Je me souviens… Au pouvoir, citoyens!: Bienvenue à Trois-Rivières!

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Photo: Courtoisie
Photo: Courtoisie

Afin d’aider les nouveaux étudiants à mieux connaître la région qui les accueille, où j’habite depuis déjà six belles années, voici un tour d’horizon sur le passé, le présent et le futur de la ville. À l’intérieur de mes prochaines chroniques, j’aurai l’occasion de vous entretenir de sujets politiques et historiques d’actualité qui touchent le Québec.

Visitée notamment par Jacques Cartier lors de son deuxième voyage, en 1535, la région des Trois Rivières était le centre d’échanges commerciaux de plusieurs tribus amérindiennes, surtout algonquines. Trompé par l’illusion d’optique des diverses îles à l’embouchure de l’unique rivière Saint-Maurice qui la divisait en trois, le nom en est resté. On raconte même que l’endroit était tellement beau que Samuel de Champlain voulait y fonder son «Abitation»1 dès 1603!

Fondée finalement en 1634 par Laviolette, surnom de Théodore Bochart Duplessis, le réputé bras droit de Champlain et potentiellement un parent du Cardinal de Richelieu (!), Trois-Rivières fut dès le départ une ville d’aventure comme en témoigne les exploits de Pierre-Esprit Radisson et de son beau-frère, Médard Chouart dit Des Groseilliers, et Pierre Gaultier de Varennes, Sieur de La Vérendrye, dont les deux fils seront les premiers Français à découvrir les rocheuses en 1757!

Célèbre pour les Forges du St-Maurice, la première industrie sidérurgique en Amérique, la Trifluvie va rapidement devenir un bastion francophone et conservateur ainsi qu’un foyer culturel chaleureux qui va voir naître de nombreux intellectuels et artistes: Benjamin Sulte, Albert Tessier, Hervé Biron, Gérald Godin, Gatien Lapointe, Jacques Lacoursière, Denis Vaugeois, Isabelle Blais, Denis Villeneuve. Dans les années 1960, elle est la «capitale mondiale du papier»!

Il ne faudrait pas oublier non plus le charismatique mais controversé Maurice Duplessis qui fut député de la région pendant presque trente ans et qui fut le Premier ministre du Québec le plus longtemps en poste (1936-1939, 1944-1959), un record à l’échelle canadienne. Quoiqu’on lui associe encore le concept de «Grande noirceur», rappelons que Duplessis a électrifié nos campagnes, fait entrer le Québec dans l’industrialisation, rapatrié 50% de nos impôts d’Ottawa puis adopté un drapeau officiel en 1948, le fleurdelisé, presque 20 ans avant le Canada!

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Photo: Courtoisie
Svp, insérez un cerveau ici! Photo: Courtoisie

Aujourd’hui, la ville est dirigée par le maire Yves Lévesque, en poste depuis 2001, célèbre entre autres pour ses frasques à l’émission Infoman. Oui oui, le maire qui pisse partout, c’est le nôtre.

Ayant notamment orchestré la fusion avec le Cap-de-la-Madeleine en 2002 puis les fêtes du 375e anniversaire de la ville en 2009, année où la ville a reçu la mention honorifique de «capitale culturelle du Canada», Yves Lévesque est présentement en nomination pour le pire maire de la décennie. On retient maintenant de Trois-Rivières le qualificatif de «capitale du chômage»…

De plus, comme le gouvernement fédéral, laissant tomber des milliers de citoyens dans le dossier non réglé de la pyrrhotite (sorte de champignon de béton cheap), le maire a préféré investir massivement dans un amphithéâtre, pourtant refusé par la population à deux reprises lors de pétitions légales qui demandaient la tenue d’un référendum sur la question. Yves a dit NON.

Yves Lévesque est présentement en nomination pour le pire maire de la décennie!

Alors que l’édifice devait ouvrir ses portes en mai 2013 (annoncé en juin 2011!), on apprend que le retard du projet au printemps 2015 a un cout faramineux. En décembre 2013, seulement 60% était construit! En mai dernier, c’est une partie du toit qui fut mal construite. La ville est aussi en procès avec plusieurs entreprises afin de régler ses nombreux différends à propos des délais supplémentaires du chantier. Certains craignent que les frais de fonctionnement de l’amphithéâtre compromettent la capacité de la Ville de fournir des services aux citoyens dans l’avenir.

Non seulement ce projet (trop) couteux à tendance antidémocratique est contesté par plusieurs citoyens, mais la dizaine de millions de dollars empruntée puis investie dans le projet «Trois-Rivières sur St-Laurent» est incompréhensible comparativement aux urgences locales comme la pyrrhotite. Même le CAPS de l’UQTR fut contaminé en février 2013!

Réélu en novembre dernier pour un quatrième mandat grâce à la division du vote (notre système démocratique est vraiment désuet), le maire a obtenu 49,2% des votes, soit moins que les votes contre lui. C’est la même chose en ce qui concerne le gouvernement provincial et fédéral! Notre démocratie est tellement malade qu’il n’est parfois plus étonnant d’apprendre qu’au Québec, «517 maires et 3866 conseillers ont été élus sans opposition» (Radio-Canada, 4 novembre 2013)!

Pendant ce temps, empêtrée dans la construction de l’amphithéâtre Cogeco à côté de l’un des quartiers les plus pauvres, la Ville vient aussi de décider, ce printemps, à neuf voix contre sept, de reprendre la fluoration de son eau potable après quelques années d’arrêt. Cela pourrait débuter à la fin 2014 ou au début 2015. Cet été, les microbrasseries locales comme Le temps d’une pinte ou encore le Gambrinus s’inquiétèrent de la qualité de l’eau et des effets néfastes sur la fabrication de la bière. D’ailleurs, c’est un sujet tellement préoccupant – comme tout ce qui concerne la santé publique – qu’il faudra que je vous en reparle plus longuement dans une chronique ultérieure!

Néanmoins, il est agréable de vivre dans cette jolie ville où les loyers sont deux à trois fois moins chers qu’à Québec ou Montréal, une ville sans bouchon de circulation et où la poésie trône sur les murs d’un centre-ville très historique avec sa multiplicité de musées : les Ursulines, le manoir Boucher-de-Niverville, la vieille prison, le manège militaire du 12e régiment, Boréalis, etc.

Un jour, je l’espère, cette ville (à l’odeur parfois étrange) sera peut-être enfin dirigée par une personne qui a de véritables projets collectifs et une vision d’avenir moins bétonnée et fluorée…

Le mot ABITATION ne prends pas de H, tel qu’utilisé par Champlain sur sa propre carte.

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