Reportage: Littératie financière déficiente chez les étudiants

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Yan Martel, conseiller et responsable du service d'aide financière de l'UQTR.
Yan Martel, conseiller et responsable du service d’aide financière de l’UQTR. Photo: O. Bellemare

La rentrée scolaire amène avec elle son lot de défis: études, travail et budget serré. Ainsi, de nombreux étudiants doivent recourir à l’aide financière afin de subvenir à leurs besoins. Chaque année, la situation est d’autant plus préoccupante puisqu’une partie des étudiants n’ont aucun plan de match pour le financement de leurs études supérieures. De quoi ajouter l’argent à la liste des sources de stress avec lesquelles les universitaires doivent jongler pendant leur parcours universitaire.

Portrait révélateur des étudiants à l’UQTR

L’aide financière aux études (AFE) du gouvernement québécois fait partie prenante du paysage de la communauté étudiante de l’Université du Québec à Trois-Rivières. En 2013-2014, un étudiant du campus sur trois a complété une demande d’aide financière. C’est donc le tiers des étudiants trifluviens qui doivent s’endetter pour compléter leur projet d’étude.

Et la facture est salée! Les dépenses ne se limitent pas qu’aux frais de scolarité, mais aussi aux dépenses de subsistance: logement, nourriture, vêtements, chaussures, etc. En plus d’avoir recours aux prêts et bourses de l’AFE, certains enregistrent un endettement supplémentaire au privé afin de combler le manque à gagner.

Crouler sous la pression

Selon une étude réalisée par la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) en 2009, 25% des étudiants sondés s’attendent à avoir une dette de 18 000 à 20 000$ à la fin de leurs études de premier cycle. Cet endettement retarde alors les projets de vie: achat d’une première maison, fondation d’une famille, création d’une entreprise ou encore la poursuite d’études aux cycles supérieurs.

«C’est certain, en tant qu’étudiante, je prévois contracter des dettes. Dans ce contexte-là, ça occasionne beaucoup de pression sur ma vie personnelle et scolaire», confie une étudiante de premier cycle. «J’ai déjà de la misère à rejoindre les deux bouts, je ne peux pas placer de l’argent de côté pour des projets futurs.»

Une gestion financière problématique

Dans cette même étude réalisée par la FEUQ, les étudiants à temps plein répondent dans une proportion de 38,2% que les motifs financiers sont les causes principales de l’abandon ou l’interruption de leurs études. Yan Martel, conseiller et responsable du service d’aide financière de l’UQTR, soulève que la mauvaise gestion financière pourrait aussi être en cause.

«C’est déplorable le manque d’informations des étudiants sur la gestion des finances personnelles», explique-t-il. «Il n’est pas étonnant d’en voir certains qui se présentent sans plan de match pour financer leurs études. C’est très préoccupant comme situation.» Selon lui, il existe une grande lacune au niveau de la gestion financière et personnelle. Comme pour la société québécoise, il existe chez les étudiants une carence en littératie financière.

Connaissances financières limitées

Depuis 2009, les cours d’éducation économique ne sont plus présents dans le parcours standard au secondaire. Une partie de la matière de l’ancien cours d’économie a été greffée à un nouveau cours intitulé Monde contemporain. Abordant l’actualité et différentes disciplines des sciences humaines, le cours laisse de côté certains volets très importants de l’économie. Les étudiants ont moins de connaissances générales sur les questions financières, gèrent laborieusement leurs finances personnelles, comprennent plus difficilement certaines décisions gouvernementales et les enjeux qui les entourent. «C’est un des efforts qui devra être fait par la société québécoise pour outiller davantage les jeunes adultes en terme des finances personnelles. Sinon, on va former de mauvais consommateurs», ajoute Yan Martel.

Étant l’un des services les plus employés par les étudiants, le service d’aide financière de l’UQTR a pour mission d’aider les étudiants à éviter une situation où ils ne seraient plus en mesure de rembourser leurs dettes. La rentrée scolaire est un bon moment pour planifier ses finances personnelles et pour approfondir ses connaissances en matière d’économie afin d’échapper à une situation de stress.

Pour plus d’informations sur la gestion des finances, consulter le site de L’Autorité des marchés financiers (www.lautorite.qc.ca), ou encore l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (www.fcac-acfc.gc.ca).

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