Évictions à l’UQTR: «les Résidences ont suivi les règles»

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résidences UQTR MIchel-Sarrazin

Dans ces temps de pandémie mondiale, beaucoup vivent une situation invraisemblable. Perte d’emploi, enfants à la maison et aucun revenu, on avait pensé à pas mal tout, sauf ça. Dans la cacophonie ambiante, notre ville et plus précisément les résidences de notre campus ne font pas exception à la règle.

Au cours des derniers jours, les étudiant.e.s habitant aux résidences du Michel-Sarrazin se sont réveillé.e.s avec une mauvaise nouvelle. Rappelons que les activités sur le campus sont interrompues depuis le 13 mars et que les cours en ligne ont recommencé ce lundi 30 mars. Dans son courriel du 25 mars, la Société immobilière de l’Université du Québec écrivait qu’elle prenait des mesures pour «réduire au maximum les risques de la COVID-19». La solution dans ce contexte? Donner 48h de préavis aux étudiant.e.s pour quitter les résidences. Ça, c’est pour les étudiant.e.s québécois.es. Les étudiant.e.s internationaux, eux… relocalisé.e.s dans le même bâtiment.

Une situation très infantilisante

Simoin, un locataire des résidences

Nous nous sommes penché.e.s sur la question et avons pris le temps de discuter avec des locataires des résidences universitaires. Plusieurs d’entre eux et elles trouvent la situation sensible et même irrespectueuse envers leurs droits. Il est spécifié dans le courriel que les étudiant.e.s «devront tous retourner auprès de leur famille», mais que fait-on des personnes qui ne le peuvent pas?

Témoignages étudiants

Beaucoup sont offusqué.e.s par la situation. C’est le cas de Simon, habitant les résidences depuis le début de l’année scolaire, revendiquant que comme n’importe quel locataire, il paye son droit d’habiter dans les résidences. Rien dans le bail ne donnait aux autorités immobilières la possibilité de renvoyer les étudiant.e.s chez-eux en cas de situation exceptionnelle. Simon nous éclaire aussi sur le fait qu’il trouve la situation très infantilisante pour les étudiants et étudiantes : «Juste deux jours avant d’être sortis, c’est vraiment court. Renvoyer tout le monde chez ses parents, c’est comme dire que tous les étudiants ne sont pas autonomes».

Pour plusieurs, la situation manque aussi de logique. En effet, le gouvernement fait tous les efforts possibles pour inciter les gens à rester chez-eux, à éviter les déplacements entre les villes, etc. La situation fait en sorte qu’on est face à des étudiant.e.s possiblement infecté.e.s, qui retourneront dans des régions plus à risque que la Mauricie. Ces mêmes personnes retourneront peut-être dans des familles infectées et le tout ne respectera certainement pas les mesures de distanciation social qui aurait été respectées dans la mesure où les étudiant.e.s seraient resté.e.s dans leur logement étudiant.

L’administration souhaite éviter le mot «éviction»

Émilie* fait partie des étudiantes étrangères touchées par les décisions universitaires. Elle aussi dénonce la mise en place de ces mesures qu’elle trouve incohérentes. Elle nous informe que «Les familles qui ont pu, sont justement venues sur place pour les déménagements. Vraiment, 48h c’est trop peu pour permettre aux étudiants de trouver d’éventuelles solutions autres que leurs familles, sachant qu’en attendant la fac nous demande de continuer de travailler presque normalement». Cette dernière a décidé de retourner dans son pays d’origine.

L’administration et mesures gouvernementales

Pour avoir les deux côtés de la médaille, nous avons interrogé les responsables de ces déménagents forcés. L’administration souhaite éviter le mot «éviction», puisque personne n’a été mis à la rue… Les locataires qui ne pouvaient retourner chez eux ont été relocalisé.e.s dans les résidences de l’UQTR, avec les étudiant.e.s internationaux.

Julie Bourassa, Directrice de la Société immobilière de l’Université du Québec, a répondu à nos questions ainsi qu’aux critiques faites par les résidents : «Comme tout le monde, les Résidences ont suivi les règles qui sont imposées par le gouvernement. Tous les Québécois ont un rôle à jouer et chacun doit s’y soumettre, il n’y a rien d’infantilisant.

La très grande majorité des étudiants ont très bien compris la situation. Malheureusement, il y en aura toujours, une petite minorité, qui ne verront pas plus loin que le bout de leur nez. Peut-être comprendront-ils dans quelques semaines.»

Nous espérons que tous et toutes sont en sécurité et qu’ils et elles pourront continuer leur session, et, dans la mesure du possible, en paix.

Lire aussi : Une pétition pour suspendre la session : quoi en penser?

*Prénom fictif

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