Hausse des frais de scolarité: Début de mobilisation des étudiants internationaux

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La nouvelle est tombée le 2 février dernier : le gouvernement québécois va imposer aux universités des nouvelles coupes budgétaires, dont le montant exact est encore inconnu. Les universités pourront, si elles le souhaitent, compenser cette baisse de revenus en augmentant jusqu’à 25% les frais de scolarité des étudiants internationaux, dès l’automne 2016.

À l’UQTR, l’annonce inquiète vivement les étudiants internationaux. Guy Ayissi, président du COMPLICE (COmité Multiculturel Pour L’Intégration et la Coopération entre Étudiant(e)s), et Marfouz Lawani, secrétaire général du COMPLICE, ont pris la parole jeudi dernier à l’émission CFOU La sortie de secours est à votre gauche. Interviewés par les animateurs de l’émission, Lucas Hubert et Sébastien Guertin, ils ont évoqué la situation actuelle et future des étudiants internationaux, ainsi que les actions éventuelles prévues pour contrer la hausse des frais de scolarité.

«Beaucoup d’entre nous payent à peu près 16 000$ à 20 000$ chaque année, ce qui reviendrait à une hausse de 4000$ à 5000$ par année» affirme Guy Ayissi. Selon lui, deux risques sont à courir si cette mesure est effectivement appliquée : que les étudiants internationaux actuels n’aient plus les moyens d’assurer leurs frais de scolarité, et que les futurs étudiants soient choisis selon des critères financiers plutôt que des critères intellectuels.

Guy Ayissi, président du COMPLICE : «C’est une décision dans laquelle nous sommes tous perdants»

À cause de leurs frais de scolarité déjà élevés, beaucoup d’étudiants internationaux se heurtent à un préjugé: seuls les plus riches viennent étudier au Québec. Cette idée est d’autant plus ancrée que les étudiants internationaux doivent démontrer des preuves de capacité financière pour étudier au Canada. La réalité est un peu plus nuancée : «À la rencontre, un étudiant a dit que ses parents ont dû vendre une partie de leurs biens pour qu’il puisse venir étudier ici», indique Marfouz Lawani. Beaucoup d’étudiants internationaux se trouvent dans une situation précaire, et la hausse prévue risque de les asphyxier plus encore, au risque de les voir abandonner leurs études. «On constate que certains étudiants ne terminent pas leur programme», explique Guy Ayissi. «La situation est difficile, beaucoup arrêtent de fréquenter l’université parce qu’ils n’ont pas la capacité de payer et retournent chez eux.»

Selon Guy Ayissi, la hausse des frais de scolarité risque de creuser davantage l’écart entre les étudiants les plus riches et les plus pauvres : «Ce seront les plus fortunés qui seront attirés par l’éducation au Québec, pas forcément les plus brillants. Cela aura peut-être des répercussions sur le marché de l’emploi au Québec. C’est une décision dans laquelle nous sommes tous perdants : nous pour faire des études de qualité, et la société québécoise pour avoir une main d’œuvre de qualité plutôt qu’une main d’œuvre riche».

En plus de l’AGEUQTR, les étudiants internationaux disposent du soutien des associations étudiantes nationales telles que l’AVEQ ou l’UEQ, qui se sont prononcé contre la hausse, ainsi que de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec. À l’UQTR, les étudiants ont commencé à se mobiliser : après la création d’un comité contre la hausse et de la page Facebook Union contre la hausse des Frais de Scolarité des étudiants internationaux, une réunion a eu lieu dimanche 7 février, afin de décider quelles actions pourraient être engagées. L’organisation d’une marche et d’une pétition devrait rapidement être mise en place. Mais la priorité du comité sera de rencontrer le nouveau recteur de l’UQTR, Daniel McMahon, afin de connaître sa position sur le sujet: la suite des événements pourrait bien dépendre de sa réponse.

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