Home Chroniques La petite ténébreuse: Le massacre de la Saint-Valentin ⎯ Chicago, Al Capone et la prohibition

La petite ténébreuse: Le massacre de la Saint-Valentin ⎯ Chicago, Al Capone et la prohibition

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La Saint-Valentin est toute proche. Les boutiques et les commerces sont tapissés de rouge et remplis de cœurs et de chocolat. Cette journée est généralement consacrée à l’amour et aux câlins. Pourtant, à Chicago, en 1929, la Saint-Valentin n’a pas ralenti un célèbre parrain de la mafia dans ses activités.

Al Capone, le célèbre gangster ne prépare pas une soirée pour sa chère et tendre épouse. Il cherche plutôt une façon de se débarrasser froidement de ses ennemis. À cette époque, la guerre entre les mafiosos fait rage dans la ville des vents. Capone, parrain de la mafia, juge qu’une bande rivale, la North Side Gang, devient un peu trop importante.

Ainsi, au matin du 14 février 1929, les hommes de main d’Al Capone «s’occuperont» de leurs rivaux. Prétextant une réunion dans un endroit isolé, les victimes tomberont directement dans les filets de leurs bourreaux. Une fois à l’intérieur, deux membres du clan Capone, costumés en policiers, feront croire à une fausse descente et désarmeront tout le monde. Il n’en fallut pas plus pour abattre de sang-froid les sept malheureux. Le rapport de police conclut à sept homicides par balles. Pour vous donner une idée de la scène, en tout, 70 balles de mitraillettes Thompson seront répertoriées.

Une journée de Saint-Valentin plutôt funeste dans l’histoire de la ville. Mais pourquoi avoir abattu froidement ces hommes? Oui, Al Capone les trouvait dérangeants, mais il voulait surtout s’emparer des monopoles de la vente et de la contrebande d’alcool.

La Prohibition

En 1929, les États-Unis vivent l’époque de la Prohibition. L’alcool fait l’objet d’un contrôle extrêmement serré. Le peu d’alcool consommé légalement se fait dans le confort de son salon, sous prescription médicale. Il n’était pas rare de soigner une grosse grippe avec du gin, selon la recommandation du médecin. Évidemment, qui dit interdiction dit contrebande. Ainsi, plusieurs petits alambics et bars clandestins verront le jour à Chicago. Les endroits les plus lucratifs pour la mafia sont évidemment les maisons closes où le jeu et la prostitution sont monnaie courante. Pour alimenter leurs débits de boisson, les tenanciers se tourneront vers le crime organisé et feront affaire avec des mafieux de la trempe d’Al Capone.

Le rapport de police conclut à sept homicides par balles. Pour vous donner une idée de la scène, en tout, 70 balles de mitraillettes Thompson seront répertoriées.

Les années 20 sont aussi surnommées les Années folles. Il n’y a pas que dans les bordels que l’alcool coule à flots. À la sortie de la Première Guerre mondiale, les gens veulent oublier les drames et s’amuser. C’est l’arrivée du Jazz et du Charleston dans les clubs. Entrées sur le marché du travail pour remplacer la main d’œuvre masculine, les femmes se libéralisent, commencent à fumer, boivent et demeurent célibataires plus longtemps. Certaines conserveront leurs emplois après la Guerre, d’autres oseront même vivre en concubinage avec un homme à la face du monde. Une effervescence s’empare de beaucoup d’Américains. Les affaires vont bien, les emplois sont disponibles, tout est parfait. Trop parfait, en fait. Jusqu’en 1929, année du grand Krach boursier qui mènera à la crise économique des années 30. Le jeudi Noir de 1929 sera aussi le début de la fin du règne d’Al Capone à Chicago.

Al Capone

Al Capone deviendra le symbole par excellence de la Prohibition américaine. Cet homme, né à New York en 1899, est d’origine napolitaine. Affublé de la graine de la délinquance, Capone accumulera les petits délits à l’adolescence. Il se rangera un peu avec la naissance de son fils, en 1918 et deviendra comptable pour une firme en construction. Cette vie rangée sera de courte durée et dès 1920, il emménagera à Chicago auprès du plus important criminel de l’époque. Il devient rapidement son bras droit et le remplace à sa mort, en 1925.

Les années 20 sont aussi surnommées les Années folles. Il n’y a pas que dans les bordels que l’alcool coule à flots. À la sortie de la Première Guerre mondiale, les gens veulent oublier les drames et s’amuser. C’est l’arrivée du Jazz et du Charleston dans les clubs. Une effervescence s’empare de beaucoup d’Américains.

Bien en vue auprès de la population locale, Al Capone devient l’ennemi public numéro un. La police cherche tous les moyens pour l’inculper. C’est finalement sous des accusations de fraudes fiscales (ayant déclaré trop peu de revenus versus ses actifs) qu’il sera arrêté.

En 1934, il sera envoyé à la prison d’Alcatraz, situé au large de San Francisco, en Californie. Il y passera cinq ans et sera libéré sous conditions en 1939. Ses derniers temps en détention se passeront à Los Angeles. Souffrant de syphilis depuis longtemps, Capone verra sa santé physique et mentale se détériorer rapidement. Pour des raisons médicales, il ne pourra terminer sa détention sur l’île isolée d’Alcatraz et sera rapatrié sur le continent. À sa sortie de prison, la Prohibition est terminée depuis 1933 et son empire est réduit à néant. Il mourra en 1947 d’une pneumonie.

Alcatraz

L’île d’Alcatraz est une ancienne prison fédérale à sécurité maximale. Son emplacement géographique stratégique lui permettait de recevoir les plus grands criminels des États-Unis. En effet, la prison est située à environ trois kilomètres au large de San Francisco. Si la côte apparaît proche, les forts courants marins ont facilement refroidi les prisonniers dans leurs tentatives d’évasion. De nos jours, Alcatraz est un site touristique qui accueille près d’un million de visiteurs par année. Ô surprise, votre petite ténébreuse y est allée en 2009… À suivre!

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