La p’tite vite: Le sens d’une vie: je suis lesbienne, et alors?

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Eh oui! Je suis lesbienne, mais pourquoi un tel scandale dans le monde? Ce n’est pas comme si j’étais contagieuse! Quoique, quand j’étais plus jeune, j’ai transmis la varicelle à mes frères, ça compte?

Je crois qu’il est temps que je vous parle des vraies affaires. Le Québec est une société ouverte à la diversité sexuelle et je suis fière d’être québécoise. Cependant, il faut se le dire, il reste tout de même beaucoup de travail pour que l’égalité juridique acquise, ici, s’accompagne d’une égalité sociale pour la communauté LGBT.

Autrement dit, le gouvernement assure, à l’aide de la Charte canadienne des droits et libertés, que tout être humain ait droit à la vie, ainsi qu’à la sûreté, à l’intégrité et à la liberté de sa personne. D’ailleurs, dans notre belle province, nous accordons au peuple une liberté d’expression sur plusieurs aspects de leur vie, dont le plan de leur orientation sexuelle. En outre, en 2005, le Parlement canadien adopte la Loi sur le mariage civil, reconnaissant aux couples de même sexe la capacité juridique de contracter le mariage civil. Cependant, pour certains pays comme le Soudan, la Mauritanie ou bien l’Iran, une personne homosexuelle est passible de la peine de mort.

Pour nous, les Québécois, il est évident qu’un homosexuel possède les mêmes droits que toute autre personne dans le monde. Malgré tout, plusieurs d’entre nous conçoivent la diversité sexuelle comme étant quelque chose de déviant et d’anormal. En ce sens, la différence engendre encore beaucoup de malaise même si ça ne devrait pas. Évidemment, nous le savons bien, ce que les gens ne comprennent pas, ça les effraie et ils le repoussent!

Encore aujourd’hui, l’homosexualité n’est pas très bien comprise, voire acceptée par nombre d’entre nous. Par exemple, il m’est arrivé souvent d’entendre au loin des murmures dépourvus de tout sens logique comme «Moi ça ne me dérange pas quelqu’un d’homosexuel, mais je ne sais pas comment je réagirais si c’était un membre de ma famille…» Cette simple phrase en dit long sur la représentation mentale de l’homosexualité qui est encore faussée par le passé, c’est-à-dire faussée par les croyances que l’homosexualité, c’était mal et honteuse. C’était mieux de mourir sous le silence plutôt que d’affirmer son orientation sexuelle. Évidemment, ce n’est plus comme ça au Québec, mais cela reste que la peur du jugement social fait encore beaucoup pression sur nos choix de vie.

Je ne parle pas ici d’homophobie explicite, c’est-à-dire d’hostilité employée par des blagues, des insultes, du harcèlement ou encore d’agression envers les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres ou transsexuelles. J’exprime plutôt l’aversion incontrôlée face à l’homosexualité qui peut se manifester lorsque deux gais s’embrassent publiquement, par exemple. À mon avis, il s’agit plutôt d’une forme d’homophobie implicite qui apparaît banale aux yeux de tout le monde, mais qui limite beaucoup l’ouverture d’esprit à la diversité sexuelle. Ceci étant dit, nos sociétés occidentales dites «hétérosexuelles» exercent un poids considérable sur notre orientation sexuelle, même si nous affirmons que nous sommes une société ouverte à la diversité sexuelle. L’homosexualité n’équivaut donc pas à la «normalité», car l’hétérosexualité l’emporte sur elle.

À cet effet, arrêtons-nous un instant pour comprendre véritablement ce qu’on entend par «normalité», car plusieurs semblent faire fausse route par rapport à ce terme.

Soyez «libres» d’expérimenter amoureusement et sexuellement ce que bon vous semble.

Qu’est-ce la «normalité»

Tout d’abord, il faut comprendre que la norme est à la fois objective et subjective. En ce sens, la normalité peut se définir par ce qui est statistiquement fréquent dans la société. Par exemple, il est évident qu’il y a beaucoup plus d’hétérosexuels dans le monde que d’homosexuels. Il s’agit ici d’un fait objectif. Et pourtant, plusieurs se réfèrent à cette objectivité pour stigmatiser la différence qui devient source d’aliénation pour quiconque ne cadrant pas dans cet ensemble. D’autre part, nous pouvons dire que la normalité est très subjective dans le sens où on apprend, dès le plus jeune âge, à se conformer à des règles, voire à ce qui doit être.

En d’autres mots, nous devons nous conformer à une norme morale qui est fixée par l’autorité. Il s’agit ici d’un dogme, c’est-à-dire d’une affirmation, thèse, opinion émise sur le ton de la certitude absolue et imposée comme une vérité indiscutable. Au final, si vous n’êtes pas dans la norme, vous êtes considérés comme déviants et vous transgressez nécessairement la norme. Dans ce cas, être homosexuelle dans une société hétérosexuelle laisse place au sentiment d’être différents et anormaux, quant au fond, nous nous sentons normaux et heureux d’être qui nous sommes.

Quoi qu’il en soit, il n’est pas question ici de prendre position. Il s’agit plutôt d’ouvrir nos esprits au fait que la culture homosexuelle, créée en réaction à la discrimination, et la culture hétérosexuelle de nos sociétés occidentales actuelles ne sont en réalité que des constructions sociales qui sont enclines aux changements au fil du temps. Ce qui montre l’absence fondamentale de vérité absolue quant à notre orientation sexuelle.

De cette façon, soyez «libres» d’expérimenter amoureusement et sexuellement ce que bon vous semble sans vous limiter aux jugements que peuvent apporter votre voisin. Dans tous les cas, la sexualité a bien meilleur goût une fois dénudé de ce qui nous retient mentalement.

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