La p’tite vite: Le féminisme, ce mot tant mal-aimé

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Photo: David Ferron

Il y a plusieurs façons d’être féministe et de le prôner. En effet, les luttes d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes que celles de nos grand-mères. Le droit de vote et l’accès à la contraception sont acquis, mais reste qu’il y a encore du chemin à faire pour changer la culture sous-jacente.

Il n’y a rien de mal à faire un petit rappel de ce qu’est le féminisme. Selon l’Office québécois de la langue française, c’est un «ensemble de mouvements sociaux qui ont pour objectif commun l’émancipation des femmes et l’égalité entre leurs droits et ceux des hommes». Donc, le féminisme, c’est une lutte pour atteindre l’égalité entre les hommes et les femmes, et ce, dans tous les domaines. Il n’y a pas de haine envers les hommes ni de sexe féminin supérieur prôné, du moins en théorie.

Au commencement

Même si les idées allant vers l’émancipation des femmes commencent bien avant, ce n’est que vers les années 1850 que l’on voit réellement le début de l’utilisation du mot «féminisme». Jusqu’en 1945 environ, cette première vague mise sur l’accès à l’éducation, au travail et au droit de vote, puisque les principales revendications sont du côté des institutions. Au Québec, les femmes ont obtenu le droit de vote seulement en 1940. Ce n’est pas excessivement loin en arrière!

Vers la fin des années 1960, une nouvelle vague voit le jour. Celle-ci se préoccupe davantage de la problématique de la violence conjugale et des agressions sexuelles, mais aussi de l’émancipation des femmes à travers une sexualité saine.

Avec le mouvement #Metoo, mais aussi avec l’arrivée de la loi 151, nous assistons tranquillement à un changement de mentalité.

Les revendications de cette dernière période rejoignent encore celles d’aujourd’hui, comme on peut le constater avec le mouvement #MeToo. Avec cela, mais aussi avec l’arrivée de la loi 151, nous assistons tranquillement à un changement de mentalité. Cependant, ce n’est pas encore gagné.

La faute du patriarcat

Durant cette deuxième vague, un mouvement plus radical du féminisme voit le jour. Ce féminisme radical – ou extrémiste – considère qu’il y a une oppression envers les femmes de la part des hommes, puisque nous vivons dans une société patriarcale. Cela signifie que notre organisation sociale est basée sur l’énorme pouvoir que détiennent les hommes. Ainsi, l’abolition totale de cette autorité masculine est souhaitée.

Il est vrai que plusieurs problématiques actuelles sont reliées à notre culture, qui met les femmes dans une classe parfois «inférieure», en particulier lorsque nous pensons aux violences à caractère sexuel.

En revanche, il faut faire attention pour ne pas tomber dans le piège de ce féminisme. En effet, nous pouvons être confronté.es à une explication où la faute est mise sur le méchant homme blanc, alors que rien n’indique dans les faits que cela est vraisemblablement le cas.

Nous pouvons être confronté.es à une explication où la faute est mise sur le méchant homme blanc, alors que rien n’indique que c’est le cas.

Oui, il peut y avoir ce type de discrimination déraisonnable, mais il y a aussi des hommes qui se font accuser à tort de viol, ou qui en sont victimes de la part de femmes. Et pourtant, nous n’en parlons que peu.

Oui, nous pouvons dire avec les statistiques que les femmes sont plus victimes de violence à caractère sexuel que les hommes. Cependant, nous pouvons aussi comprendre que les chiffres entourant les hommes victimes sont extrêmement sous-estimés, vu la socialisation entourant l’impossibilité pour un «vrai homme» d’être violé, résultant ainsi au peu de dénonciations de leur part.

Dans notre société où les identités de genre sont prédominantes, il est dans nos mentalités que les femmes sont les victimes, et que les hommes ne le sont pas, car ils ont le pouvoir. Ainsi, cette problématique de rôles genrés touche autant les hommes que les femmes.

Se sentir antiféministe, sans vraiment l’être

Nous pourrions penser que les femmes qui se disent antiféministes sont de mauvaises personnes qui veulent à tort la domination des hommes. Pourtant, selon l’article du journal français L’Obs intitulé «Ces femmes sont « antiféministes ». Elles nous disent pourquoi», celles-ci sont des féministes, selon la définition expliquée ci-haut. Elles n’adhèrent tout simplement pas à cette nouvelle idéologie, qui met selon elles les femmes constamment en victime, ou contre les hommes.

Briser les stéréotypes masculins de domination réduirait naturellement les femmes victimes d’abus découlant de ceux-ci.

Ces femmes «antiféministes» sont donc restées dans une vision plus «ancienne», où les luttes étaient basées sur des inégalités visibles. Aujourd’hui, étant donné que les problématiques sont plus invisibles et insidieusement imprégnées dans notre culture, il est difficile de voir comment nous pouvons arriver à l’égalité, concrètement. Il devient donc facile d’attribuer la faute au supposé cœur du problème, soit les hommes.

HeForShe

En 2014, l’ONU femmes a commencé une campagne appelée HeForShe. Cette campagne se voulait inclusive pour donner un rôle actif aux hommes dans la lutte contre les inégalités faites aux femmes. Emma Watson en est l’ambassadrice, et son discours poignant aux Nations Unies lors du lancement de la campagne montre sa vision égalitaire du féminisme.

Comme elle l’explique, si les hommes arrêtent de se sentir obligés d’être agressifs et contrôlants, les femmes auront moins tendance à être soumises. Ainsi, briser les stéréotypes masculins de domination réduirait naturellement les femmes victimes d’abus découlant de ceux-ci.

Ainsi, si l’on veut vraiment avoir l’égalité, nous devrions travailler en équipe, hommes, femmes et non-binaires, au lieu de discréditer l’argumentation de l’autre pour la simple raison qu’il n’est pas du même sexe que nous. L’égalité entre les hommes et les femmes commence par la discussion, parfois difficile certes, mais nécessaire pour briser les stéréotypes de genre pour tout.es.

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