«Entre les deux pôles»: Le trouble obsessionnel compulsif: vérifier, nettoyer, placer, ranger, compter…

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Photo: Mathieu Plante
Photo: Mathieu Plante

Le trouble obsessionnel compulsif implique la présence d’obsessions et de compulsions, qui forment des rituels visant à tenter de soulager l’anxiété (DSM V, 2013).

Les obsessions représentent des idées intrusives créant de l’inquiétude et du doute chez la personne. Elles peuvent être sous forme de pensées, d’images ou de pulsions. Les grands thèmes accompagnant ces obsessions sont souvent la propreté, la symétrie/l’ordre, les tabous/défendus et la peur de causer un dommage à soi ou autrui. Les obsessions provoquent habituellement des comportements (observables ou non), ayant pour fonction de tenter de réduire une tension interne qui lui est associée (Habimana & Cazabon, 2012). Ces réponses sont nommées «compulsions».

Un exemple d’obsession de propreté peut être pour une personne de croire que chaque fois qu’elle touche un objet, celui-ci la contamine par les microbes. Certaines personnes ayant ce type d’obsession pourront utiliser des compulsions comme celles-ci: passer beaucoup de temps à se laver les mains à répétition, nettoyer leur bain durant des heures, passer continuellement le balai à leur domicile pour qu’il n’y ait plus aucune poussière, etc. Les gens ayant ce type d’obsession auront donc la conviction de se faire salir par les objets, et garderont des croyances plutôt rigides concernant les conséquences de ces idées. Les pensées prendront une importance démesurée dans le quotidien de la personne et créeront de l’anxiété. Malgré leur nettoyage, elles demeureront insatisfaites du résultat et le feront à nouveau.

Ensuite, un exemple d’obsession et de compulsion concernant le besoin de symétrie et l’ordre peut être de passer beaucoup de temps à placer des objets (ex: bibelots, vaisselle, décorations, livres, etc.) à différents angles, au point de s’empêcher de vaquer à ses occupations, recevoir de la visite ou quitter son domicile. Un autre cas pourrait être de vérifier l’ordre des pages d’un document, afin de s’assurer que celles-ci demeurent dans un ordre désiré, au point d’en ressentir de l’anxiété et d’y passer beaucoup de temps. D’autres individus pourront aussi passer des heures à compter à répétition leur argent, pour s’assurer d’avoir un montant exact.

Dans le trouble obsessionnel compulsif, même si la personne utilise des rituels impliquant des compulsions afin de tenter de diminuer l’anxiété reliée à ses obsessions, ils ne réussissent pas à la soulager.

Les obsessions de tabous/défendus peuvent s’accompagner de pensées ayant comme thème la religion, la violence et/ou la sexualité. Face à des idées répétitives (ex.: avoir une relation extraconjugale; jeter son bébé devant un métro), la personne adoptera des compulsions, comme de répéter une prière dans sa tête pour tenter d’enrayer ses pensées. Ensuite, les obsessions de crainte de dommage à soi ou autrui peuvent s’accompagner de compulsions de vérification, comme de retourner sur son chemin à bord de son véhicule pour vérifier sur l’autoroute si aucun piéton n’a été blessé par soi-même.

Les compulsions comportementales sont observables par l’entourage de la personne qui en souffre. Par exemple, se laver les mains au point d’utiliser plusieurs pains de savon dans la même journée, par crainte d’être contaminé. Une autre personne peut retourner vérifier à plusieurs reprises si la porte ou la fenêtre de son domicile est barrée, par crainte d’être cambriolée. Elle peut aussi vérifier si le rond du poêle est bien éteint avant de sortir, par crainte d’être incendié. Un employé faisant de l’entretien peut retourner regarder le résultat de son travail avant de quitter le lieu professionnel, au point d’en faire des vérifications durant la nuit.

Il est donc possible de reconnaitre une personne souffrant de ce trouble lorsqu’il y a présence de compulsions comportementales. Par ailleurs, il existe également des compulsions mentales. Prenons l’exemple d’une personne qui compte dans sa tête une série de chiffres avant de réaliser chaque tâche quotidienne. Les compulsions mentales sont alors plus difficiles à observer.

Dans le trouble obsessionnel compulsif, même si la personne utilise des rituels impliquant des compulsions pour tenter de diminuer l’anxiété reliée à ses obsessions, ils ne réussissent pas à la soulager. L’individu répète donc son rituel en ayant toujours l’impression que son effet face à l’obsession demeure incomplet.

Ce trouble implique concrètement de passer beaucoup de temps à ses rituels d’obsessions et compulsions, au point d’altérer le fonctionnement de la personne. Celle-ci manquera beaucoup de temps pour aller travailler, entretenir des relations ou répondre à ses besoins de base (ex: dormir, manger, relations sexuelles), ressentira des émotions désagréables associées et souhaitera guérir sa souffrance.

Une autre personne peut retourner vérifier à plusieurs reprises si la porte ou la fenêtre de son domicile est barrée, par crainte d’être cambriolée.

Selon le degré de sévérité du trouble, celui-ci peut se traiter en psychothérapie. Différents thérapeutes utiliseront des approches cognitives et comportementales pour exposer la personne à ce qu’elle redoute, ou en l’aidant à ne pas entretenir ses obsessions/compulsions. D’autres thérapeutes utiliseront d’autres approches (ex.: psychothérapie analytique).

Dans les cas les plus lourds, la médication sera également nécessaire avec la thérapie, afin de soulager l’anxiété et des conséquences associées possibles (ex.: dépression, psychose, divers autres troubles anxieux, etc.). Si vous souffrez de trouble obsessionnel compulsif et que vous souhaitez tenter de vous en libérer, il est possible de consulter un psychologue ou un psychiatre, afin de vous aider «à partir de vous-même». Il existe également des groupes d’entraide et de la documentation populaire à ce sujet.

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