Panier bleu: acheter québécois, un choix politique?

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panier bleu pierre fitzgibbon
Crédit photo: Gouvernement du Québec

C’est en plein point de presse quotidien du COVID-19, tout de bleu et de blanc vêtu que M. Fitzgibbon nous présente son nouveau porte-étendard. Il nous présente Le panier bleu, une plateforme-répertoire des entreprises québécoises afin de promouvoir l’achat local.

Ma première pensée: Retour vers le futur!

– David Crête,
Professeur en marketing numérique

Un peu comme la célèbre campagne Aliment du Québec, le panier bleu se veut une référence en la matière d’achat local, permettant de trouver des produits d’ici lors de nos achat. Depuis son lancement, plusieurs critiques ont été adressées, on a donc fait appel à M. David Crête, Professeur et Directeur au programme de Marketing numérique de l’UQTR pour en avoir le cœur net. Titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat en la matière, M. Crête se spécialise notamment en marketing numérique du tourisme et de l’art.

Le professeur David Crête. Crédit : UQTR.

Une initiative très années 90

D’entrée de jeu, l’initiative peut sembler très années 90, comme le concède M. Crête. Toutefois, il est important de souligner qu’une telle mesure saura donner une importante visibilité aux PME, notamment aux entreprises ultra-locales ; pensons à notre entreprise de quartier, par exemple.

Le professeur avoue qu’il surveille de près l’évolution de la plateforme, espérant que ce n’est pas simplement une mesure de réponse, mais bien un élément structurant qui est là pour rester. Il souligne d’ailleurs que la présence web est plus importante que jamais et que la crise actuelle devrait être une occasion de remise en question des pratiques d’affaires en lien avec le numérique.

Toutes les entreprises ne sont pas prêtes au transactionnel. Ce type d’opération nécessite des ressources et une forte préparation au niveau marketing.

Panier bleu, un Amazon Québec?

Question très présente quant à la plateforme: pourquoi un site non-transactionnel? Alors qu’au premier coup d’œil cela peut sembler intéressant, M. Crête semble plus réservé sur cette idée. En effet, il faut remettre en contexte: Amazon n’a pas produit de profits importants pendant près de 20 ans, sacrifiant sa rentabilité pour effectuer de la recherche et développement, croître à l’international et bénéficier d’économies d’échelles. Or, la recherche et développement ne prend pas de raccourci et le Québec constitue un petit marché lorsqu’on le met en perspective avec le monde.

Acheter local, ce n’est pas bouder les grandes chaines!

De plus, toutes les entreprises ne sont pas prêtes au transactionnel. Ce type d’opération nécessite des ressources et une forte préparation au niveau marketing, notamment une gestion des commandes, de la livraison et un service après-vente de qualité. Cependant, M. David Crête voit tout une cohérence entre la mesure du ministre du travail Jean Boulet et celle du Panier Bleu. Avec cette annonce de 100 M$ en formation en entreprises, celles qui n’ont pas encore de familiarité avec le numérique pourront profiter de cette occasion pour s’y familiariser, tandis que celles souhaitant débuter le transactionnel pourront s’y intéresser.

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Acheter local, ça veut dire quoi au juste?

Attention! Acheter local, ce n’est pas bouder les grandes chaines! C’est choisir ses achats, peu importe l’endroit où on achète! C’est avec étonnement que j’écoutais M. Crête m’expliquer que beaucoup de grandes chaines s’approvisionnent auprès de petits fournisseurs québécois. Ainsi, même les grandes chaines sont en quelque sorte des Paniers Bleus à leur manière, mais il faut rester critique quant aux achats faits. D’un autre côté, les consommateurs sont encore très sensibles aux prix, il faut donc conscientiser les québécois à la valeur de l’achat local. C’est d’ailleurs un des points angulaires du Panier Bleu. Ainsi, comme le dit M. Crête, acheter québécois, c’est un choix politique!

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