L’Enverdeur: Assis-toi, faut qu’on s’parle d’environnement

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Ma grande-sœur ne tolère plus que je lui parle des problématiques environnementales. Ce n’est pas par fermeture d’esprit ni par désintérêt, mais plutôt par désespoir et par crainte de l’avenir. Elle a peur de ce que sera le monde lorsque ses enfants seront grands. C’est vrai qu’il y a de quoi avoir peur. Chaque année, nous consommons plus de ressources que ce que notre Terre peut nous fournir. Nous creusons une dette envers notre planète.

Alors qu’on estime que la population mondiale dépassera les 9 milliards de tatas en 2050, on entrevoit aussi que nos océans seront vides. D’ici là, la superficie de forêt perdue annuellement se compte en centaines de milliers de kilomètres carrés (une étendue comparable à celle de la Belgique) et nous perdons encore plus de terres cultivables. Comment nous nourrirons-nous alors? Avec la hausse du niveau des mers, où habiterons-nous? Avec la dégradation de la qualité de l’air, qu’allons-nous respirer?

Dernièrement, il y avait une pub à la télévision d’une compagnie de gaz qui soulignait que nous sommes la dernière génération pouvant renverser la boucle des changements climatiques. C’est peut-être vrai. Ça signifie deux choses : d’abord qu’il faut faire quelque chose, mais surtout, il faut savoir quoi faire et comment agir.

Un vieil adage dit que nous n’héritons pas de la Terre de nos parents, nous l’empruntons plutôt à nos enfants. Il faut protéger notre environnement si nous voulons laisser une planète saine aux générations futures. Et pour préserver, il faut connaitre. Pour connaître, il faut en parler.

On ne manque pas que d’eau, on manque aussi d’air de qualité. En respirant l’air de la ville de Mexico, les habitants inhalent l’équivalent de 40 cigarettes par jour.

Un mythe à détruire est celui de l’abondance de l’eau potable. On surnomme parfois notre maison la «Planète bleue». Plus des 2/3 de sa superficie est recouverte d’eau. La quasi-totalité de l’eau est contenue dans les océans, elle est donc salée. L’eau douce est rare et répartie inégalement, pensez aux sécheresses monstres de la Californie. À l’inverse, au Québec, il y a beaucoup de cette ressource vitale. Même l’eau de nos toilettes est propre à la consommation. Oui, on chie dans de l’eau potable. Mais ce n’est pas vrai partout : la municipalité de La Martre, en Gaspésie, fait face à un avis d’ébullition… depuis août 2000. Leur eau potable est contaminée aux coliformes fécaux. Ironique, non?

On ne manque pas que d’eau, on manque aussi d’air de qualité. En respirant l’air de la ville de Mexico, les habitants inhalent l’équivalent de 40 cigarettes par jour. Les humains des grands centres urbains s’empoisonnent en respirant, au point où une compagnie chinoise, Vitality Air, vend de l’air de chez nous en bouteille. Il y a donc un marché.

À quoi peut-on associer tous ces maux? Au banc des accusés figure notamment l’homme et ses habitudes de vie. À tous les jours, le parc automobile mondial grossit. Au Canada en 2009, on comptait 420 voitures pour 1000 habitants. En 2012, 6,56 voitures sont produites et vendues chaque seconde à travers le monde, et la tendance est à la hausse. La grande majorité de celles-ci fonctionnent aux combustibles fossiles. Nous avons déjà une idée des dommages que cela engendrera. Notre soif de pétrole cause de nombreux problèmes : réchauffements climatiques, déversements pétroliers, pluies acides, smogs, etc.

Un vieil adage dit que nous n’héritons pas de la Terre de nos parents, nous l’empruntons plutôt à nos enfants.

Cette chronique se veut un message d’espoir. Nos dirigeants, et même le Pape, parlent maintenant de changements climatiques. Il s’est adopté une entente historique pour limiter le réchauffement planétaire à Paris en 2015. Le monde entier s’offusque parce qu’un braconnier abat un lion. Des compagnies comme Tesla travaillent à rendre accessibles des voitures électriques. La ville de Montréal a adopté un plan d’électrification des transports. La ville d’Oslo en Norvège sera une ville sans voiture en 2019. Le co-voiturage devient une habitude pour beaucoup de Québécois et Québécoises. Les habitudes changent, les temps changent, le vent tourne.

Il est arrivé par le passé que nous réparions quelques erreurs que nous avions faites. On peut citer le Protocole de Montréal en exemple, qui a décidé que les chlorofluorocarbures (CFC) seront remplacés par des composés équivalents. On s’en servait à plusieurs fins : réfrigérateur, mousse isolante, pulvérisateur, etc. Du jour au lendemain (ou presque), les push-push en cacanne ne relâchaient plus de CFC dans l’atmosphère. Ce sont ces composés qui étaient à l’origine de la dégradation de la couche d’ozone. Aujourd’hui, l’un des plus grands trous de cet énorme écran solaire se referme tranquillement. Notez bien qu’il n’est pas refermé, mais qu’il tend à se refermer d’ici 2050. Le travail n’est pas fini.

Après plus de 700 mots, je n’ai pas fait le tour du sujet. Je n’ai pas vraiment parlé de braconnage, d’extinction de masse, d’acidification des océans, de déversement pétrolier ni même des changements climatiques. En fait, je n’ai qu’effleuré quelques problématiques parmi tant d’autres. Il en reste encore beaucoup à dire et encore plus à faire.

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