La p’tite vite: Sodomie or not sodomie? Oser la question!

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Shakespeare se roule peut-être en boule dans son cercueil à la vue de ce titre saugrenu. Malgré tout, en ces temps modernes et obscurs, n’est-ce pas légitime de poser la question pour une sexualité libre et épanouie?

Dans une chambre à coucher près de chez vous, il est possible qu’un jour cette question survienne de nulle part, afin de vous décontenancer un peu, et ainsi, de sonder un tant soit peu les recoins les plus sombres de vôtre être, c’est-à-dire, votre esprit. Cette question, tant redoutée par certains, peut se formuler ainsi: aimerais-tu qu’on l’essaie par en arrière?

Avant de répondre, pour ceux d’entre vous qui ne savent toujours pas de quoi il est question, selon le Petit Larousse de la sexualité, édition 2007: « le mot sodomie vient du latin sodoma, non d’une cité de Palestine, Sodome».

Par ailleurs, la sodomie est une pratique sexuelle qui implique l’introduction du sexe mâle, ci-après appelé le pénis, ou son substitut artificiel (godemiché) ou naturel (les doigts, le ou les poings), dans l’orifice anal, ci-après appelé le rectum ou l’anus.

La réponse à ladite question est, sans équivoque, libre de toute contrainte extérieure. Plus clairement, sans un oui clair, net et précis, c’est non! Le consentement sexuel est essentiel à toute relation intime, point à la ligne! Qu’on se le dise une fois pour toutes!

Une question d’ouverture

Bien que la démocratisation outrancière de la pornographie ait popularisé cette pratique depuis les 20 dernières années, les tabous demeurent tenaces. En effet, dans l’imaginaire collectif, l’on réserve beaucoup la sodomie aux pratiques gaies, alors que dans les faits, ce n’est qu’une faible proportion d’entre eux qui l’incluent dans leur vie sexuelle courante.

La préservation du tabou provient également de la notion d’interdit moral planant encore sur notre société qui, hier encore, était encore sous le joug de l’Église catholique et de son moralisme pro-procréation.

Malgré tout, une étude française suggère qu’une femme sur deux aurait déjà tenté l’expérience, mais qu’uniquement 6% d’entre elles atteindraient l’orgasme. En comparaison, la chercheuse Maité Sauvet, dans un article de la revue Psychologie, indique que 30% des femmes seulement connaissent l’orgasme vaginal. Ici, j’émets une hypothèse: peut-être est-ce symptomatique d’un certain manque d’éducation sexuelle?

Le consentement sexuel est essentiel à toute relation intime, point à la ligne!

Une question de communication et de confiance

Bien sûr, je ne suggère pas ici que les jeunes du secondaire s’initient à la bonne pratique de la sodomie par des cours théoriques et pratiques (même si cela pourrait favoriser l’assiduité scolaire), mais plutôt par l’acquisition d’un certain savoir-être sexuel, une certaine sensibilité à l’autre dans sa réalité subjective, sans oublier l’essentielle communication entre les partenaires avant, pendant et après toutes relations sexuelles.

En communiquant efficacement leurs besoins, désirs et craintes, les partenaires gagnent non seulement en qualité, en ce qui a trait au plaisir, mais augmentent également leur confiance en eux ainsi que celle qu’ils ont face à leur partenaire.

Car, soyons francs, si pénétrer est une chose relativement facile, se laisser pénétrer, avec ce que cela implique physiquement et psychologiquement, c’est une autre affaire. Lorsqu’on pratique la sodomie et que l’on est la personne receveur, un stress, une crainte, des douleurs, peuvent transformer une expérience fort agréable en cauchemar.

Il est important de savoir imposer ses limites à son partenaire, mais aussi de savoir le guider dans son exploration des sentiers non balisés. Par ailleurs, rappelez-vous que la lubrification est la clé d’un coït anal mutuellement agréable, et que le bonheur, quoi qu’on en dise, se vend en tube dans une pharmacie près de chez vous…

La lubrification est la clé d’un coït anal mutuellement agréable.

Généralement, plus de peur que de mal!

Rappelez-vous votre première fois de macramé… ou de vélo, peut-être que toutes vos craintes et appréhensions se sont concrétisées et que vous avez vécu l’enfer sur terre. Mais, plus probable encore, vos craintes étaient plus grandes que la réalité. Il en va de même pour la sodomie. Les premières fois sont plus délicates, mais avec la pratique, tout va généralement mieux.

À l’instar des différentes activités de la vie, c’est petit à petit que l’on gagne la confiance et l’assurance nécessaires pour profiter pleinement de cette habileté sexuelle. Prendre son temps, attendre les bonnes occasions et ne jamais, homme ou femme, obliger ou forcer son partenaire à avoir recours à ce type de relation. Le respect des limites de l’autre est crucial, et il n’en favorisera que plus son ouverture à de nouvelles expériences.

La diversité des approches sexuelles, en ce qui a trait à notre propre sexualité, permet de nous épanouir comme partenaire, mais également comme couple, voire comme individus, puisqu’il favorise le sentiment d’auto-efficacité, qui, en gros, favorise l’estime personnelle.

Protection? Oui, et sans condition.

Le port du préservatif est fortement suggéré par les divers professionnels de la santé et par votre chroniqueur préféré, notamment en ce qui a trait à la transmission des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS).

Soyez vigilant, afin de profiter longtemps et en santé des plaisirs anaux et autres douceurs de la sexualité! Néanmoins, pour les gens plus aventureux, l’avantage de cette pratique est l’absence presque certaine de risque de grossesse. Ah, si ma mère avait su!

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