La petite ténébreuse: Crimes contre l’humanité ⎯ Verdict au procès de Nuremberg

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Albert Speer dans sa cellule pendant le procès de Nuremberg. Photo: United States Army Signal Corps photographer
Albert Speer dans sa cellule pendant le procès de Nuremberg. Photo: United States Army Signal Corps photographer

Le 30 septembre 1946, les yeux du monde étaient tournés vers Nuremberg, une ville du sud de l’Allemagne. Le verdict du procès des criminels nazis, arrêtés neuf mois plus tôt, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, allait être donné. Les vingt-deux criminels seront accusés de complot, de crimes contre la paix et de crimes de guerre. Pour la première fois de l’Histoire, des charges de crimes contre l’humanité seront aussi retenues. Cette notion est nouvelle et ouvrira la porte à un futur tribunal pénal international.

Les accusés

Bon, en soi, les crimes nazis sont relativement connus de nos jours. Les camps de concentration et d’extermination, les éliminations de masse, les fours crématoires, les déportations massives, le racisme, et la liste pourrait s’allonger pendant des pages. Les accusés sont, par contre, un peu moins connus. Je ne vous ferai pas la liste des vingt-deux accusés, parce que Walther Funk n’a pas vraiment marqué l’Histoire, mais Hermann Göring et Albert Speer, oui. Oubliez Adolf Hitler, Josef Goebbels et Heinrich Himmler. Ces derniers se sont suicidés lorsqu’ils comprirent que leur cause était perdue.

Hermann Göring, nazi de la première heure, jouera un rôle essentiel tout au long du conflit mondial. En outre, il sera le commandant en chef de la Luftwaffe, l’armée de l’air allemande et sera la tête pensante des camps de concentration. Albert Speer, de son côté, sera l’architecte derrière toutes les grandes constructions nazies. Il deviendra rapidement ministre de l’Armement et fera travailler beaucoup de Juifs dans les camps, jusqu’à la mort de ceux-ci pour cause d’épuisement.

Le procès

Après la Seconde Guerre mondiale, le désir de punir les criminels se fait sentir rapidement. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’URSS joindront leurs forces juridiques pour mener à bien un procès d’une envergure jamais vue auparavant. Le procès sera tenu en Allemagne. La ville de Nuremberg est choisie, entre autres, pour son palais de justice encore debout, ayant évité les bombardements. La ville est néanmoins un champ de ruines. L’armée américaine rétablira l’électricité, l’eau et autres services publics. Le procès sera mené par Robert Jackson, juge pour la Cour suprême des États-Unis. Pour éviter que les critiques fusent des autres pays, les États-Unis choisiront un juge britannique pour présider le procès, Sir Justice Lawrence.

Donc, le 30 septembre 1946, les accusés se présenteront sur leurs bancs respectifs pour une dernière fois, attendant patiemment leur sentence.

Ce qui démarque le procès de Nuremberg, mis à part son envergure, c’est son côté moderne et technologique. Plusieurs journalistes seront accrédités à assister au procès. Ces journalistes ne parlent pas tous la même langue, évidemment. Plusieurs accusés ne parlent qu’allemand et le procès se déroule essentiellement en anglais. Chacun se verra donc remettre un casque d’écoute où la traduction en simultanée y sera diffusée. Un écran de cinéma prendra place majestueusement à l’intérieur du tribunal. Écran qui permettra aux alliés de montrer à la face du monde les horreurs nazies filmées à la libération des camps. Les États-Unis présenteront un film d’une durée de soixante minutes et les Russes en feront de même. Ces films feront partie des preuves phares du procès qui permettront d’établir un verdict en fin de compte.

Le verdict

Donc, le 30 septembre 1946, les accusés se présenteront sur leurs bancs respectifs pour une dernière fois, attendant patiemment leur sentence. La plupart seront reconnus coupables et condamnés à la peine de mort par pendaison. Parmi les accusés, plusieurs militaires de carrière seront outrés d’être condamnés à la pendaison et non au peloton d’exécution.

Le procès de Nuremberg sera la prémisse d’un tribunal militaire international. L’Organisation des Nations Unies (ONU) créera, peu de temps après, une commission de droit international. Comme quoi les crimes nazis, bien qu’atroces et horrifiants, auront permis le développement du droit international.

Deux accusés seront acquittés. Hermann Göring sera reconnu coupable de trois chefs d’accusation et condamné à mort. Il se suicidera, en prison, quelques heures avant sa pendaison, en avalant une capsule de cyanure. Albert Speer sera reconnu coupable de deux chefs d’accusation et condamné à vingt ans de prison.

L’après Nuremberg

Après le procès auront lieu plusieurs autres procès de criminels nazis de moindre envergure. Beaucoup seront condamnés à mort, bien que plusieurs se soient enfuis de l’Allemagne et réfugiés en Argentine. C’est le cas d’Adolf Eichmann, haut fonctionnaire du parti nazi et responsable de la mise en place de la solution finale à la question juive. Eichmann sera capturé en Argentine, en 1960, par le Mossad – les services secrets israéliens – et ramené en Israël pour subir un procès. Il sera condamné à la pendaison, en 1961.

Le procès de Nuremberg sera la prémisse d’un tribunal militaire international. L’Organisation des Nations Unies (ONU) créera, peu de temps après, une commission de droit international. Comme quoi les crimes nazis, bien qu’atroces et horrifiants, auront permis le développement du droit international.

Pour en savoir plus: Nuremberg, téléfilm tourné à Montréal. Réalisateur : Yves Simoneau, 2000.

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