Rectorat McMahon: Un mandat qui ne fait pas l’unanimité

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M. Daniel McMahon, qui a été nominé comme recteur en 2016, s’apprête à laisser sa place à un nouveau recteur dans les prochaines semaines. Crédit: Réseau de l’Université du Québec

M. Daniel McMahon, le recteur actuel de l’UQTR, est en fin de mandat. Dans quelques semaines, un nouvel individu prendra sa place à la tête de l’administration de l’établissement post-secondaire. Ayant été nominé en 2016 à la suite de la démission de la rectrice Nadia Ghazzali, M. McMahon aurait été nommé dans l’optique de redresser l’Université afin de ramener un équilibre budgétaire. En effet, l’Université ayant été dans l’eau chaude sous le rectorat Ghazzali, M. McMahon aurait commencé son mandat de recteur dans une atmosphère tendue.

La présidence du C.A. de l’UQTR ayant refusé de commenter la question, le Zone Campus s’est entretenu avec M. Georges Abdul-Nour, vice-président aux affaires universitaires du Syndicat des professeurs et professeures de l’UQTR (SPPUQTR) et professeur au Département de génie industriel; avec M. Antoine Bélisle-Cyr, président de l’Association générale des étudiantEs de l’UQTR (AGE UQTR); et avec M. Frédérik F. Borel, conseiller à l’exécutif et responsable des relations médias de l’AGE UQTR.

Un professeur se prononce

M. Georges Abdul-Nour se souvient encore avec amertume du lock-out de mai 2018. Crédit: UQTR

M. Georges Abdul-Nour travaille à l’UQTR depuis 35 ans. Il se souvient encore qu’à son embauche, l’université lui avait été présentée comme étant un campus à échelle humaine. C’est ainsi qu’il raconte une certaine époque où il n’y avait apparemment pas de barrières entre les professeurEs et l’administration: «Tout le monde mangeait ensemble à la cafétéria. Les directeurs de programme, les vice-recteurs, l’administration. Il n’y avait pas de séparation à l’époque et on pouvait discuter avec complicité.» Selon M. Abdul-Nour, juste avant le lock-out, cette situation aurait changé; un mur se serait installé entre l’administration et le corps professoral; cette séparation, qui serait perçue à tort ou à raison comme un certain mépris de la part de l’administration McMahon, aurait grandement changé la dynamique de l’Université.

Le CCDDD (Comité de coordination des directrices et directeurs de département), une instance de consultation et d’information primordiale dans la gestion de l’université, aurait été abandonné par l’administration McMahon, ce qui ne fit que dégrader encore plus la communication avec le corps professoral. Peu après le lock-out, une révolte aurait eu lieu au sein du CCDDD afin de ramener les choses à l’ordre en intégrant un représentant des directeurs au sein de la direction du comité. Deux des professeurs qui auraient initié cette révolte se trouvent aujourd’hui sur l’exécutif syndical, Georges Abdul-Nour et Gilles Bronchti, président du syndicat. Cette reprise de communication et le retour du recteur et des vice-recteurs au CDDDD serait heureusement arrivé au bon moment pour gérer efficacement la crise de la COVID-19.

«J’ai écouté le téléjournal et ça m’a fait mal au cœur.»

-M. Georges Abdul-Nour

Les propos du recteur au Téléjournal

Vendredi le 18 septembre dernier, M. McMahon a pris la parole au Téléjournal pour revenir sur son mandat; il a mentionné que les deux objectifs qu’il s’était donnés, soit de permettre à l’université de retrouver un équilibre budgétaire et de favoriser le développement, avaient été atteints et qu’il considérait «avoir fait le ménage à l’UQTR». M. Abdul-Nour n’est pas tout à fait d’accord avec ses propos: «Quand il dit qu’il a ramené l’équilibre budgétaire, je suis d’accord avec lui. Mais quand il dit « j’ai fait le ménage », le ménage n’est pas encore fait. Je pense que c’est là où il a fait une erreur. J’ai beaucoup de respect pour M. McMahon, mais je ne peux pas accepter ce qu’il a fait. Ce que je n’arrive pas à supporter encore jusqu’à maintenant, c’est qu’il n’est pas capable de reconnaître le tort qu’il a fait avec le lock-out».

M. Abdul-Nour continue en mentionnant le manque de reconnaissance de l’administration McMahon envers les professeurEs: «J’ai écouté le téléjournal et ça m’a fait mal au cœur. Quand il parle de la recherche, l’administration n’a absolument rien à voir là-dessus. L’administration ne peut pas prendre de crédit pour la recherche. C’est les professeurs qui amènent la recherche, c’est eux qui travaillent avec leurs étudiants pour aller chercher la subvention». Il conclut en avançant que l’université aura peut-être atteint un équilibre budgétaire, mais elle n’aura pas d’équilibre mental. M. Abdul-Nour souhaiterait tout de même à M. McMahon d’avoir une retraite paisible auprès des siens.

«M. McMahon était franc et direct, on savait à quoi s’attendre avec lui.»

-Frédérik F. Borel

Le point de vue de l’AGE UQTR

Antoine Bélisle-Cyr, président de l’AGE UQTR. Crédit photo : Carolane Beaudoin

M. Frédérik F. Borel admet que l’université aurait progressé sous le mandat de M. McMahon mais ajoute que l’«on pourrait critiquer la méthode entreprise pour y arriver.» À ce sujet, le président de l’AGE UQTR, M. Antoine Bélisle-Cyr avance avoir «l’impression que M. McMahon a mis l’accent sur le principe à atteindre. L’objectif a été atteint, oui, mais la façon dont cela a été entrepris n’est pas unanime au niveau de la communauté universitaire.»

Malgré cela, M. Borel souligne la franchise de M.McMahon: «M. McMahon, oui il a une obsession pour les chiffres, mais par contre il disait les choses. Qu’on soit d’accord ou pas avec ses décisions, au moins on avait l’heure juste sur sa position. M. McMahon était franc et direct, on savait à quoi s’attendre.»

Finalement, M. Bélisle-Cyr mentionne la déception de l’AGE UQTR face au refus de l’administration McMahon d’offrir un remboursement pour les services non-disponibles en raison de la pandémie. «On trouvait ça déplorable, surtout que l’Université de Sherbrooke de son côté a accepté de faire des remboursements pour des services qui n’étaient pas offerts. L’UQTR a décidé d’y aller gourmand je dirais.» L’administration McMahon aurait préféré négocier plutôt que de reconnaître que la pandémie était une situation exceptionnelle.

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