Sublime noirceur de Marc Séguin: hommage à la beauté de l’ombre

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Marc Séguin
L’exposition Sublime noirceur est ouverte au public du 27 novembre 2021 au 16 janvier 2022. Crédit: Culture Trois-Rivières

Présentée du 27 novembre 2021 au 16 janvier 2022 en collaboration avec la Galerie Simon Blais, l’exposition Sublime noirceur met de l’avant 36 œuvres de l’artiste multidisciplinaire Marc Séguin. Se déroulant au Centre d’exposition Raymond-Lasnier, l’exposition est ouverte à tous et à toutes, et ce, gratuitement.

Anne-Catherine Léonard, commissaire de l’exposition, a choisi les œuvres de façon intuitive: divisée en deux catégories, soit la figure humaine et les paysages, Sublime noirceur juxtapose différentes séries d’œuvres qui illustrent bien le parcours artistiques de Séguin ainsi que des œuvres que la commissaire apprécie particulièrement.

cette sublime noirceur n’est pas étouffante; elle reflète plutôt certains aspects de l’existence avec lesquels l’être humain est en constante interaction.

Marc Séguin, étant l’un des artistes québécois qui connaît un grand succès à l’international, se distingue de plusieurs de ses contemporainEs en raison de la grande diversité de sa production artistique. À la fois artiste peintre, cinéaste, romancier, poète et fermier, Séguin est notamment apprécié pour la grande accessibilité de ses créations. Sublime noirceur s’inspire d’événements de l’actualité afin de confronter le spectateur ou la spectatrice à leur réalité. En effet, chez Séguin, la réalité est sinistre, souvent violente, et crue.

La figure humaine chez Séguin

Marc SéguinLa première moitié de l’exposition, axée sur la figure humaine, présente deux œuvres de l’artiste qui n’ont jamais été exposées auparavant. Intitulées Ange no.1 et Ange no.2, ces deux toiles réalisées en 2021 dévoilent sans surprise des figures angéliques qui inspirent la déchéance et le désespoir.

Ensuite, une série de toiles, ornementées de coyotes miraculeusement préservées, prend par surprise le spectateur ou la spectatrice qui ne s’attendait pas à être confrontéE à la mort de si près. Pourtant, cette sublime noirceur n’est pas étouffante; elle reflète plutôt certains aspects de l’existence avec lesquels l’être humain est en constante interaction.

Un peu plus loin, des petits tableaux, noirs avec des touches de couleur, viennent rappeler l’expérience casanière, la solitude ainsi que la relation entre l’humain et ce qui l’entoure.

Les paysages, traces d’un passé évaporé

La deuxième partie de l’exposition, celle consacrée aux paysages, met en lumière des lieux trop souvent oubliés ou auxquels on ne s’attarde que trop peu. Jetant un regard cette fois-ci sur l’environnement dans lequel évolue l’être humain, Séguin montre sans artifices la noirceur du monde.

Ruines et paysages mal-aimés se volent la vedette pour permettre aux visiteurs et aux visitrices de réfléchir à la place qu’ils et elles occupent dans ce monde.

La mort n’étant pas très loin, certaines toiles de cette section ont été réalisées à l’aide de cendres humaines. À ce sujet, l’artiste a révélé, dans une entrevue avec La Presse, que « J’ai réfléchi à ce que je pouvais peindre avec ce matériau et pour en préserver le caractère sacré, j’ai opté pour des ruines d’églises. Quand je peins avec des cendres humaines, je le fais avec respect et révérence. C’est chargé de sens. C’est la vie et la mort. On ne joue pas avec ça. »

Ruines et paysages mal-aimés se volent la vedette pour permettre aux visiteurs et aux visitrices de réfléchir à la place qu’ils et elles occupent dans ce monde. Sans jamais dicter la façon dont il faudrait se positionner par rapport à ces lieux, les œuvres de Séguin sont une invitation à s’intéresser au visible autant qu’à l’invisible, à la noirceur autant qu’à la lumière.

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