Home Chroniques La petite ténébreuse: Coquelicots, vétérans, mémoire ⎯ Le jour du Souvenir

La petite ténébreuse: Coquelicots, vétérans, mémoire ⎯ Le jour du Souvenir

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La petite ténébreuse: Coquelicots, vétérans, mémoire ⎯ Le jour du Souvenir
Champ de coquelicots, Normandie, France, 2008. Photo: Michèle Robitaille
Champ de coquelicots, Normandie, France, 2008. Photo: Michèle Robitaille
Champ de coquelicots, Normandie, France, 2008. Photo: Michèle Robitaille

Peut-être avez-vous aperçu, depuis quelques jours, les petites fleurs rouges apparaitre, accrochées aux foulards et manteaux des passants dans la rue. Savez-vous à quoi servent ces fleurs de papier? En fait, il s’agit de représentation de coquelicots. Les gens qui les portent rendent hommage aux anciens combattants dans le cadre du jour du Souvenir. Cette journée a lieu, tous les ans, le 11 novembre.

Le coquelicot est devenu l’emblème des soldats morts au combat pour les pays du Commonwealth après la Première Guerre mondiale. Avant 1914, les coquelicots n’abondaient pas dans les champs de France et de Belgique. Cependant, avec les combats et les bombardements, les sols riches en craie de la région de la Flandres devinrent gorgés de poussière de chaux, un terrain fertile pour la pousse des coquelicots. Après la guerre, la chaux a vite été absorbée et les coquelicots ont disparu. Cependant, ils sont restés dans les mémoires des soldats.

L’armistice

Le 11 novembre 1918, à 11h, les combats s’arrêtèrent définitivement. L’armistice fut signé vers cinq heures, ce matin-là, dans un wagon de train, loin des regards. Ce contrat allait mettre fin à la Première Guerre mondiale, un des plus grands conflits qu’a connu l’humanité. L’armistice reconnaissait la défaite totale de l’Allemagne et la victoire des Alliés. Depuis ce jour, tous les 11 novembre, à la onzième minute de la onzième heure, un deux minutes de silence est respecté en mémoire des combattants décédés durant les grands conflits mondiaux.

Le jour du Souvenir

Il est important de saisir la signification du jour du Souvenir. Cette journée, bien spéciale dans le cœur des anciens combattants, permet de se souvenir des sacrifices effectués par les soldats pour permettre de conserver la paix, au Canada. Souvent, la Première et la Seconde Guerre mondiale viennent en tête lorsqu’on pense à la commémoration. Cependant, il ne faudrait pas oublier les autres conflits comme la Corée, la Bosnie et, plus récemment, l’Afghanistan. Des soldats canadiens y sont décédés et plusieurs sont revenus bien amochés. Si ce n’est pas physiquement, les soldats sont épuisés mentalement et, malheureusement, ne savent pas vers qui se tourner. Que l’on soit pour ou contre la participation du Canada aux divers conflits internationaux, la santé des soldats devrait être un enjeu politique de premier ordre. Ces gens vivent des moments impossibles à comprendre sans les avoir vécus. Ils sont témoins de scènes difficilement imaginables et reviennent au sein de leur famille en devant reprendre leur vie «normale». Selon le plan, ils devraient se réjouir de revenir en vie. Par contre, ils sont souvent rongés pas une bête intérieure.

Il est important de saisir la signification du jour du Souvenir. Cette journée, bien spéciale dans le cœur des anciens combattants, permet de se souvenir des sacrifices effectués par les soldats pour permettre de conserver la paix, au Canada. Souvent, la Première et la Seconde Guerre mondiale viennent en tête lorsqu’on pense à la commémoration. Cependant, il ne faudrait pas oublier les autres conflits comme la Corée, la Bosnie et plus récemment, l’Afghanistan.

J’ai déjà parlé du syndrome de stress posttraumatique et je ne m’étendrai pas sur le sujet, mais je trouve important de parler de la santé mentale des soldats, avec les cérémonies commémoratives qui arrivent à grands pas. En fait, je me questionne: pourquoi est-ce encore si tabou de parler de ses troubles mentaux? Pourquoi n’y a-t-il peu ou pas de soutien pour les soldats de retour des combats en détresse psychologique?

Aux États-Unis, plus de vétérans se sont suicidés à leur retour que de soldats tués au combat. C’est alarmant! L’armée ferme les yeux et n’apporte pas l’aide nécessaire. Mais il serait facile d’arrêter cette hémorragie en fournissant les soins adéquats. Malheureusement, pour les vétérans et leur entourage, on préfère soigner ce qui est visible. La tête reste mystérieuse et peut-être a-t-on peur de réveiller quelque chose de plus gros que le choc posttraumatique…

Aux États-Unis, plus de vétérans se sont suicidés à leur retour, que de soldats ont été tués au combat. C’est alarmant! L’armée ferme les yeux et n’apporte pas l’aide nécessaire.

Alors, ce 11 novembre, souvenez-vous des soldats. De tous les soldats. Qu’ils soient Canadiens, Américains, Ukrainiens, etc. Car chacun a vécu sa propre histoire de son côté. Chacun a probablement quelque chose à apporter à la société avec son expérience, et chacun mérite le respect, peu importe ses troubles physiques ou mentaux.

Moi, je porte, avec fierté, le coquelicot. Je l’ai même tatoué sur mon bras. Oui, je suis historienne, mais ce n’est pas la principale raison. Je me sens redevable face à ces hommes et ces femmes qui se battent un peu partout et qui se sont battus pour nous permettre d’avoir des bonnes conditions de vie. Je le porte aussi en soutien aux personnes qui souffrent de problèmes mentaux, dont beaucoup sont des membres de l’armée.

Alors, sortez votre contribution volontaire et achetez un petit coquelicot pour faire avancer les choses. Pour que la société évolue.

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