La climato-réaliste: Comment [sur]vivre avec un.e amoureux.euse écolo

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Magali Boisvert. Photo: Mathieu Plante
Magali Boisvert. Photo: Mathieu Plante

Devant cette délicieuse semaine hyperconsommable de la Saint-Valentin qui s’en vient, l’environnement est probablement la dernière chose qui vous passe par la tête. Cependant, il est de mise d’être conscient.e de son impact sur l’environnement lors de tous les événements de ce genre. 

Avez-vous vraiment besoin de cette boîte de chocolats non-équitables emballés individuellement par des petites mains sous-payées? Allez-vous regretter d’avoir dépensé 100$ lors d’une séance de magasinage en ligne impulsif de célibataire esseulé.e? Ne vous sentirez-vous pas coupables d’avoir gaspillé une boîte de mouchoirs non-recyclés pour éponger vos larmes en regardant des comédies romantiques?

Agacé.e par ces appels à la raison? Vous vous dites: «Mais elle est donc bien rabat-joie, cette chroniqueuse! On a le droit d’acheter du chocolat si ça nous tente! Pis on s’en fout, des “récolteux’’ de cacao!» Bienvenue dans la réalité quotidienne d’un partenaire de vie d’écolo. Ces braves individus, et je parle de ceux qui ne partagent pas nécessairement ce même dégoût profond pour le styromousse, ont à vivre avec ces pensées tous les jours, car ils sont en couple avec de vrai.e.s passionné.e.s. C’est le cas de mon copain, qui voit passer toutes sortes de comportements bizarres de ma part. Voici donc, pour votre plus grande satisfaction, une liste de cinq choses que mon chum doit endurer en acceptant d’être en couple avec une écolo comme moi.

  1. Je fais un tri incessant des poubelles pour redistribuer les déchets.

Le sac de plastique de tortillas va dans le recyclage, les épluchures de mandarines vont dans le compost, le pot de yogourt va dans le recyclage, mais il faut le rincer, la feuille de papier peut être réutilisée de l’autre côté et ne va pas dans la poubelle… Mon copain me surprend assez souvent le nez dans la poubelle, tentant de soustraire à un destin aberrant un misérable bout de plastique sur lequel est inscrit le logo de recyclage numéro cinq. (D’ailleurs, petite information essentielle sur le recyclage: sur la plupart des emballages, il y a le logo de recyclage – les trois flèches en rond – avec à l’intérieur des chiffres d’un à sept; seul le numéro six n’est pas recyclable, mais ça dépend des municipalités. Le reste, une fois rincé, va au bac bleu!)

Mais elle est donc bien rabat-joie, cette chroniqueuse! On a le droit d’acheter du chocolat si ça nous tente!

  1. Quand je m’y mets, je suis un vrai boulet à l’épicerie.

«Non, mais, est-ce qu’on pourrait prendre du chocolat équitable? Oui, je sais que c’est sept dollars pour une barre, mais c’est fait par des travailleurs heureux qui sont bien payés!» «Ah, mais on ne va pas acheter ça? Ce détergent-là est méga chimique, je l’ai lu sur mon blogue zéro déchet!» «T’es au courant que le beurre d’arachides Kraft est BOURRÉ d’huile de palme?» Vous voyez le topo. Si ça ne tenait qu’à moi, je ferais fi des économies et j’achèterais tous mes aliments «secs» tels que les grains et les pâtes dans une boutique zéro déchet, mes légumes et fruits seraient achetés sans emballage et la viande serait une affaire mensuelle, pas plus. Je miserais aussi sur le bio et l’équitable le plus possible. Malheureusement, on doit faire des compromis.

  1. Le gaspillage alimentaire me met dans tous mes états.

Étant donné que je sais à quel point notre nourriture est coûteuse à produire pour l’environnement, à chaque fois que je jette un bout de mon assiette, c’est immanquable, ça me gruge le cerveau toute la journée. Je me sens coupable, je me dis que j’aurais dû en donner à quelqu’un, que j’aurais dû me forcer à finir mon assiette ou au moins mettre mes restes dans le frigo. Mon partenaire de vie doit entendre mes lamentations et me voir souffrir en silence pour un bout de pain, mais je me dis que ça fait partie de mon charme.

  1. Le mode de vie écologique en est un qui évolue sans cesse.

Ce trajet est jalonné de nouvelles recherches, de découvertes et d’idées d’initiatives afin de réduire notre empreinte. Un jour, j’apprends que je peux mettre une bouteille d’eau remplie dans mon réservoir de toilette pour réduire la quantité d’eau utilisée (on parle de 6 à 18 litres d’eau par chasse!). Puis, j’apprends le lendemain une recette pour faire mon propre nettoyant tout usage naturel. L’apprentissage n’arrête jamais, ce qui m’encourage à m’améliorer, mais décourage parfois mon copain qui a du mal à suivre la cadence.

Mon partenaire de vie doit entendre mes lamentations et me voir souffrir en silence pour un bout de pain, mais je me dis que ça fait partie de mon charme.

  1. Beaucoup de choses me tiennent très à cœur.

Lorsque j’ai regardé le documentaire Before the Flood de Leonardo DiCaprio, qui porte sur l’environnement, j’ai été tellement marquée que je n’ai plus jamais regardé un paquet de viande hachée de la même manière. Quand je lis les commentaires sur des publications Facebook et que je vois qu’une grande partie des internautes occidentaux se foutent du recyclage et du mode de vie zéro déchet, j’enrage. Mon copain me demande toujours pourquoi je continue à lire ces commentaires, mais c’est plus fort que moi. Je ne peux pas faire autrement que de m’investir à fond dans les choses qui m’importent le plus. C’est une bonne chose pour lui, car il en fait partie.

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