Un peu de cinéma: À l’origine d’un cri, Robin Aubert (2011)

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Auteur: Gabriel Senneville

Comment décrire et pourquoi vous inciter à visionner À l’origine d’un cri, sinon que c’est l’un de ces rares films québécois qui a profondément marqué mon imaginaire et m’a fait découvrir une différente facette du cinéma québécois? Il s’agit, à mon avis, de l’œuvre la plus intéressante du cinéaste Robin Aubert, réalisateur de Saint-Martyr des Damnés (2005), Tuktuq (2016) et Les Affamés (2017).

À l’origine d’un cri est l’un de ces rares films sombres et violents psychologiquement présents dans la cinématographie québécoise. Réalisé en 2011, ce film traite de la thématique du deuil, de l’amour et des relations conflictuelles père-fils. Sans nécessairement être un récit de type choral, il retrace le récit de trois générations d’hommes alcooliques aux prises avec une incapacité de communiquer.

Le film débute par une scène retraçant l’agression sexuelle du Fils (Patrick Hivon) lors de son enfance. Ce traumatisme est omniprésent dans la construction du personnage, qui est constamment colérique et à la recherche de sens. Une des conversations touchantes se produit lorsque le Grand-Père (Jean Lapointe) lui demande: «Veux-tu bien me dire pourquoi t’es toujours en maudit de même?» et le fils de lui répondre: «Je sais pas et c’est ça qui me met en tabarnac». Son incapacité à divulguer ses émotions le paralyse et le remplit de colère. Le Grand-Père est quant à lui, un homme aigri et malheureux qui installé dans une résidence pour personnes âgées, est coupé de toutes relations familiales.

L’élément déclencheur du récit se produit lors de la mort de la nouvelle conjointe du Père (Michel Barrette), qui, dans une incapacité de vivre son deuil et d’accepter la mort de sa femme, décide, dans un moment de désespoir, de reprendre possession du corps à la suite des funérailles et de partir sur la route afin de lui rendre un dernier hommage. Le Fils se voit donc dans l’obligation de rendre visite à son Grand-Père. Malgré la relation conflictuelle et des tensions qui existent entre eux, ils devront tenter de cohabiter afin de retrouver le Père et d’éviter à celui-ci des démêlés avec la justice. Faisant la tournée des tavernes de la région en espérant retrouver le Père, les deux hommes sont amenés à repenser leur existence et les choix qui les ont conduits à ce moment précis de leur vie.

Le film présente plusieurs scènes extrêmement lourdes et touchantes, dont celle du Père nettoyant le corps de sa femme dans la baignoire d’une chambre de motel, ou celle où l’on retrouve le Grand-Père enlaçant son fils en sanglots face à la mort de sa femme, et éprouvant pour la première fois un amour père-fils.

Le film traite avant tout du concept d’acceptation, acceptation de la mort, mais aussi, acceptation de la vie et de nos origines. La place du père de famille y est centrale: «Quand on a perdu son père, on est obligé de devenir un homme». Ces trois hommes sont amenés à briser le cycle du silence et à communiquer entre eux afin de se retrouver eux-mêmes, mais aussi de réparer les erreurs du passé afin d’en arriver à une forme de rédemption.

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