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La réalité d’étudiant.e.s étranger.ère.s en temps de COVID

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La réalité d’étudiant.e.s étranger.ère.s en temps de COVID

Sous la tutelle impérieuse de la COVID, la communauté universitaire a dû, très vite, s’adapter à une réalité qui lui avait été jusqu’alors inconnue: les cours en ligne. Pour beaucoup d’étudiant.e.s internationaux et internationales, ce brusque changement n’est pas sans conséquence.

Les cours en ligne n’ont plus de secrets pour les étudiants et les étudiantes du Québec. La plateforme de vidéoconférence Zoom, quasi inexistante à l’époque, a connu un bond de popularité en l’espace d’un an. Désormais, l’éducation à distance est devenue une habitude normée, appliquée par l’ensemble de la communauté universitaire; une réalité.

Une réalité peu propice au travail

Cette réalité, c’est ce qu’a vécue Emily Mauréaux. Étudiante en psychologie originaire de la Guadeloupe, elle s’est confrontée à un bouleversement au beau milieu de sa dernière année.

Avec son chat comme seule compagnie, son expérience en tant que finissante a suscité de nombreux défis.

L’étudiante Guadeloupéenne Émily Mauréaux. Crédit image : Emily Mauréaux

«Ça a été un petit peu dur parfois, [avec] ma connexion internet instable, et puis le fait qu’on n’ait pas les cours pour qu’on puisse réécouter par la suite… J’ai eu un cours en pratique, ce n’était pas agréable parce que je trouve que ça crée beaucoup de distance entre les étudiant.e.s… Je trouve ça très étrange et pas forcément très facilitant .»

Sans oublier le manque de concentration dû à l’espace de travail défavorable à celle-ci.

L’union entre le travail et la maison

Il y a eu, malgré tout, des aspects positifs au télétravail. Rien ne peut remplacer le confort de la maison. Se lever le matin une trentaine de minutes avant le cours, le temps de préparer un petit café, une petite tartine si l’envie y est pour finir le tout devant la caméra éteinte…

«On n’est pas perturbé par d’autres personnes qui font autre chose à côté de nous, ce qui arrive parfois dans les amphis où on s’en rend compte que ton voisin est sur Facebook donc ça te déconcentre, tu « checkes« … C’est plus confortable parce que tu peux être vraiment dans la position que tu veux».

Mais derrière ces apparences enjoliveuses se cache aussi des difficultés à surpasser. Le travail à la maison est un avantage pour les sédentaires raffermis du XXIe siècle. Cependant, l’oisiveté est beaucoup plus accessible à la maison que sur le lieu de travail. 

Sous son lot de distractions, les études à la maison peut devenir un cauchemar pour les plus distrait.e.s d’entre nous. Entre les bruits ambiants, le ou la colocataire qui cherche son chargeur, le chat qui se promène miraculeusement partout devant l’écran, la voix du professeur légèrement atypique et le sommeil qui revient tout doucement à l’appel, la concentration n’est pas du tout au rendez-vous.

«Combien de fois ça m’est arrivé, en écoutant le cours, de faire ma vaisselle…»

Une santé mentale fragilisée

Sous le faux dilemme imposé à tous les étudiant.e.s du Québec quant au déroulement de leurs études en période de pandémie, impossible de fermer les yeux face aux signes alarmants renvoyés par l’ensemble de la population étudiante dans le monde sur leur santé psychologique et physique. Selon une étude menée par l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), sur 2754 répondant.e.s sondé.e.s au printemps 2020, près de 42 % ont affirmé que leur état de santé mentale s’était détérioré. 

C’est ce que partage Moussa Moussata. Étudiant en première année d’informatique, originaire d’Algérie, sa première session en ligne a été pour lui virulente.

Crédit image : Moussa Moussata

«Quand on faisait les cours en classe, tu te sens comme un étudiant, tu es entouré avec tes camarades, tu es devant le prof… C’est vraiment un climat d’étudiant, tu peux poser des questions, montrer tes émotions… C’est comme ça qu’on avait l’habitude de faire nos études auparavant. On se sentait vraiment à l’aise».

Une autonomie à saisir

La rigueur, la détermination et la motivation sont les trois mots clés pour une session à distance réussie. Trois mots clés qui peuvent être rassemblés en un seul mot: autonomie. Ce petit mot s’est révélé être lourd de sens pour la plupart des étudiant.e.s, qui a dû en faire preuve de façon continue depuis le mois de mars 2020.

À ce petit mot peuvent se rattacher de nombreux adjectifs beaucoup trop réalistes: autonomie scolaire, autonomie financière, autonomie domestique, etc. Bref, un enjeu flagrant quand toute l’activité économique est à l’arrêt.

«C’était nouveau… Sincèrement, moi, j’étais stressé par exemple… Je n’étais pas à l’aise vraiment.»

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Une session bien remplie

Entre le gain de temps fourni par le mode synchrone qui confère un gain d’énergie, et une meilleure organisation, elle offre aussi un sentiment de «laissé-pour-compte» pour bon nombre d’étudiant.e.s qui aujourd’hui peinent à voir le bout. Les cours en ligne sont devenus une épreuve, mais aussi une leçon pour tous et toutes.

Pour Émily, les cours en ligne lui ont donné les outils et le mental nécessaire pour une meilleure organisation. «J’ai dû jongler entre travail et études», dit-elle.

Grâce à cette formation de vie, elle pense désormais être faite pour les cours à distance. Si l’on devait résumer la session en un seul mot, «décisif» aurait été le plus approprié. «Il y avait trop d’enjeux pour que ce soit une session qui soit différente… Elle était tellement décisive et le COVID est venu tout bouleverser.»

Pour Moussa, la session a été «condamnée», sens donné à la restriction collective orchestrée par le gouvernement afin d’assurer éventuellement un retour aux études, espère-t-il, dans de meilleures conditions.

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