Le Québec une page à la fois: Rencontres avec des auteur.e.s au Salon du livre

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Judith Éthier. Photo: Mathieu Plante
Judith Éthier. Photo: Mathieu Plante

Ma définition d’un salon du livre? L’occasion pour les auteur.e.s de rencontrer ceux et celles pour qui ils et elles écrivent, de recevoir l’amour et l’admiration des lecteur.ice.s, pour qui certains livres ont pu être une bouée de sauvetage. C’est un endroit de partage où peuvent naître de nouvelles amitiés.  

Pour ma première expérience de salon du livre (non, mon école secondaire ne faisait pas cette sortie), j’ai eu la chance de participer à l’événement en tant que libraire sous la gouverne de l’excellente Librairie Poirier. Grâce à un contact, l’équipe m’a gentiment intégrée afin que je puisse leur donner un coup de main durant ces cinq jours intensifs (incluant la journée d’installation). Mes belles rencontres ont commencé là, parmi cette équipe chaleureuse et divertissante.  

Pour plusieurs d’entre nous, les lecteur.ice.s, le salon du livre est l’occasion rêvée de rencontrer nos auteur.e.s favori.te.s, ceux ou celles dont on a tant lu et relu les livres, parce qu’ils ou elles nous faisaient vibrer par en-dedans. Cet événement nous donne la chance d’aller leur dire pourquoi on les aime autant, et de leur demander «Mais comment vous faites pour écrire aussi bien?»

J’ai vu en lui toutes les connaissances que je voudrais avoir acquises avec mes études, mais que seule la vie pourra m’apprendre. 

Aujourd’hui, j’ai envie de vous partager mes belles rencontres, celles qui ont profondément marqué ma fin de semaine et dont je me rappellerai toute ma vie.  

Tout d’abord, l’écrivain en résidence du 30e Salon du livre de Trois-Rivières était nul autre que Biz, connu aussi pour sa participation dans le groupe Loco Locass, et dont j’ai parlé dernièrement dans une de mes chroniques à propos de son roman Naufrage. Il présentait en fin de semaine son dernier roman, La chaleur des mammifères, que je me suis évidemment procuré avec la signature de l’auteur.  

Mais ce n’est pas tout; le stand où il venait s’asseoir pour les séances de dédicaces était situé au kiosque géré par la librairie Poirier. J’ai donc eu la chance de discuter plus longuement avec lui de ses romans et de son type d’écriture. Je l’entendais parler avec ses lecteur.ice.s de ce qui l’avait poussé à l’écriture, après la naissance de son premier enfant. J’ai ainsi découvert un homme préoccupé par l’avenir du peuple québécois (préoccupations que l’on voyait déjà dans ses chansons), mais aussi un homme de lettres, passionné par les mots et par l’importance de la langue. J’ai vu en lui toutes les connaissances que je voudrais avoir acquises avec mes études, mais que seule la vie pourra m’apprendre. Je le remercie pour son écriture riche et puissante, capable de toucher, d’émouvoir et de faire réfléchir.

J’ai ainsi rencontré une femme magnifique, épanouie, pleine de vie et de simplicité, et à l’écoute de ses lecteur.ice.s. 

J’ai ensuite eu la chance de parler avec Pierre Drouin, jeune auteur qui présentait son premier roman, Déposer Carole. C’est son projet final lors de sa maîtrise en création qui l’a mené vers l’écriture de ce livre, qui s’annonce aussi divertissant que propice à la réflexion à propos de notre société toujours en changement. C’est une plume que j’ai hâte de découvrir et qui, je crois, n’a pas fini de nous parler.  

Une personne que j’avais très hâte de rencontrer, et qui avait aussi son stand de dédicace à notre kiosque, c’est Marie Laberge. Sa trilogie Gabrielle (t. 1), Adélaïde (t. 2) et Florent (t. 3) m’a tellement touchée lorsque je l’ai découverte que je l’ai lue trois fois entre mon secondaire et mon cégep. Son talent pour représenter des personnages forts, vrais et touchants m’a éblouie dès la première lecture. Elle a le don de mettre en scène le drame, l’amour, l’amitié, la vie difficile du petit peuple qui, malgré tout, arrive à être heureux grâce aux petits riens de leur vie. J’ai ainsi rencontré une femme magnifique, épanouie, pleine de vie et de simplicité, et à l’écoute de ses lecteur.ice.s. Avec de nombreux romans derrière elle, elle a de quoi impressionner.  

Une autre de mes rencontres, sans doute celle qui fut la plus significative pour moi et à laquelle je ne m’attendais pas du tout, fut celle de Louise Portal (actrice québécoise, chanteuse et romancière) et de son mari Jacques Hébert. Elle était présente au Salon du livre pour présenter son dernier ouvrage Le livre de ma vie, un livre qui se présente sous la forme de journal intime, dans lequel elle partage des extraits de son propre journal, tout en donnant des pistes d’écriture et des phrases à continuer afin de pousser les gens à écrire leur propre récit de vie.  

Il faut simplement se laisser porter par notre voix intérieure et se présenter au papier, se déposer, tout doucement, à travers les mots […] de là que vient la véritable écriture de soi. 

J’ai eu la chance d’assister à la conférence qu’elle donnait sous la forme d’un atelier d’écriture, donnant des trucs et des pistes à ceux qui étaient présents afin de les pousser à renouer avec l’écriture. Elle disait qu’il faut simplement se laisser porter par notre voix intérieure et se présenter au papier, se déposer, tout doucement, à travers les mots. Sans barrière et sans censure. C’est à partir de là que vient la véritable écriture de soi. J’ai eu envie de le faire moi aussi. Je me suis posé la question pourquoi j’avais arrêté d’écrire. Parce que je n’avais pas le temps? Parce que je trouvais que ça ne servait à rien et que, de toute façon, tout ce que j’écrivais n’était pas digne d’être écrit? Ou même lu? 

Pourtant, aucune de ces raisons n’est valable. L’écriture a toujours fait partie de moi. La preuve, je suis présentement en train de vous écrire. Pourquoi est-ce qu’on s’empêche de faire ce que l’on aime alors? La peur du ridicule sans doute. Eh bien, si la peur m’avait arrêtée, je ne serais pas allée parler avec cette femme et avec son mari qui m’ont enseigné l’art d’être simplement soi. En écriture et dans la vie.  

Voilà pourquoi j’aime autant la littérature. 

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