Plein potentiel: Gestion des émotions et performance sportive

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Crédit photo : F. Lapointe

Dans le sport, les émotions sont importantes au point où elles peuvent parfois faire pencher la balance entre une victoire ou une défaite. Il arrive probablement plus souvent qu’un.e athlète subisse une contre-performance en raison d’aspects émotionnels et mentaux plutôt qu’en raison d’aspects techniques ou physiques. C’est pourquoi le travail mental et émotionnel est d’une importance capitale dans l’amélioration de vos performances. Dans cette chronique, je vous présente les différentes options qui s’offrent à vous lorsque vous ressentez une émotion nuisible en compétition.

Afin de bien illustrer l’importance des émotions, voici quelques exemples de situations où elles peuvent nuire à la performance en contexte sportif : 

  • Lorsque vous ressentez un complexe d’infériorité ou une faible confiance en vos moyens lorsque vous affrontez une certaine équipe ou un.e adversaire en particulier.
  • Lorsqu’un adversaire vous insulte et que vous vous laissez emporter par la colère et que vous recevez une punition.
  • Ces athlètes qui se mettent à trop réfléchir et s’écroulent sous la pression, lorsque l’enjeu est trop important.

Les émotions peuvent avoir une grande influence sur vos performances, que vous le vouliez ou non. Elles peuvent être des alliées ou des ennemies et cela dépendra de ce que vous en faites. Quelques options s’offrent à vous lorsque vous vivez une émotion non souhaitée.

Option 1 : ne rien faire

C’est certain que cette option ne demande pas un grand effort, mais elle n’aura pas un grand effet non plus. Imaginons le langage intérieur d’un.e athlète dans un sport individuel qui ressent une bouffée d’anxiété « Et si je perds le match ? Tout le monde s’attend à ce que je gagne, quelle honte ce serait. Je commence à trop réfléchir et ça va nuire à ma performance. Ah non, je viens de perdre deux points de suite. Il ne faut pas que mon adversaire fasse une remontée. Mes parents et mon coach vont tellement me trouver mauvais.e si je ne gagne pas. »

Il arrive probablement plus souvent qu’un.e athlète subisse une contre-performance en raison d’aspects émotionnels et mentaux plutôt qu’en raison d’aspects techniques ou physiques

Ce discours interne ne sera pas nécessairement néfaste si l’athlète en prend conscience et qui’il.elle se reconcentre sur ce qu’il.elle doit faire dans le moment présent pour gagner. Par contre, s’il.elle laisse ce discours interne aller sans intervention, ce sera difficile d’offrir une bonne performance. Il est même possible que ce discours se produise sans que l’athlète le réalise! Ça ne veut pas dire que cela n’aura pas d’impact, puisque son esprit et son corps en subiront les effets, mais de façon inconsciente. Cela vous est peut-être déjà arrivé en pratiquant une activité physique ou même du jogging. Vous vous rendez compte, après quelques minutes, que vous étiez complètement perdu dans vos pensées et que votre rythme ou votre intensité ont diminué sans que vous en ayez conscience. La bonne nouvelle est que plus vous serez attentif à vos émotions, moins cela risque de vous arriver. Autrement dit, il faut pratiquer, pratiquer et encore pratiquer. En résumé, ne rien faire lorsqu’on ressent une émotion nuisible représente rarement la meilleure option.

Apprenez à vous connaitre et essayez plusieurs méthodes.

Option 2 : exprimer l’émotion

Si nous prenons l’exemple de l’athlète en colère qui a obtenu une pénalité parce qu’il.elle n’a pas su gérer son émotion. L’action d’exprimer sa colère n’était clairement pas la meilleure option, puisqu’il.elle s’est fait punir pour son geste. Dans d’autres cas, cela pourrait être une bonne idée. On voit souvent des joueurs.ses de tennis exprimer leur mécontentement en lançant leur raquette. Ce n’est pas nécessairement nuisible d’exprimer cette émotion. L’important, après l’avoir exprimée, est de se reconcentrer sur le prochain point et de repartir sur de bonnes bases. Cela dépend vraiment de chaque personne. Apprenez à vous connaitre et essayez plusieurs méthodes. Garder votre colère à l’intérieur de vous peut être positif dans votre cas si vous la gérez bien et que vous la canalisez d’une bonne manière, mais pour d’autres il est peut-être nécessaire de l’exprimer pour qu’elle ne nuise pas durant le reste de la partie. Il est important de savoir qu’une émotion non exprimée peut avoir un impact sur le physique, par exemple, en augmentant la tension dans les muscles ou en donnant des maux de tête. 

Option 3 : réguler l’émotion

La régulation des émotions implique d’influencer ces dernières qui sont vécues ainsi que le moment et la façon de les vivre et de les exprimer. Il existe énormément de façons de réguler les émotions. Une de celles-ci est de modifier notre perception de la situation. Cela peut être une bonne idée, par exemple, si vous êtes découragé après vous être fait dominer une partie du match. Vous pourriez vous dire ceci  « Je ne peux que m’améliorer à partir de maintenant. Le match n’est pas fini, il reste beaucoup de temps ». En changeant votre perception, vos émotions changeront assurément.

Une autre technique de régulation émotionnelle est la suppression expressive. Il s’agit d’éviter de démontrer l’expression d’une émotion. C’est une méthode qui peut être utile dans le sport, car si vos adversaires détectent que vous vivez une émotion nuisible (comme une perte de confiance en soi ou du découragement), ils peuvent l’utiliser à leur avantage. Prenons le cas de deux boxeurs.ses qui s’affrontent. Si vous démontrez un manque de confiance en vos moyens (soit par votre posture ou simplement votre expression faciale), cela peut motiver encore plus votre adversaire et augmenter son niveau de confiance.

En changeant votre perception, vos émotions changeront assurément.

En terminant, il ne faut pas oublier qu’apprendre à réguler ses émotions est un processus qui se travaille et se développe généralement à long terme. Il ne faut pas s’attendre à ce que ça fonctionne immédiatement lorsqu’on essaie une nouvelle technique. Il ne faut pas oublier aussi que chaque personne est différente et que ce qui fonctionne bien pour un athlète ne sera pas aussi efficace pour un autre. Il existe une multitude d’autres techniques qui n’ont pas été détaillées dans cette chronique, mais qui peuvent aussi vous aider à  gérer vos émotions : utiliser une distraction (la musique, par exemple), avoir un discours interne positif, visualiser les émotions souhaitées et leurs intensités, utiliser des techniques de relaxation et beaucoup d’autres. Profitez des entraînements pour essayer certaines de celles-ci et soyez patient.e !

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