La p’tite vite: Doucement mon lapin

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Photo: Mathieu Plante
Photo: Mathieu Plante

Il est 2h30 du matin, la lumière tamisée confère à mon bureau une ambiance glauque. Mon angoisse, au doux parfum d’insomnie, m’indique que quelque chose ne va pas. L’essence même du sujet de ma chronique menace, à elle seule, cette virilité vacillante qu’est la mienne et, j’ose le croire, est peut-être le fardeau de bien des hommes d’aujourd’hui: «l’éjaculation précoce».

Le mot est prononcé: «précoce», résonnant telle une sentence de mort sur l’un des symboles masculins les plus sensibles: sa capacité à performer sexuellement. L’homme se cache, se tortille, se résigne, et puis retrouve son orgueil de surface.

Un homme sur deux, mais pas moi!

Messieurs, redressez-vous! Premièrement parce que la position fœtale n’est pas l’idéal pour la lecture. Dans un second temps, il n’y a pas là matière à vous morfondre. Statistiquement, c’est près de 50% des hommes qui seraient confronté à cette problématique. Bien que la fidélité de ces chiffres soit discutable, il n’en demeure pas moins qu’il est de notoriété publique qu’une grande proportion de la gent masculine est concernée. Respirez un grand coup, vous n’êtes pas le seul à qui ça arrive! Il est vrai que de s’avouer éjaculateur précoce n’a rien de bien édifiant. Toutefois, le reconnaître est certainement un premier pas vers les solutions! Par ailleurs, afin de vous définir en tant que fier précoce, quelle est la véritable définition d’éjaculateur précoce?

Définition relative

En réalité, même les experts semblent perplexes devant la question. Certains suggèrent qu’une éjaculation, se produisant au cours des deux premières minutes suivant la pénétration, pourrait être qualifiée de «précoce». D’autres réduisent la durée du coït à la minute. Certains autres calculent en nombre de va-et-vient qui, par ailleurs, se chiffrerait entre 8 et 15 mouvements. Moi je dis: au diable ces foutus chiffres, et concentrons-nous sur ce qui compte le plus: votre plaisir et celui de votre partenaire.

Plaisir partagé, plaisir renouvelé

«Trois p’tits coups et puis s’en vont». Si ces quelques mots vous interpellent, sachez que la fin du monde n’y est pas rattachée. La communication peut être l’un de vos meilleurs atouts. Discuter avec votre partenaire de votre réalité et de vos inquiétudes. Des solutions existent, bien avant un quelconque traitement psychologique ou médical.

Par exemple, les préliminaires sont un terrain de jeux formidable pour vous préparer à un coït plus long qui saura non seulement attiser le désir mutuel, mais vous offrir l’occasion d’éjaculer une, deux, dix fois s’il le faut. La sensibilité génitale devrait ainsi s’estomper un peu et potentiellement vous donner l’occasion de démontrer à l’être cher que vous possédez un «swing» du tonnerre.

Si malgré tout, l’éjaculation se produit en deçà de vos espérances, ou encore, avant la satisfaction plénière de votre partenaire, respirez un grand coup, ça arrive. Vous avez de multiples façons de vous reprendre, parmi lesquels: la stimulation manuelle, la stimulation buccale ou la masturbation individuelle et/ou mutuelle.

Cette dernière option peut être aussi un bon moyen, pour vous et votre amant(e), de vous exercer à reconnaître l’arrivée du célèbre «point de non-retour» et de vous entrainer à la communication. Une quantité astronomique d’ouvrages et de sites internet traitent actuellement du sujet. Informez-vous et hop, au travail les amis!

L’éjaculation précoce est une condition et non pas une fatalité.

Anxiété de performance

Il faut se le dire franchement, bien que l’éjaculation précoce soit, ici comme ailleurs, l’un des motifs de consultation sexologique la plus répandue, il n’en demeure pas moins que selon moi, la partie à traiter en premier est l’orgueil de l’éjaculateur précoce. En effet, celui-ci perçoit souvent sa performance comme mauvaise, ce qui peut causer une foule de réactions psychologiques plus ou moins adaptées, autrement dit, l’activation de mécanisme de défense psychique, comme entre autres, le déni, la projection et la sublimation.

En effet, certains hommes s’étalent en excuses, alors que d’autres rejettent la faute sur leur partenaire en prétextant par exemple, que celles-ci sont «trop belles»/«trop beaux» ou «trop excitant(e)s». D’aucuns poussent encore plus loin en suggérant que le fait d’éjaculer rapidement serait en réalité un compliment au talent de la (ou du) partenaire. Pour d’autres, c’est l’évitement des relations sexuelles, parfois par le biais du surinvestissement dans des activités autres, comme le travail ou les loisirs. Le tout, afin de prévenir les situations anxiogènes reliées à l’intimité sexuelle.

Ces réactions, bien que normales et naturelles, n’aident en rien à ce que la situation se résorbe, au contraire. L’anxiété générée affecte considérablement les performances et pourrait même mener à d’autres types de troubles sexuels, par exemple: la dysfonction érectile ou la perte de désir.

Consulter? Moi? Jamais! À moins que…

Concrètement, si vous éprouvez des difficultés en la matière, le meilleur atout pour vous est encore une aide extérieure. Il vous faut apprendre à reconnaître cet état de stress et, au lieu d’investir dans le macramé ou la mécanique, investissez plutôt dans une thérapie avec un professionnel compétent. Ceux-ci sauront vous aider! L’éjaculation précoce est une condition et non pas une fatalité. Des solutions existent, à vous de vous prendre en main. Et ce, sans mauvais jeu de mots.

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