Étudiants étrangers à l’UQTR : Au pays des caribous

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Maxime, originaire de Rennes en Bretagne, étudie à l'UQTR depuis janvier. Photo: M. Lortie
Maxime, originaire de Rennes en Bretagne, étudie à l’UQTR depuis janvier. Photo: M. Lortie

Certains diront que ce n’est pas très original de faire un reportage sur des étudiants étrangers provenant de la France, puisqu’après tout, ils parlent la même langue que nous. À première vue, il ne semble pas y avoir tant de différences entre la France et le Québec. Je répondrai que de s’intégrer dans un milieu qu’on croyait très semblable au nôtre est spécifiquement ce qui fait en sorte que l’expérience est déstabilisante.

J’avoue que, pour avoir séjourné une demi-année en France, j’ai un petit faible pour ce pays et que je me fais un plaisir de découvrir les nombreuses subtilités qui distinguent les deux cultures.

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J’ai rencontré Maxime Guerin, 23 ans, un peu par hasard, un après-midi à la Chasse Galerie. Originaire de Rennes en Bretagne, il a accepté de me partager l’expérience d’étudiant étranger qu’il vit depuis janvier, alors qu’il fait un MBA, ici à l’UQTR. L’Université de Maxime en Bretagne avait une entente avec celle de Trois-Rivières, il n’a donc pas eu à choisir la ville qui allait l’accueillir au Canada. Il m’explique que dans sa formation en administration, notamment pour le marché de niche des PME qui est sa spécialisation, l’UQTR est une référence dans son domaine.

«Certaines perceptions peuvent nous paraitre évidentes, mais c’est partant sur une longue période, à travers les différences observées vis-à-vis des autres, que nous pouvons mieux mettre en perspective notre propre culture»

Arrivé en plein froid du mois de janvier, il ne regrette pas du tout le choix de sa ville d’adoption, lui qui n’est pas particulièrement friand des grandes villes: «Être à Montréal, c’est un peu comme être à Paris, ce n’est pas comparable au reste du pays». Qui plus est, Trois-Rivières est un bon compromis entre la ville et la campagne. En semaine, il y a une vie active intéressante, sans trafic lourd. Les fins de semaine, il y a des parcs et des lacs à proximité, bref de la nature. C’est, selon lui, ce que recherchent les Français en venant au pays des caribous.

Même si le dépaysement semble moins grand que d’aller vivre en Italie ou au Vietnam par exemple, il se vit d’une façon beaucoup plus subtile: dans l’humour, dans les rapports sociaux, dans l’intégration à des cercles d’amis, dans l’éducation, etc.

L’éducation et la hiérarchie

Une des grandes différences qu’il a remarquée, et que j’ai aussi pu constater lors de mes études en France, est le rapport à la hiérarchie, notamment en classe. Il y a, au Québec, une certaine proximité entre les étudiants et les professeurs.

Maxime trouve aussi que les étudiants québécois, qui paient souvent eux-mêmes leurs études universitaires, sont plus assidus que les Français: «plutôt que d’apprendre des notions pour répondre à un examen, ils veulent avant tout se former en tant qu’individu et s’instruire, avec plus de maturité».

Créer des liens

«Tous les Français que je connais ont la volonté de rencontrer des Québécois, mais ce n’est pas forcément facile». Maxime me raconte que ça a été un grand atout pour lui de connaitre un Québécois avant d’arriver, ce qui a facilité son intégration.

Il a remarqué une grande différence dans les rapports amicaux avec lesquels il n’était pas très familier. En effet, il a été surpris de voir à quel point l’accueil général était chaleureux. Toutefois, il a rapidement constaté que très peu de gens rencontrés vont réellement laisser entrer des étrangers dans leur vie. Du côté de la France, c’est un peu l’inverse. Les gens ne sont pas nécessairement gentils au premier abord, mais une fois que le contact est créé, ces derniers vont plus souvent rappeler ou proposer des sorties. Presque tous les Français que j’ai côtoyés m’ont fait part de cette constatation et j’ai pu moi-même l’observer.

L’UQTR accueille annuellement plus de 11 000 étudiants. Ouverte sur le monde, elle compte sur son campus près de mille étudiants étrangers provenant d’une soixantaine de pays. Ces derniers sont invités à participer au programme de jumelage mis sur pied par le Bureau de la réussite étudiante dans le but de les accompagner dans leur intégration à la culture québécoise, à l’université et au nouveau système éducatif dans lequel ils évolueront. J’ai eu le privilège, par le passé, de participer à un programme similaire. De grandes amitiés y sont nées à ce moment et elles se poursuivent encore aujourd’hui.

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Maxime est d’accord avec moi sur le fait qu’il est vraiment différent de voyager sur une longue période plutôt qu’en touriste. Vivre ailleurs pendant plusieurs mois, c’est être confronté à une autre réalité, perdre ses repères, être exposé à des périodes plus difficiles loin de ses proches.

Mais les rencontres y sont riches et l’ouverture sur le monde s’opère, accompagnée d’une remise en question sur sa propre réalité. «Certaines perceptions peuvent nous paraitre évidentes, mais c’est en partant sur une longue période, à travers les différences observées vis-à-vis des autres, que nous pouvons mieux mettre en perspective notre propre culture», conclut-il avant d’aller rejoindre ses amis français.

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