Sébastien Dulude, poète de chez nous : Performance et poèmes

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Performance de Sébastien Dulude telle qu’on la retrouve dans le recueil Chambres. Photo : Benoît Paillé
Performance de Sébastien Dulude telle qu’on la retrouve dans le recueil Chambres. Photo : Benoît Paillé

Le poète et étudiant de l’UQTR Sébastien Dulude livre un premier recueil intitulé Chambres aux éditions Rodrigol. C’est le premier recueil de poésie au Québec qui tente de jumeler une performance aux poèmes, ce qui est téméraire et authentique, mais surtout choquant.

Sébastien Dulude accompagne ses poèmes de performances audacieuses composées par lui et photographiées par Benoît Paillé. Les performances de Dulude sont présentées sous forme d’images. Cela offre au lecteur une expérience qui n’est pas seulement textuelle, mais qui est aussi physique. «En performance, j’essaie d’imposer au corps un effort et de faire passer ces textes à travers cet effort corporel», dit l’étudiant de l’UQTR. Cependant, la forme du livre ne peut pas offrir au poème de prendre corps dans une prestation scénique. Or, l’idée est donc de recréer une dynamique de la performance et de faire cohabiter le poème avec l’image corporelle dans un matériel qui est fixe, le livre.

Les performances mettent en scène l’auteur lui-même et le montre souvent seul, tandis que dans les poèmes, la présence de l’Autre est omniprésente. Ce contraste entre l’absence et la forte présence de l’Autre met en relief les deux thèmes principaux du recueil: le désir, fortement sexuel, et la douleur corporelle qui accompagne ce désir.

Pour saisir le sens du recueil, il faut voir au-delà des mots et de l’image. En effet, la photo qui accompagne le texte n’est pas représentative de ce texte, c’est-à-dire qu’elle n’est pas une représentation picturale du poème. «La poésie n’est pas nécessairement dans le texte ou dans l’image, elle se trouve plutôt entre la photo et le texte. Il faut essayer de voir ce qui se passe entre le poème et l’image», lance Dulude. L’image et le texte semblent souvent contradictoires, ce qui crée un paradoxe effréné et fou des relations interpersonnelles.

L’avenir est rose pour Sébastien Dulude

L’étudiant de l’UQTR écrit plus sérieusement depuis 2006 en contribuant à des revues de poésie. Dans Chambres, Sébastien Dulude offre par contre des textes qui n’ont jamais été présentés devant un public, mis à part une version primaire du poème La chambre acide. Il a donc protégé ses textes pour cette première publication pour laquelle il a de grandes ambitions. En effet, l’auteur présentera son recueil au Marché de la poésie de Paris en juin 2014. «J’ai hâte de voir comment va voyager cette œuvre-là, annonce l’auteur. Le champ de la poésie performante est limité ici au Québec parce qu’il n’y a pas une assez grande masse critique pour pouvoir faire vivre ce genre poétique.» Effectivement, il n’y a qu’une dizaine de critiques dans ce domaine de la poésie. Alors, tout se passe à Paris où le marché est sûr.

«En performance, j’essaie d’imposer au corps un effort et de faire passer ces textes à travers cet effort corporel.» – Sébastien Dulude

Par contre, avant de présenter l’œuvre en Europe, l’auteur fera un arrêt à l’OFF-Festival de poésie de Trois-Rivières les 11 et 12 octobre prochains, en plus d’être présent au Salon du livre de Rimouski du 7 au 10 novembre 2013.

Pour plus d’information, vous pouvez visiter le www.leseditionsrodrigol.com. Il est possible de se procurer Chambres à la librairie l’Exèdre.

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