La p’tite vite: Les chants de l’amour

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Photo: Mathieu Plante
Photo: Mathieu Plante

Beethoven peut bien aller se rhabiller! L’hymne à la joie c’est du passé, place au chant de l’amour comme douce musique à nos oreilles enivrées par l’amour.

Des râles virils aux cris les plus stridents, les chants de l’amour se font entendre selon différentes tonalités et variantes. Ils sont l’expression naturelle et lubrique du plaisir sexuel et contribuent de façon significative au jeu érotique. Tout comme l’indique Le Petit Larousse de la sexualité, les gémissements «amoureux et spontanés» sont en quelque sorte un baromètre du plaisir (Mimoun, 2007). De façon plus détaillée, les gémissements constituent une sorte de représentation sonore du plaisir éprouvé par son/sa partenaire.

Une question de personnalité… et de contexte

Silencieux, par petits coups, grands cris, respirations forcées en passant par le langage salace et des plus colorés exprimant le plaisir, il va sans dire que, selon le degré d’intimité dont vous et votre partenaire de pratique disposez pour jouir de votre sport préféré, il est fort probable que vos cordes vocales soient un peu plus sollicitées. Néanmoins, ce dernier aspect n’est pas vrai pour tous, car tout dépend du degré de capacité à se laisser aller de chacun des participants. De plus, la personnalité joue également un rôle non négligeable. Par exemple, extraverti versus introverti. Malgré tout, il est possible que l’inverse soit tout aussi véridique. Toutefois, est-ce nécessaire de le rappeler, l’absence totale de rétroaction verbale peut être un facteur contribuant à la perte de désir dans le couple (Trudel, 2003).

En réalité, l’intensité de la rétroaction verbale n’est une condition propre à chacun d’où aucun modèle réel ne peut être tiré, ni même aucune conclusion. Une relation sexuelle parfaitement silencieuse pourrait être des plus extatiques, alors qu’à l’inverse, une séance digne des grands opéras de ce monde pourrait avoir été médiocre et dénuée de réel plaisir. J’ai soudainement l’image très bizarre de Luciano Pavarotti s’en donnant sexuellement à cœur joie avec le célèbre personnage de la Castafiore dans la bande dessinée Tintin… J’en ai les oreilles qui saignent!

Les chants de l’amour constituent une merveilleuse musique à qui sait l’apprécier.

Qui n’a jamais entendu s’exclamer ses voisins, ses colocataires, voire ses parents (irrépressible haut-le-cœur de votre auteur)? Pour certains, cette écoute de l’intimité d’autrui génère une montée de désir sexuel, pour d’autres, l’indifférence la plus complète. D’autres encore ressentiront du dégout. De nouveau, cette condition dépend beaucoup du contexte dans lequel on est, mais aussi de notre aisance et notre familiarité avec la sexualité.

La pression sociale et l’influence possible de la pornographie

Selon les auteurs du Petit Larousse de la sexualité, les hommes auraient de plus grandes attentes en ce qui a trait au gémissement de leur partenaire, de sorte à autoévaluer leur performance (Mimoun, 2007). Bien sûr, il est important de rappeler que l’un n’étant pas forcément corrélé à l’autre et que les gémissements ne sont qu’une façon parmi tant d’autres d’exprimer le plaisir.

Par ailleurs, cette vision de la réalité est très hétéronormative dans sa présentation, mais vaut tout autant pour les relations entre personnes de même sexe. Bien que pour les femmes, la pression provient plus du fait de vocaliser fortement leurs états d’âmes plutôt que de les solliciter. Il est intéressant ici de mentionner qu’il y a une différence notable entre les gémissements masculins et féminins, notamment dans la pornographie.

Ils sont l’expression naturelle et lubrique du plaisir sexuel.

Cette pression sociale provient des nombreux préjugés sexuels véhiculés dans la société justement par la prolifération et l’accessibilité de la pornographie. Cette pression peut même être à l’origine de certains troubles sexuels tels que l’anorgasmie ou la dysfonction érectile, ainsi que la perte de désir sexuel (Trudel, 2003). Chez la femme, elle amène également un comportement bien connu, mais redouté des partenaires, la simulation.

La simulation

Selon la sexologue Sari Locker, une multitude d’études démontre que près de la moitié des hommes et des femmes aurait déjà simulé l’orgasme. Toujours selon elle, il serait plus facile aux femmes de feindre l’orgasme, ou le plaisir, en l’absence de preuve visuelle inexistante chez la femme, soit l’éjaculation de sperme (Locker, 2005). Malgré tout, la question à se poser est certainement: pourquoi feindre le plaisir? Bien que certaines situations puissent être délicates, la communication saine suggère la franchise. La découverte de la simulation chez son partenaire peut être vécue comme un mensonge, voire comme une trahison.

En résumé, les chants de l’amour constituent une merveilleuse musique à qui sait l’apprécier, mais tout comme le chant plus classique, tous les gouts sont dans la nature, faut-il encore que celui-ci sonne juste.

Sur une note humoristique, je vous laisse avec une scène désormais classique du cinéma américain mettant en vedette Meg Ryan. Cette dernière prouve qu’il est possible de stimuler l’orgasme…

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