L’art de monter une mayonnaise et autres propos comestibles: Prêcher pour sa paroisse

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Il semble qu’on n’ait jamais autant offert de place dans les médias à la question de l’alimentation. Des chaînes spécialisées se consacrent à la bouffe, les chefs quittent leur cuisine pour animer leur propre émission, la téléréalité s’empare de ce thème pour créer des compétitions qui donnent des sueurs froides aux téléspectateurs. Les émissions d’affaires publiques et les magazines d’information consacrent de plus en plus de temps d’antenne à cette question en abordant une foule de sujets allant de l’obésité à la meilleure poutine au Québec. Et que dire des livres de cuisine, alors que ceux-ci trônent en roi au sommet des ventes en librairies.

Toutefois, la prolifération de cette thématique au sein de la sphère médiatique peut être perçue comme un nivellement vers le bas de l’information. On reproche à la question alimentaire d’occulter des enjeux sociaux plus fondamentaux en offrant au public un contenu superficiel. L’intellectualisme perdrait du terrain dans les médias au profit d’un discours trivial et futile sur le bien-vivre. Ces critiques sont plus que recevables, connaissant la multitude d’informations véhiculées concernant les habitudes alimentaires. Que penser de cette cacophonie et comment s’informer de façon réfléchie?

Du temps de Gutenberg

Si le monde des quotidiens connait des transformations en profondeur (pensons à la fin de La Presse en format papier) en raison de la percée des nouvelles technologies et que l’accès à l’information se place de plus en plus sous le mode de l’instantanéité (la couverture en direct des attentats de Paris en est une illustration exemplaire), on remarque un regain d’énergie dans le monde de la presse écrite par la multiplication de revues consacrées à l’alimentation. Le couple chéri du web derrière Trois fois par jour a d’ailleurs lancé son magazine, qui allie recettes et chroniques informatives, le tout dans un format luxueux.

La popularité de Marilou et le désir d’expansion de son entreprise peuvent justifier l’élargissement en format papier de son site web. Cependant, elle n’est pas la seule à offrir ce genre de produits. Dinette, Bouffe et Science & Fourchette rivalisent sur le plan du contenu, du format et de la signature visuelle pour proposer LA revue qui repense nos rapports à l’alimentation. Nous sommes loin de Coup de Pouce et de Ricardo Cuisine.

Ayant toutes en commun un travail visuel léché, ces publications possèdent néanmoins des lignes éditoriales variables. Aussi, certaines miseront pour un ton plus ludique (Bouffe), alors que d’autres fourniront un appareil scientifique plus étoffé (Science & Fourchette), et quelques-unes accorderont un espace important aux recettes culinaires (Dinette). Peu importe l’approche retenue, elles reconnaissent toutes l’intérêt de se pencher sur notre relation à la nourriture et d’explorer des avenues encore peu empruntées pour traiter de ce sujet. Bref, des revues pour tous les goûts.

À mon sens, le magazine Caribou arrive à se démarquer du lot en offrant une revue haut de gamme, sensible à une recherche visuelle attirant l’œil et en développant une véritable réflexion sur les enjeux alimentaires actuels. Cette revue sait aller au-delà des recettes de cuisine en s’intéressant, à chaque numéro, à une nouvelle thématique, ce qui n’est pas sans rappeler le magazine Urbania. Malheureusement, son accessibilité en kiosque lui fait défaut, contrairement à ses compétiteurs. Il est ainsi plus simple de s’abonner pour recevoir un exemplaire de ce magazine biannuel.

La Sphère

Internet est un véritable fourre-tout d’informations. On y retrouve le meilleur, mais également souvent le pire. Des petites mesdames qui publient leurs recettes de sucre à la crème en passant par les sites pseudo-scientifiques qui vantent le régime sans gluten, il se dit beaucoup d’âneries sur les types d’alimentation à adopter pour vivre en santé. Malgré tout, certains projets valent la peine d’être mentionnés ici.

Nourrir (www.nourrir.net) est l’un de ceux-ci. Par le biais de portraits, l’équipe de Nourrir réfléchit sur les différents comportements alimentaires au sein de la société. Ces rencontres, accompagnées de photographies des personnes interviewées dans leur environnement culinaire, permettent d’entamer une réflexion sur la variété des rapports entretenus avec la nourriture. Le tout mené avec un souci d’objectivité et de simplicité afin de pouvoir penser librement ce que serait une alimentation saine et responsable.

Vas-tu finir ton assiette (www.vastufinir.ca) est, quant à lui, un projet résolument irrévérencieux. Puisqu’il existe certains dérapages dans la commercialisation alimentaire et qu’il faut bien s’en moquer, Mathieu Charlebois et Caroline Décoste soumettent à un banc d’essai les produits les plus loufoques. Leur objectif est simple: «Si tu manges ça, vas-tu finir ton assiette?» Parmi les étrangetés qu’ils ont goûtées, mentionnons les bouchés de poutine et la soupe au pâté chinois. Miam.

Mamelle sucrée

Pour célébrer le mois de l’amour, la chocolatière Nancy Samson propose une création toute particulière: un sein en chocolat. Il n’est pas question de provocation ou d’érotisme douteux, mais bien d’une façon de collecter des fonds pour la recherche sur le cancer du sein. Ainsi, chaque sein chocolaté vendu permettra de remettre à la Société canadienne du cancer une somme de 2$. Disponible à la chocolaterie Samson située au 1066 rue Champflour.

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