance comme seul objectif principal. Par contre, le jeune chef du parti a une carence de charisme et manque de visibilité dans les médias. Ajoutons également à cela une organisation inexpérimentée et, surtout, l’absence de candidats vedettes ou d’expérience qui pourraient aider à faire connaître le parti. Rayer ON de la carte électorale serait peut-être prématuré, mais on ne peut s’attendre à de forts gains lors d’élections éventuelles. Rappelons-nous du temps qu’a pris Québec solidaire avant de faire élire un seul candidat. C’est long, mettre un parti sur pied.

«La souveraineté est morte.»

Québec solidaire n’a pas l’indépendance comme principal objectif. Il s’agit bien d’un point dans la plate-forme du parti, mais c’est la gauche qui importe le plus au cœur des membres de QS. La souveraineté, quant à elle, passera après les réformes sociales que propose le parti, qui peine encore à faire élire d’autres députés à l’Assemblée nationale.

L’état de la souveraineté est peu reluisant. Le seul parti ayant la prétention au pouvoir, le PQ, adopte des propositions de désespérés telles que le droit de vote à 16 ans, les référendum d’initiative populaire et une possible alliance avec Québec Solidaire. Des positions qui nous portent à croire que le parti est conscient de la déconfiture qui l’attend aux prochaines élections.

En ne mettant pas le cap sur l’indépendance et seulement l’indépendance, le Parti québécois se tire dans le pied et devient une pâle copie du Parti libéral. Qui sait, dans le pire des scénarios, qui reste très plausible, le PQ pourrait devenir un parti aussi marginal que Québec solidaire et Option nationale.

1 commentaire

  1. Malgré les problèmes évidents que connaît le PQ, l’idéal indépendantiste trône à 43 % d’appuis dans l’opinion publique, c’est dire à quel point le PQ « se tire dans le pied » en cachant son idée supposément maîtresse. Je rappellerai toutefois que le nouveau parti Option nationale, malgré une quasi-absence médiatique, a déjà dépassé le cap des mille membres depuis sa fondation il y a trois mois, alors qu’après près de deux décennies d’existence, la CAQ-ADQ n’en avait que deux mille. De plus, dès son apparition dans les choix des sondages, « O.N. » récolte 2 % des appuis, ce qui est suffisant pour faire réélire son chef et député de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant. Ça, ça donne espoir pour l’indépendance !

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