Le monde en questions: Qu’y a-t-il après la mort?

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En février dernier, l’UQTR soulignait le premier anniversaire du triple meurtre qui a enlevé la vie à Roxanne Boisvert, étudiante en ergothérapie. Le lendemain, les médias nous apprenaient le décès d’un autre étudiant, Olivier Chevrette, retrouvé sans vie devant son installation artistique.

C’est dur. Ça fait mal. Et quand ce genre de choses arrive, on peut difficilement s’empêcher de se poser des questions, sur la vie comme sur la mort. En fait, ces évènements nous rappellent que la mort n’est pas qu’une possibilité statistique; c’est une certitude mathématique, et chacun tente à sa manière de composer avec cette réalité.

Un physicien à mes funérailles

Si l’on en croit la position athée, la réponse à la question «qu’y a-t-il après la mort?» est, somme toute, assez simple: il n’y a rien. Pour l’humain, la mort est la fin; au niveau biologique, il s’agit d’une simple réorganisation de la matière.

Le journal britannique The Gardian avait publié en 2013 une série d’articles et de témoignages portant sur le deuil vécu par des athées et leur façon d’offrir leurs condoléances (Grieving as an atheist). En résumé, à défaut de pouvoir offrir des paroles de réconfort, les athées interviewés tentaient d’offrir un soutien par leur présence et leur écoute. Ces gens ne se sentaient pas à l’aise d’offrir (ou de recevoir) des consolations du genre «je pense qu’il est mieux où il est!».

Mais, j’ai l’impression que cette approche ignore une partie de la réalité. Si l’on réduit la valeur d’un être cher à un nombre de molécules d’eau, de carbone et de minéraux, c’est donc dire que la valeur de cette «personne» n’est pas réelle et objective en elle-même.

Aaron Freedman, un commentateur de NPR (National Public Radio aux É.-U.) semble avoir bien résumé une position assez fréquemment rencontrée, et son illustration a été reprise par d’autres chroniqueurs athées. Il explique pourquoi l’on devrait inviter un physicien pour prononcer un éloge funèbre à nos obsèques. Je cite: «Tu veux qu’un physicien parle à ta famille en deuil au sujet de la conservation de l’énergie, pour qu’ils comprennent que ton énergie n’est pas morte. Tu veux que le physicien rappelle le premier principe de la thermodynamique à ta mère en larmes: qu’aucune énergie ne se crée dans l’univers et qu’aucune ne se perd. Tu veux que ta mère sache que toute ton énergie, toutes tes vibrations, tous tes BTUs de chaleur, toute onde de chaque particule qui constituait son enfant bien-aimé est encore avec elle dans ce monde…» Et il termine son sermon en concluant que «selon le principe de conservation de l’énergie, pas la moindre parcelle de toi n’est partie, tu es simplement moins organisé. Amen.» (émission diffusée le 1er juin 2005).

Source de réconfort ou de désespoir?

La position athée se veut lucide, courageuse et strictement scientifique. Mais, j’ai l’impression que cette approche ignore une partie de la réalité. Si l’on réduit la valeur d’un être cher à un nombre de molécules d’eau, de carbone et de minéraux, c’est donc dire que la valeur de cette «personne» n’est pas réelle et objective en elle-même. Cette valeur est imaginaire: c’est une chimère inventée par notre cerveau évolutif pour contribuer à la survie de nos gènes. Mais alors, pourquoi condamner le meurtre? Pourquoi s’opposer aux combattants de l’État islamique? Ils ne font aucun mal! Ils ne font que réorganiser nos atomes, mais ils ne déprécient pas notre valeur biochimique.

Je trouve personnellement que ce sont des paroles vides de réconfort. Si on les prononçait aux obsèques d’un être qui m’est cher, je n’en sortirais que plus désespéré. Si la mort n’a aucun sens, la vie n’a pas de sens non plus, si ce n’est qu’un sens imaginaire que l’on s’est inventé pour parvenir à vivre dans le déni du nihilisme auquel notre réflexion nous pousse. On se ment pour pouvoir jouir de quelques moments d’un bonheur illusoire.

Et s’il y avait quelque chose après la mort?

Blaise Pascal avait formulé un pari pour tenter de motiver les libertins de son époque à considérer l’enjeu de l’existence de Dieu et d’une vie après la mort. En essence, il arguait que si Dieu n’existe pas, le croyant et le non-croyant ne perdent rien. Mais, si Dieu existe et que l’on doit lui rendre compte, le croyant gagne tout, c’est-à-dire le paradis, et le non-croyant perd tout. Il est donc certainement avantageux de considérer l’existence de Dieu sérieusement, d’autant plus que la vie sur terre du croyant comporte une espérance qui est étrangère à l’athée.

Je crois que le croyant gagne aussi en cohérence lorsqu’il tente de s’expliquer la complexité de la vie. Il m’apparait plus plausible de croire que les humains, ces êtres conscients, complexes et relationnels, soient l’œuvre d’un Être personnel, conscient, intelligent et relationnel plutôt que le fruit d’un univers impersonnel, inconscient, aveugle et hostile à la vie.

Certains disent que «personne n’est revenu de l’autre côté pour nous dire ce qu’il y avait après la mort». Mais si on en croit beaucoup de témoins oculaires du temps de Jésus, ce dernier serait mort, puis serait revenu de «notre côté» (c’est d’ailleurs le sens de la fête de Pâques). Ces témoins ont tous maintenu cette version des faits, au péril de leur vie. Peut-être le saurait-il, lui, ce qu’il y a après la mort?

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