Les mains sales: Biden, pour la suite du monde

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Mains sales
Crédit: Sarah Gardner

Par une arrachée spectaculaire, on a réussi à échapper aux dommages d’un Four more years. Plusieurs ont perdu des cheveux à regarder la remontée (frauduleuse?) du Parti démocrate dans certains États clés américains, comme la Pennsylvanie. Finalement, pour l’instant, Joe Biden et la Vice-présidente Kamala Harris rentrent à la Maison blanche. Renouveau ou simplement une version édulcorée du même genre de politique?

Des milliers de partisanEs crient à la fraude électorale. C’est compréhensif, considérant le nombre assez mince de voix qui séparent les deux candidats. Le plus drôle consiste à voir la guerre entre les différents pans de la droite néolibérale sur les différents dépotoirs du Web. Les tiers partis existent aux États-Unis, cependant ils n’ont statistiquement aucune chance de gagner. Cependant dans certains États, on a vu une augmentation de la popularité de la Libertarienne Jo Jorgensen.

Jorgensen ou l’élection dérobée

La charismatique femme se positionne de façon progressive sur certaines instances (pro-choix, pour le mariage homosexuel, etc.), mais elle est cependant pour une dérégulation totale des marchés. Plus de facilité à obtenir des armes, peu de lois empêchant les employeurs de faire ce qu’ils veulent, peu d’intervention du gouvernement dans l’économie.

Dans une perspective libertarienne, la liberté est infinie, même si elle empiète sur celle des autres. Un commerçant peut donc refuser de servir un couple homosexuel, même s’il est parfaitement légal que ce dernier soit marié.  Il va sans dire que l’Amérique de Jorgensen ne profite pas aux classes ouvrières et qu’elle représenterait au long terme la paupérisation des classes et des groupes marginalisés.

Beaucoup de RépublicainEs accusent les LibertarienNEs d’avoir volé les votes dans certains états. C’est surement vrai, puisque le nombre de votes de Jorgensen équivaut dans certains États à l’écart entre Trump et Biden. Pour une fois que c’est la droite qui est divisée, et pas la gauche!

Pour une fois que c’est la droite qui est divisée, et pas la gauche!

Un changement plus ou moins significatif?

Cependant, l’arrivée de Biden au pouvoir ne signifie peut-être pas un changement drastique des choses. Le changement s’opèrera seulement après toutes les procédures de recomptage et les décisions de la Cour suprême. Beaucoup sont cyniques par rapport à ce changement de gouvernement, considérant qu’on ne fait que perpétuer les mêmes structures d’oppression. Des groupes anarchistes le prennent à la blague, avec des phrases du genre : «Votez pour le gouvernement le plus facile à renverser» Il faut faire avec ce qu’on a, comme on dit.

À quoi ça sert quand tout le monde peut voter, mais qu’on a pas tous les moyens de le faire?

Démocratie boiteuse

Il est difficile de croire en la démocratie en général, mais il est encore plus difficile d’y croire aux États-Unis quand on voit s’implanter un nombre grandissant de politiques visant à empêcher les gens de voter. À quoi ça sert quand tout le monde peut voter, mais qu’on ne met pas en place de mesures facilitatrices? 

On a vu le même genre de choses ici au Canada, dans le domaine de l’accès à l’avortement. Sur l’île du Prince-Édouard, l’avortement est légal, comme partout au Canada. Cependant, la province avait fait scandale, puisqu’il n’y avait aucune clinique sur l’île. Les femmes insulaires devaient se rendre au Nouveau-Brunswick ou en Nouvelle-Écosse. Rendre un service inaccessible est presque que la même chose que l’interdire.

Le vote est inaccessible pour bien des gens. Notamment dans certains États, comme la Georgie, où les files d’attente peuvent durer plusieurs heures. Aucune loi n’oblige les entreprises à payer un solde à ses travailleurs et travailleuses durant ce temps. Ce qui décourage souvent les plus pauvres de voter. Dans les États les plus ruraux, il a été souligné que la distance géographique entre certaines communautés et les bureaux de vote est assez significative, empêchant, dans des États comme l’Arizona, les communautés autochtones de se rendre aux bureaux. Le taux de participation n’étant pas connu à l’instant, il n’a pas dépassé 60% depuis 1968.

Kamala Harris est aussi tristement célèbre pour avoir enfermé des femmes transgenres dans des prisons pour hommes.

L’envers d’une médaille

Alors que plusieurs crient à l’implantation d’une dictature communiste aux États-Unis (alors que les communistes n’ont aucun pouvoir dans ce pays, ne représentant qu’une minorité de groupuscules), la tendance se penche sur les politiques de répression de Joe Biden et Kamala Harris. Au cours de leur carrière, les deux acteurs se sont révéléEs frileux et frileuse sur certaines politiques. Joe Biden a notamment déclaré «Les enfants pauvres sont autant intelligents que les enfants blancs»… On a du chemin à faire.

Bien que plusieurs se réjouissent de l’élection de la première femme noire au poste de vice-présidente des États-Unis, il ne faut pas oublier que cela ne l’empêche pas d’être une ancienne policière et d’avoir contribué à l’emprisonnement de beaucoup de gens issus des communautés marginalisées. Elle est aussi tristement célèbre pour avoir enfermé des femmes transgenres dans des prisons pour hommes.

Comme on dit, il faut laisser la chance aux coureurs, mais il faut rester vigilantEs, pour ne pas reproduire le même gouvernement sous Trump, simplement dans une version plus lichée et polie, mais tout aussi oppressive.

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