Qu’est-ce que l’être humain?: Homo religiosus ⎯ un faux moi?

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Avertissement: je pense qu’il y a toujours eu et qu’il y aura toujours «des trippeux de Dieu». Que faire avec ces gens? Rien. Il ne sert à rien d’essayer de raisonner avec un croyant: plus vous discutez, plus il s’obstine. Que les gens croient ce qu’ils veulent: ils en ont le droit. Si ça peut les aider, tant mieux! Peut-être évolueront-ils d’enfants de Dieu à adultes solitaires et solidaires? Ou pas. C’est leur responsabilité. Le seul conseil que je peux leur donner, pour conserver un semblant de sérénité, c’est de changer de chronique… tout de suite.

Identité fictive?

L’identité est-elle reliée à la foi? Oui: pour bien des gens, la religion est ce qui leur fournit un semblant d’identité. Même si la majorité des gens, aujourd’hui, ne pratique aucune religion et ne s’intéresse aucunement au christianisme, il reste, qu’en particulier au Québec, la plupart des gens sont nés de parents catholiques: ils ont été baptisés et ont digéré les idées et la morale chrétienne.

Généralement, ils acceptent cela comme quelqu’un accepte la couleur de la peau. Ils ont appris la religion lorsqu’ils étaient jeunes et sont confortables avec ces idées. Ce serait trop angoissant de les remettre en question. Reconnaissons-le: même si nous sommes sortis des églises, nous mettons en pratique, au quotidien, plusieurs valeurs chrétiennes. Exemples?

N’adoptons-nous pas, ne serait-ce que par défaut, la réponse de l’Église aux trois grandes questions? N’essayons-nous pas de mettre en pratique la morale d’amour? N’est-ce pas le christianisme qui a placé un tabou sur la sexualité (il est interdit de parler de la masturbation, du plaisir, de l’homosexualité, etc.)? N’est-ce pas l’Église qui défend le principe de la supériorité masculine… et donc de l’infériorité féminine? Avec ces valeurs chrétiennes, n’avons-nous pas développé un faux moi? Ne sommes-nous pas étrangers à nous-mêmes?

Croyances et identité

Le sujet me parait tellement crucial et tellement peu abordé, qu’il me parait important d’insister: y a-t-il un lien entre croyances et identité? Définitivement. Habituellement, une personne se définit par un certain nombre de croyances (si elle a une approche religieuse), ou d’idées (si elle a une approche philosophique) qui lui paraissent vraies. Est-ce tout? Non: les croyances influencent largement nos comportements.

En d’autres mots, nos croyances, ce sont les certitudes que nous avons sur le monde, l’être humain, la vie, le sexe, etc. Ce sont ces croyances qui forment notre identité; elles font de nous ce que nous sommes. Quoi que nous vivions, ce sont nos croyances (ou nos idées) qui nous dicteront nos manières d’agir… ou de réagir.

But de la religion? expliquer le réel

Pourquoi la religion tient-elle une place si importante dans la vie de tant de gens? C’est qu’elle est considérée comme un principe d’explication de l’univers… et comme tel, un indispensable outil de survie. Dit autrement, aucun système de pensée n’a connu autant d’influence et de longévité dans l’histoire que les religions. Pourquoi?

C’est que le cerveau humain a besoin d’explication. Il ne supporte pas de rester dans l’ignorance. Au pire, n’importe quelle croyance fait l’affaire. Notre cerveau veut mettre de l’ordre dans le chaos qui nous entoure. Pour expliquer la nature, les humains auront recours à des mythes. Ainsi, le monde, dans son ensemble (création), comme dans chacun de ses éléments (montagne, rivière, fleuve, etc.) auront leur légende où interviennent des dieux ou des anges. Tout est expliqué. La vie des humains a un sens et ils se sentent pleinement rassurés.

Pourquoi critiquer la religion?

D’un côté, cette croyance en un gouvernement du monde par des dieux est une représentation erronée et elle condamne les humains à l’angoisse. Si des dieux gouvernent le monde, comment expliquer les tremblements de terre, éruptions volcaniques, tornades, et autres catastrophes naturelles? C’est ainsi que ces phénomènes naturels sont apparus, dans l’histoire, comme des châtiments pour punir les êtres humains.

D’un autre côté, la critique de la religion est une condition sine qua non de bonne santé mentale (contact avec la réalité… plutôt qu’avec des êtres imaginaires). Les idées religieuses sont puissantes… mais sournoises: elles exercent leur influence de manière invisible. Dans quels domaines la religion a-t-elle influencé notre façon de penser à une profondeur insoupçonnée? L’Église étant une institution totalitaire, c’est toute la vie des croyants qu’elle contrôle: vie intellectuelle, politique, sociale, familiale, scolaire, vie sexuelle… La religion a donc envahi tous les aspects de la vie humaine. Comprend-on mieux, maintenant, l’injonction de Marx pour qui «la critique de la religion est la condition préliminaire de toute critique»?

Évoluons

Notre cerveau est plein de bêtises… et une bonne partie de ces bêtises provient de la religion. Un moment vient où nous devons remettre notre foi en question et nous demander: comment ai-je pu croire au Père Noël quand j’étais enfant… et à Dieu, adulte?

En fait, j’y ai cru précisément parce que j’étais enfant (et le but de ces deux croyances était le même: me garder bien sage). En vieillissant, mes capacités intellectuelles ont augmenté et je ne crois plus n’importe quoi. J’ai acquis des connaissances et je peux distinguer le vrai du faux.

Prenons conscience que si la religion était laissée libre, elle ne serait qu’une étape de la maturation humaine. La foi n’est-elle pas un obstacle insurmontable à toute vraie pensée, toute vraie morale…?

Nous devons avoir assez de courage et de lucidité pour rejeter toute croyance en Dieu, l’âme, l’esprit, etc. qui ne sont qu’illusions, que fictions rassurantes. Finalement, une critique de la religion est indispensable pour quiconque veut retrouver sa véritable identité.

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