Entre les deux pôles: Bien se connaitre pour une plus grande liberté

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La connaissance de soi prend ses racines en grande partie dans l’enfance, puis se développe tout au long des phases développementales de la vie. À la base, elle s’alimente à partir de la confiance (Freud, 1856-1939; Erickson, 1902-1994) et de la reconnaissance plus ou moins témoignée de la part de chaque figure parentale ou de substitution (professionnels, fratrie, parenté, mentors, etc.) envers l’enfant qui deviendra adulte.

La connaissance de soi est cruciale dans le développement de l’être humain, en raison des répercussions majeures qu’elle peut avoir sur une vaste gamme de sphères de la vie: personnelle, relationnelle, professionnelle et sociale. Cependant, pourquoi est-il nécessaire de mentionner que cette dernière dépend en bonne partie de la reconnaissance et de la confiance témoignées de la part des figures significatives? Afin de bien se connaitre, l’individu ayant développé un niveau de confiance suffisant et ayant reçu de la reconnaissance de la part de ses parents et/ou de son entourage durant la jeunesse, pourra généralement construire ensuite une estime personnelle mieux équilibrée.

L’estime de soi représente la façon dont une personne se regarde elle-même et juge de ses propres qualités et attributs. Il est juste d’affirmer qu’une estime équilibrée de ses forces et limites aura un impact significatif sur la capacité d’une personne à bien se connaitre et à faire des choix éclairés. Le sujet de l’estime de soi sera abordé plus en détail lors d’un prochain article. Cependant, il est possible de suggérer que l’estime de soi bien équilibrée et la bonne connaissance de soi peuvent aller ensemble et s’influencer.

Sur cette voie, un être humain adulte davantage porté à être en contact avec qui il est vraiment, en tant que personne, est naturellement plus à l’aise pour se réaliser dans ce qu’il aime et ce qui lui ressemble.

Il existe de multiples façons d’alimenter la connaissance de soi. L’encouragement de l’expression, tout en considérant et en respectant la position d’autrui qui peut être différente, est une voie possible. Cela inclut la possibilité d’exprimer un jugement critique et de favoriser également l’expression des opinions. Ensuite, une autre possibilité intéressante, afin de faciliter la connaissance de soi, réside en la capacité d’avoir recours à un discours à la première personne du singulier («Je»), tout en étant ouvert à la présence d’autrui et à ses différences.

Pour cela, il est intéressant de favoriser la prise de position sur des sujets de discussion, des propos d’intérêts personnels et des projets individuels ou collectifs. Lorsque les personnes significatives s’intéressent réellement aux idées et réalisations du jeune enfant, sans imposer leurs propres peurs ou besoins, il est possible de faciliter le processus et d’alimenter l’élan de l’enfant à se réaliser à partir de ses intérêts.

Sur cette voie, un être humain adulte davantage porté à être en contact avec qui il est vraiment, en tant que personne, est naturellement plus à l’aise pour se réaliser dans ce qu’il aime et dans ce qui lui ressemble. Cependant, cela nécessite préalablement une ouverture, ainsi qu’un accueil et une acceptation de la part des proches et de l’entourage par rapport aux vécus émotionnels de l’enfant, afin que ce dernier puisse les intégrer et les accepter en lui-même. En ayant la possibilité de reconnaitre ses propres vécus intérieurs, de les exprimer et de les accepter pour soi, il peut être moins difficile de se sortir d’une position de «victime» lors de moments nécessitant une prise de décision. Toutefois, cela demande avant tout aux figures parentales et/ou de substitution de montrer l’exemple et de permettre cette prise de position chez l’enfant, même si cette dernière peut être bien différente ou confrontant à un certain degré.

Divers éléments peuvent nuire à l’installation de la connaissance de soi: le fait d’empêcher l’enfant de prendre ses propres initiatives, la fermeture du discours, l’inceste psychologique et l’imposition de choix et décisions en sont différents exemples. Il peut y avoir des effets nuisibles à long terme sur le développement d’un individu. En plus des répercussions personnelles, cela peut également avoir des conséquences pour l’avenir professionnel (par exemple, une difficulté à trouver un emploi vraiment aimé). Face à ces difficultés par rapport à l’identité, il n’est pas rare que plusieurs personnes aient recours aux paradis artificiels comme la drogue et l’alcool, afin de tenter de diminuer une souffrance intérieure.

En permettant à l’enfant de tenter de s’individualiser et de se distinguer des autres en tant que personne à part entière, cela peut avoir pour effet de favoriser l’épanouissement personnel. Une personne ayant une plus grande connaissance d’elle-même aura davantage d’aisance à faire des activités intéressantes selon ses goûts et intérêts, à trouver un sens à sa vie selon ses propres valeurs qui lui tiennent à cœur, à choisir un partenaire conjugal qui lui convient vraiment selon ses propres désirs, et à pratiquer une profession ou un métier qui lui convient vraiment selon ses intérêts, forces et limites réelles. Finalement, une bonne connaissance de soi permet une plus grande liberté intérieure et une ouverture face aux différences.

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