L’Enverdeur: Si les changements climatiques ne vous font ni chaud ni froid

0
1040
 LUITR_Camp-de-recrutement.png

Lors de ma dernière chronique, j’exposais le fait que notre climat change. Rappelons-le, l’atmosphère est beaucoup plus mince qu’on pourrait le croire. L’Homme en a altéré la composition chimique, entre autres par l’émission de gaz à effet de serre comme le CO2. Ainsi, non seulement le climat change, mais il se réchauffe et cette hausse des températures a d’importantes répercussions néfastes. Si on ne diminue pas drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement atteindra 4°C d’ici la fin du siècle. La cible actuelle est de le limiter à 2°C.

Les aléas climatiques

Avec le réchauffement climatique, on devrait s’attendre à ce que les épisodes de sécheresse et d’inondation soient plus fréquents. En fait, le cycle d’évaporation et de précipitation de l’eau s’accélérera et les précipitations s’intensifieront. Les périodes d’absence de pluie seront donc plus longues et lorsqu’il pleuvra enfin, les précipitations seront si intenses qu’elles causeront inondations et déluges sans que l’eau puisse être absorbée par le sol ou la végétation.

Aussi, la distribution des précipitations sera de plus en plus hétérogène : elles s’accentueront principalement dans les hautes latitudes aux dépens des régions plus proches de l’équateur. On peut s’attendre à ce que le nombre de tempêtes et l’intensité de celles-ci augmentent. Cela risque de coûter cher, notamment aux compagnies d’assurance. En 2005, les coûts de Katrina s’élevaient à plus de 130 milliards de dollars, plusieurs compagnies d’assurance ont été poussées à la faillite. Vous pouvez vous attendre à ce que vos primes d’assurance augmentent.

La circulation atmosphérique change à cause du réchauffement climatique. Avec la hausse des températures, il devrait y avoir un plus grand nombre de canicules et de grandes vagues de chaleur. Les personnes âgées, les jeunes enfants et les femmes enceintes sont les individus les plus à risque. Étonnamment, il devrait y avoir aussi un plus grand nombre de vagues de froid. On doit bel et bien le froid sibérien de l’hiver 2015 au Québec au réchauffement climatique. C’est le réchauffement de la stratosphère au-dessus de l’Arctique qui a poussé l’air polaire chez nous.

Le dérèglement des océans

Dans un contexte où les températures augmentent, on peut s’attendre à ce que la fonte des glaciers s’accélère. L’eau sous forme solide représente plus de la moitié des réserves mondiales d’eau douce. Lorsque cette eau sous forme de glace fond, elle se rend ultimement à l’océan et fait fluctuer le niveau de l’eau. Si l’Antarctique fondait totalement, le niveau des océans augmenterait de 60 mètres! La dilatation thermique de l’eau contribue aussi à cette hausse.

Le réchauffement climatique s’accompagnera donc d’une hausse du niveau des mers et 4°C suffirait pour causer une hausse de neuf mètres! Ainsi, des grandes villes comme New York, Shanghai, Bombay ou encore Rio seraient affectées. À travers le monde, il faudrait relocaliser 280 millions d’habitants. Au Canada, des villes comme Vancouver ou Halifax s’enfonceraient tranquillement sous le niveau de la mer. Pour la ville de Québec, même du haut de ses remparts, on peut s’attendre à ce qu’une partie de Saint-Roch et de Limoilou soit inondée. Même si on limite le réchauffement à 2°C, nous devrons déplacer plus de 130 millions d’habitants.

Les espèces animales et végétales nordiques sont en périls, car leur habitat se dégrade au point de disparaitre.

À l’instar des glaciers continentaux, la fonte des banquises et des glaces de mer n’entraîne pas une montée des eaux. Leur fonte change plutôt la concentration en sel des océans en constituant un apport important d’eau douce. La salinité des océans est très importante, notamment pour la circulation des grands courants marins qui régulent les températures mondiales en assurant la redistribution des eaux chaudes et des eaux plus froides.

On doit le Gulf Stream, le courant marin qui est à l’origine du climat tempéré de l’Europe occidentale, au gradient de salinité de l’eau. Si le Groenland fondait, bien qu’il soit un glacier continental, ce courant marin disparaitrait et cela affecterait grandement le climat mondial. Les courants marins sont aussi à l’origine d’importants apports en nutriments pour les organismes marins. Autant les gros poissons comme le thon rouge que les petites crevettes en dépendent. On peut s’attendre à ce que le réchauffement climatique, en modifiant la salinité des océans, a aussi de grandes répercussions sur l’industrie de la pêche.

La 6e extinction

De graves extinctions s’entament déjà. Les espèces animales et végétales nordiques sont en péril, car leur habitat se dégrade au point de disparaitre. On peut penser à l’exemple malheureusement célèbre de l’ours polaire qui a besoin de banquise pour se nourrir. Il est au bord de l’extinction, ce qui profite au phoque qui se retrouve sans prédateur. En conséquence, la population de phoques ne cesse de croître, mais ceux-ci épuisent tout bonnement les réserves de morue. On s’attend aussi à ce que de nombreuses espèces migrent vers le Nord, accentuant la pression sur celles qui y sont déjà. Le renard roux compétitionne maintenant le renard de l’arctique, ce dernier risquant donc de disparaitre. Pour l’Homme, ça veut aussi dire que les maladies infectieuses transportées par les moustiques, comme la malaria, vont monter en latitude.

Sur les continents, les aléas du climat et l’intensification du cycle de l’eau provoqueront des sécheresses, la désertification et des feux de forêt. On peut s’attendre à perdre d’importantes surfaces cultivables au profit de terres arides. Afin de nourrir la population mondiale, nous allons épuiser nos nappes phréatiques pour l’irrigation, seule façon de faire de l’agriculture dans le désert. L’eau finira par manquer à l’humanité. Dans un climat chaud et sec, les feux de forêt deviendront chose courante. Ceux-ci sont une source importante de CO2, ce même gaz à effet de serre qui accélère le réchauffement climatique.

Enfin, nous devons aussi nous attendre à de nombreux conflits sociaux et politiques. Des migrations de masse sont à prévoir puisque les zones habitées disparaissent au profit des océans et des déserts. Les variations climatiques forceront des populations à se déplacer là où les conditions de vie sont plus clémentes et où l’eau est disponible. Ainsi, les humains convergeront vers les mêmes habitats et lutteront pour les mêmes ressources désormais manquantes. Tous les spécialistes, lorsqu’ils formulent des prédictions du genre, espèrent profondément se tromper. Changeons nos habitudes et nous les ferons mentir.

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here