Home Chroniques La petite ténébreuse: Tchernobyl ⎯ Catastrophe nucléaire en Ukraine

La petite ténébreuse: Tchernobyl ⎯ Catastrophe nucléaire en Ukraine

0
Le réacteur 4 de la centrale nucélaire de Tchernobyl. Photo: Justin Ames, 2011
Le réacteur 4 de la centrale nucélaire de Tchernobyl. Photo: Justin Ames, 2011

Le 26 avril 1986, l’Ukraine vivait la plus grande catastrophe nucléaire jamais répertoriée à ce jour. Le village de Pripiat allait vivre la fusion du cœur du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl. La fusion survient après un exercice visant à établir l’efficacité de la centrale à se relancer d’elle-même après une perte totale du réseau électrique. Exercice qui allait avoir des conséquences terribles…

La gestion de l’accident est encore controversée de nos jours. Les autorités ont d’abord envoyé les pompiers réguliers pour combattre l’incendie du réacteur. Le problème, c’est que les matières nucléaires ne peuvent être éteintes avec de l’eau. De plus, les pompiers n’avaient pas l’équipement nécessaire. Ils seront tous irradiés gravement et mourront quelques jours après l’incendie dans de grandes souffrances. Pour complètement étouffer l’incendie, il faudra déverser des tonnes de sacs de sable et de plomb directement dans le trou formé par la fusion. Près de deux semaines après la fusion, l’incendie sera maitrisé.

Au début du mois de mai, des ouvriers, appelés les liquidateurs, entreront dans le site pour le nettoyer. Malheureusement pour eux, leur équipement de protection individuelle ne protège pas des radiations. La tâche la plus ardue était de ramasser les morceaux hautement radioactifs qui avaient été éparpillés lors de l’explosion. Pour éviter les pertes humaines, il fut décidé d’utiliser des robots téléguidés pour faire le nettoyage. Par contre, la radioactivité était tellement élevée, que les robots tombaient en panne. Après réflexion, les autorités de la centrale ont décidé de s’en remettre aux humains, appelés les biorobots. Les hommes devaient se relayer chaque 30 secondes, pour éviter leur exposition aux radiations. Malgré les mesures de sécurité, la plupart de ces hommes sont décédés après leur mission.

Après réflexion, les autorités de la centrale ont décidé de s’en remettre aux humains, appelés les biorobots. Les hommes devaient se relayer chaque 30 secondes, pour éviter leur exposition aux radiations. Malgré les mesures de sécurité, la plupart de ces hommes sont décédés après leur mission.

Après avoir nettoyé et ramassé les débris, il fut convenu d’enfermer complètement les débris et le réacteur dans un sarcophage de métal. Les travaux pour construire le sarcophage étaient tout aussi dangereux que le nettoyage de la centrale. Les liquidateurs ne pouvaient y travailler de longues heures. Ils devaient s’y relayer et ne pouvaient y travailler que quelques minutes à la fois. Les travaux s’échelonnèrent sur près de trois mois, soit du mois d’aout au mois d’octobre 1986.

Conséquences humaines

La population environnante n’est pas mise au courant de la situation avant le lendemain. Les autorités russes considèrent que la panique serait plus dangereuse que la radioactivité. Les parents ont donc envoyé leurs enfants à l’école, comme à l’habitude. Un marathon s’est même tenu autour de la centrale, alors que les participants étaient des enfants âgés de 10 à 17 ans. L’évacuation ne commencera que 30 heures après l’accident. Les habitants, déjà frappés par les premiers symptômes de la radiation (nausées, diarrhées, vomissements…), seront envoyés dans les villages environnants. Il leur a été mentionné de n’apporter que le strict minimum, pensant être de retour à la maison après deux ou trois jours… Considérant que le village de Pripiat est toujours abandonné, 29 ans plus tard, il est clair que les populations n’ont pu retourner chez elles. L’évacuation entrainera de graves conséquences psychologiques sur les gens, eux qui sont déjà accablés par leurs symptômes physiques.

Aujourd’hui, environ 1000 personnes habitent dans l’ancienne zone interdite, mais cette zone est toujours prohibée pour les enfants, les femmes enceintes et celles en âge de procréer.

Le fait que la catastrophe de Tchernobyl se déroule en URSS, en période de Guerre froide, rend difficile d’avoir les faits et explications exactes. Il est donc autant difficile de connaitre le nombre exact de victimes liées à la catastrophe. L’Organisation mondiale de la Santé parle d’environ 4000 décès. Évidemment, les premiers répondants, les liquidateurs et les employés de la centrale ont été les plus touchés, mais il ne faut pas oublier les dommages collatéraux engendrés par la tragédie. Les femmes enceintes ont souvent vu leur bébé naitre avec de terribles malformations. Plusieurs femmes ont dû subir un avortement, car le risque de mettre un enfant non viable à terme était trop élevé. Plusieurs personnes ont été diagnostiquées d’un cancer – notamment les cancers de la glande thyroïde –  à la suite de l’accident, et ce, même plusieurs années plus tard.

Aujourd’hui, environ 1000 personnes habitent dans l’ancienne zone interdite, mais cette zone est toujours prohibée pour les enfants, les femmes enceintes et celles en âge de procréer. Pour les plus audacieux, il est possible de visiter la zone interdite, pour quelques jours. Certaines agences touristiques se spécialisent dans la visite de la ville de Pripiat, fournissant même tout l’équipement nécessaire. Frissons garantis…

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here