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L’Existence en question : L’origine de la vie ou le postulat de l’abiogenèse

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L’Existence en question : L’origine de la vie ou le postulat de l’abiogenèse
L'existence en question. Crédit : Sarah Gardner.

Cette chronique se veut une suite au sujet des évidences pour l’existence de Dieu. Ici, nous allons confronter la conception naturaliste de l’origine de la vie à partir de la non-vie (l’abiogenèse).

les remarques d’Anthony Flew

Sans aborder les détails techniques des arguments téléologiques de la théologie naturelle, j’aimerais me limiter à reprendre un des arguments sur l’abiogenèse présentée par Anthony Flew qui avait été un athée militant pendant plus d’un demi-siècle. Flew remet en question la possibilité qu’un tel développement soit survenu de manière naturelle. L’abiogenèse implique que la première forme de vie avait nécessairement la capacité et l’intention de se reproduire (ADN) et de stocker de l’énergie (ATP). 1

Si l’on met de côté l’observation empirique que tout langage (tel que le code génétique) soit universellement le produit d’une forme d’intelligence et le fait que la capacité de simplement répliquer un code génétique nécessite un outillage spécialisé, ce qui semble le plus improbable est l’idée que la matière inanimée ait poursuivi une fin quelconque.

Flew observe « qu’il n’y a pas de loi de la nature qui instruise la matière à produire des entités qui se reproduisent et qui soient orientées vers une fin. » La non-vie ne peut vouloir vivre, se reproduire ou survivre… et si même elle le pouvait, pourquoi désirerait-elle une organisation téléologique ? Tout comme une personne en arrêt cardiaque a besoin de réanimation même si toute sa structure biologique est encore fonctionnelle, de même, la matière inerte n’a pas la pulsion ou l’intention de vivre, même si elle parvenait par hasard à se combiner chimiquement de manière à permettre la vie.

De plus, les théories matérialistes de l’abiogenèse ne reposent pas entièrement sur les maximes de la méthode scientifique. En effet, la méthode scientifique repose sur des évidences empiriques qui sont observables et qui sont répétables par le biais de l’expérimentation. Cependant, il n’a jamais été observé une source de non-vie évoluant jusqu’à devenir vivante.

L’expérience de Muller-Urey, la synthèse de relais

Pour ce qui est de l’expérimentation, on connait aujourd’hui l’expérience de Muller-Urey. Cette expérience avait pour objectif de recréer les conditions anciennes de l’océan primitif. Il était question de mélanger l’eau chaude avec quatre gaz étant ; vapeur d’eau, méthane, l’ammoniaque, gaz d’hydrogène moléculaire. Ensuite, il fallait booster le système par des décharges électriques. Après une semaine, on pouvait observer de simples molécules organiques avec quelques acides aminés qui sont des composantes pour former les chaines de protéines.2

Néanmoins, pour qu’il y ait la vie, il faut de l’information qui instruise la direction d’une cellule vivante. Cette information connue sous le nom de code génétique est stockée dans l’ADN.  Les protéines (bloc de polymères d’acides aminés), ne peuvent évoluer sans information génétique au préalable, et l’ADN ne peut se former sans protéine.  Ici, ce qui est démontré, est une problématique du type de l’œuf et de la poule : lequel est arrivé en premier ? 3

Encore les lois de la physique

De plus, la loi de l’entropie implique que l’ordre ne peut exister indéfiniment. Ainsi, les simples acides aminés n’auraient pu s’organiser ou se complexifier pour former une cellule vivante.

L’entropie, est la mesure du désordre dans un système et c’est ce qui permet aussi les changements d’états dans la matière. Aussi, plus l’entropie est faible, plus l’ordre est maintenu. Par exemple, l’eau en hiver relâche son énergie interne dans la nature afin d’atteindre un état de faible entropie et devient de la glace.

On constate ici que, pour qu’un système soit dans l’ordre, il lui faut avoir une faible entropie, et une faible quantité d’énergie. Toutefois, dans une cellule vivante, on y retrouve un niveau élevé d’ordre et beaucoup d’énergie. Cela présuppose que selon le postulat de l’abiogenèse, des molécules chimiques non vivantes auraient atteint un état de très faible entropie tout en acceptant de l’énergie dans l’environnement au lieu d’en relâcher. Cette présupposition que la vie complexe s’organise naturellement est donc questionnable, car elle ne s’arrime pas aux lois fondamentales de la physique que l’on peut observer dans la nature.

Alors, qu’est-ce qui serait à l’origine de la vie que l’on peut observer chaque jour ?

Dieu n’intervient pas ici pour simplement combler une lacune d’information ou être le « God of the Gaps » selon l’expression anglophone.  Il semble raisonnable de concevoir l’existence de Dieu parce qu’il est logique de reconnaitre son existence et ses instructions parfaitement encodées dans un code génétique pour une vie physique.

L’existence de Dieu ne limiterait notre liberté à vivre ou à faire des découvertes scientifiques comme si nous étions dans la caverne de Platon5. Au contraire, il est, selon la foi chrétienne, un Dieu relationnel avec lequel on peut échanger, chercher et trouver la lumière.

 

Références

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