Home Chroniques La petite ténébreuse: Le Krach boursier de 1929 ⎯ L’entre-deux-guerres mouvementé

La petite ténébreuse: Le Krach boursier de 1929 ⎯ L’entre-deux-guerres mouvementé

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La petite ténébreuse: Le Krach boursier de 1929 ⎯ L’entre-deux-guerres mouvementé
Charlie Chaplin, Les temps modernes. Photo: United Artists, 1935
Charlie Chaplin, Les temps modernes. Photo: United Artists, 1935
Charlie Chaplin, Les temps modernes. Photo: United Artists, 1935

Après la Première Guerre mondiale, le monde entrera dans ce qu’on nommera plus tard «les années folles». La décennie 1920-1929 fut marquée par un climat d’insouciance et de plaisir. Les femmes ont raccourci leurs jupes et leurs cheveux pour danser le Charleston. Années de prohibition aux États-Unis, les bars clandestins ont pullulé pour permettre aux citoyens d’échapper à la réalité du moment et d’oublier les années de guerre et d’austérité. Cependant, en octobre 1929, le monde vivra un réveil plus que brutal, lors du Krach de la Bourse de New York, le 24 octobre 1929. Date qu’on appellera plus tard le «jeudi noir». Que s’est-il passé? Les spéculateurs ont-ils vu venir le coup?

Bulle spéculative des années 20

En Europe et aux États-Unis, notamment, les années 20 sont marquées par la croissance économique et la prospérité. La production industrielle augmente de 50% entre 1920 et 1929. C’est trop rapide pour le cours de l’économie. De plus, depuis peu, les courtiers peuvent acheter leurs actions à crédit, en bourse. Donc, on dépose un dollar et on reçoit l’équivalent de dix dollars d’actions. À partir de 1928, on recommandera de ne plus acheter à crédit. Début 1929, l’industrie de l’automobile est en crise. La production industrielle reculera de 7% entre mai et septembre. Quelques jours avant le Krach, les ventes commencent. Le 24 octobre, la panique s’installe pour de bon. Il n’y a peu ou pas d’acheteurs sur les cours de la Bourse. Tout le monde veut vendre, mais personne ne veut acheter. Ainsi, le prix des actions chute drastiquement. À midi, une émeute éclate à l’extérieur de la New York Stock Exchange. La machine à rumeurs s’emballe. Il paraitrait que plusieurs spéculateurs se seraient suicidés. La plupart défenestrés. On apprendra, beaucoup plus tard, qu’ils ne s’agissaient que de rumeurs. Aucun suicidé lié directement à l’effondrement de la Bourse ne sera officiellement rapporté.

À la suite du Krach, une crise économique s’installera partout dans le monde. Le Canada est aussi touché par la crise. Les emplois sont rares, les salaires sont bas. Le chômage est à un point jamais vu. Les gens meurent de faim dans la rue. Pour aider la population, le gouvernement mettra en place le système des «secours directs», l’ancêtre de l’aide sociale. Aux États-Unis, le président Roosevelt élaborera le New Deal.

À la suite du Krach, une crise économique s’installera partout dans le monde. Le Canada est aussi touché par la crise. Les emplois sont rares, les salaires sont bas. Le chômage est à un point jamais vu. Les gens meurent de faim dans la rue. Les enfants sont abandonnés. Pour aider la population, le gouvernement mettra en place le système des «secours directs», l’ancêtre de l’aide sociale. Aux États-Unis, le président Roosevelt élaborera le New Deal. En somme, ce programme interventionniste vient en aide aux plus nécessiteux et tente de relancer l’économie. Mais l’économie ne remonte pas et la crise sociale s’installe. Quelle est la meilleure façon de relancer l’économie? Déclencher une guerre est généralement un bon début.

En Allemagne (eh oui, encore les nazis!), la monnaie sera tellement dévaluée que quelques personnes se promèneront avec une brouette remplie de billets de banque pour pouvoir acheter trois ou quatre grammes de beurre et un quignon de pain. Il en coute trois-millions de Marks pour acheter un pain… La population est au désespoir. Ils ne savent plus vers qui se tourner pour améliorer leurs conditions de vie. Le parti d’Adolf Hitler, au pouvoir depuis 1933, y verra une magnifique occasion de déclencher la guerre, qu’il attend depuis la défaite de l’Allemagne lors de la Première Guerre mondiale, en 1918. Pour passer au pouvoir, les nazis mettront en marche une énorme machine de propagande. Des films seront diffusés partout. Dans Le triomphe de la volonté de Leni Riefenstahl, l’Homme allemand est représenté au début du documentaire muni d’une pelle. Une pelle pour effectuer les grands travaux qui relanceront, dit-on, l’économie allemande. À la fin du documentaire, ces pelles se sont transformées en fusils. De façon insidieuse, les nazis prendront le pouvoir en promettant la relance de la société. Six ans après leur entrée au pouvoir, ils envahiront la Pologne et déclencheront la Seconde Guerre mondiale…

En Europe et aux États-Unis, notamment, les années 20 sont marquées par la croissance économique et la prospérité. La production industrielle augmente de 50% entre 1920 et 1929. C’est trop rapide pour le cours de l’économie.

Le milieu cinématographique s’inspire aussi de l’actualité. Comme Leni Riefenstahl, Charlie Chaplin saisira l’occasion de décrire sa réalité, dans Les temps modernes. C’est dans ce film qu’il y a la fameuse scène où Chaplin entre littéralement dans la machine sur laquelle il travaille et devient un morceau de celle-ci. Avec cette simple scène, Chaplin démontrera la déshumanisation de la société. Les travailleurs sont maintenant une part entière d’une chaine de montage et, peu importe le nombre d’heures qu’ils y travaillent, ils doivent performer. Disons que l’humain et les conditions de vie ne sont pas la priorité des patrons à cette époque.

L’après-crise

Les indices boursiers ne reprendront leurs cours à un montant semblable à 1929 que 25 ans plus tard, soit en 1954. La Seconde Guerre mondiale laissera l’Europe dans un état de destruction presque total. Les pertes humaines seront énormes, tant au niveau des dommages collatéraux de la guerre, mais aussi au niveau des meurtres de masse perpétrés par les nazis et leurs alliés, notamment les Japonais.

Pour les cinéphiles: Le triomphe de la Volonté de Leni Riefenstahl, 1935. Les temps modernes de Charlie Chaplin, 1936.

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