Entre les deux pôles: S’asseoir et prendre pour acquis

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Il vous arrive peut-être de vous asseoir sur des positions en prenant les choses comme si elles étaient dues. Dans certains cas, cette habitude de «prendre pour acquis» peut être un piège face à des changements, des imprévus, des déceptions et bien plus.

L’expression «prendre pour acquis» ou «tenir pour acquis» désigne pour une personne de ne pas remettre en question une position et de possiblement croire que cette dernière est à l’abri de revirements de situation. Allons-y de plusieurs exemples et de l’impact que cela peut avoir sur le cheminement d’une personne. Peut-être qu’il vous est déjà arrivé de faire de la procrastination dans le travail ou dans les études. Cette procrastination, tout particulièrement, peut être vue de plusieurs manières.

Premièrement, il est possible que la tâche en question réveille un conflit ou une problématique chez la personne et que cela l’empêche de se mettre à l’activité. Une autre manière de voir la procrastination peut être de croire que tout est sous contrôle et que la tâche sera réalisée plus tard, car elle semble peu urgente à première vue. Dans ce genre de situation où la personne tient pour acquis qu’elle arrivera à réaliser un projet, il est possible qu’il puisse arriver des surprises de dernière minute.

L’un des risques de cette habitude de tenir les choses pour acquises est d’augmenter la possibilité de ne pas être prêt ou disponible face à un revirement de situation important. Dans certains cas, une personne peut remettre à plus tard, jusqu’à tant qu’elle soit confrontée à son obligation. Lorsque cela se produit, plusieurs expressions peuvent être utilisées pour décrire un inconfort: «Je ne m’attendais pas à cela», «Je ne l’ai pas vu venir», «J’aurais dû y penser», «Je l’ai pris à la légère», «Je n’ai plus le choix» ou «J’aurais dû avoir un autre plan». Tenir les choses pour acquises de manière exagérée peut donc devenir un piège dans certaines situations.

Plusieurs êtres humains doivent être confrontés à une crise ou une urgence afin de prendre des décisions importantes ou faire des changements dans leur vie. Prenez l’exemple de la santé. Avec un mode de vie nord-américain axé sur les accomplissements, la performance et les devoirs liés à de nombreux engagements, il peut y avoir peu de place pour se rappeler à quel point la santé est importante.

Sans la santé, il ne serait plus possible de vivre un style de vie aussi actif professionnellement, socialement et personnellement. Tenir pour acquis que la santé suivra pour toujours est un exemple caricatural pouvant être semblable dans de nombreuses situations (ex: relations conjugales, revenus financiers, situations professionnelles, environnement naturel, etc.). Réaliser et savourer tout ce que peut apporter la possibilité d’être en santé est un moyen de reconnaître et d’intégrer en soi une grande richesse qui est déjà présente et pouvant parfois sembler être oubliée. En d’autres mots, plutôt que de chercher en dehors ce qui peut rendre plus heureux de manière artificielle (ex: achats, drogues, alcool, gambling, etc.), il est possible que la reconnaissance de ce qui est déjà présent à l’intérieur de soi puisse être un puits de ressourcement et de motivation à avancer dans la vie… et surtout, vivre le moment présent.

Plusieurs êtres humains doivent être confrontés à une crise ou une urgence afin de prendre des décisions importantes ou faire des changements dans leur vie.

Il est aussi possible que l’on vous souhaite quelque chose lors d’une fête, comme par exemple «la santé». Toutefois, ce souhait ne se fait pas par magie ou par simple idée envoyée dans l’univers. Chaque personne peut contribuer à son bien-être à sa manière qui lui est propre, tout en ne tenant pas les choses «pour acquises». Face à ce souhait de la santé, il pourrait être tentant chez certain(e)s de ne pas poser de geste concret ou de se déresponsabiliser face à sa propre santé. D’où l’importance de la reconnaissance qu’il est possible de témoigner à ses états intérieurs et à ce qu’il y a autour de soi, pouvant contribuer à alimenter une bonne santé.

Il arrive qu’une personne reconnaisse l’importance de quelque chose seulement lorsqu’elle l’a perdu. La possibilité de vivre pleinement chaque chose qui peut sembler banale et acquise (ex: relations, activités, mouvements physiques, la nature autour de soi, etc.) est une piste intéressante afin de ne pas trop s’asseoir sur une assurance pouvant mener vers une paresse ou une indifférence.

Par ailleurs, quelqu’un peut traiter un employé d’un service essentiel avec peu de respect, tellement le service est tenu pour acquis dans la culture. Prenez l’exemple de l’alimentation, des infirmières ou de l’éducation au primaire et secondaire. Il est fréquent que différentes professions liées à ces domaines soient peu valorisées par rapport à l’importance et à la charge de travail accomplie par ces personnes, et que celles-ci vivent de l’épuisement. En tant que société, il est possible qu’un grand nombre d’individus en arrivent à «tenir pour acquis» que ces grands services essentiels comblant nos besoins de base, sont simplement dus.

Toutefois, plus quelque chose peut sembler être «dû ou acquis» sans y avouer sa propre dépendance et reconnaissance en tant que personne, plus il peut être déstabilisant ou surprenant d’apprendre qu’il ne sera plus possible d’y avoir accès.

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