Visages de la recherche: Marion Ravelojaona et l’immunologie

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Marion Ravelojaona
Marion Ravelojaona est une étudiante internationale au parcours inspirant. Crédit: Gracieuseté

Franco-malgache originaire de l’île de La Réunion, Marion Ravelojaona en est à sa deuxième année au doctorat en biologie cellulaire et moléculaire.

Travaillant au sein du laboratoire d’immunologie et d’oncologie de l’UQTR sous la direction du professeur Carlos Reyes-Moreno, Marion s’intéresse aux questions d’immunologie, mais aussi à celles liées aux systèmes reproducteurs. Son projet de recherche, axé sur le fonctionnement du système immunitaire chez la femme enceinte, cherche à mieux comprendre les mécanismes cellulaires qui sont présents dans l’interaction entre l’utérus et l’embryon.

Un parcours d’adaptation

Après avoir effectué la majorité de son parcours scolaire en France, de l’école primaire jusqu’au baccalauréat, c’est en 2012 que Marion arrive au Québec. Possédant déjà un baccalauréat français en Sciences de la vie et de la Terre (SVT), Marion effectue une session au cégep avant d’être acceptée au baccalauréat en biologie médicale à l’UQTR. En 2017, après l’obtention de son baccalauréat, elle commence sa maîtrise en biologie médicale.

Bien qu’initialement intéressée par la médecine, elle réalise que ce n’est pas fait pour elle: «Je me suis rendue compte que c’était plus la compréhension fondamentale des systèmes qui m’intéressait, pas la médecine.» S’orientant instinctivement vers la recherche, elle fait un an de maîtrise avant de passer directement au doctorat.

«Tout mon parcours est fait à base de pourquoi pas?»

-Marion Ravelojaona

Bien qu’elle ait contacté des chercheurs du CHUM (Centre hospitalier de l’Université de Montréal) et de l’Université Laval, Marion décide de demeurer à l’UQTR pour son doctorat en raison de la proximité professeurE-étudiantE que l’on y trouve: «Les domaines de recherche à l’UQTR sont très intéressants et il y a cette proximité professeur-étudiant qui fait en sorte qu’ils sont accessibles. C’est un plus considérable.»

Combattre l’inflammation naturellement

Son projet de recherche, qu’elle estime mener à terme dans les trois prochaines années, met de l’avant l’importance du système immunitaire chez la femme enceinte. Marion explique que l’embryon, possédant 50% des gènes du père, serait systématiquement reconnu comme un corps étranger par le corps de la mère.

Afin de se protéger, le corps réagit à l’aide de la réponse immunitaire; de façon semblable à un rejet de greffe d’organe, le corps tente, via la réponse immunitaire de la mère, de rejeter ce corps étranger (l’embryon). Lorsque non contrôlée, cette réponse immunitaire, qui prend la forme d’inflammation intra-utérine très importante, serait responsable d’une grande partie des naissances prématurées et des avortements précoces.

Marion souligne que le problème avec cette inflammation, c’est «qu’il n’existe aucun traitement pour [la] résorber.» Bien qu’elle concède l’existence de certains médicaments anti-inflammatoires, elle rappelle que ceux-ci sont des traitements hormonaux, c’est-à-dire des traitements qui auraient des effets secondaires considérables sur le mode de vie de la femme.

Co-dirigée par les professeures Céline Van Themsche (UQTR) et Cathy Vaillancourt (INRS), Marion souhaiterait proposer un traitement fait à partir de certaines molécules biologiques qui seraient déjà présentes naturellement chez la femme enceinte; ce traitement non-hormonal aurait très peu d’effets secondaires sur le corps de la femme enceinte.

Passion et résilience

Marion se décrit comme une passionnée. Bien qu’il faille avoir beaucoup de résilience pour se rendre jusqu’au doctorat, Marion mentionne ne pas se laisser décourager par les échecs qu’elle rencontre parfois au laboratoire.

«J’adore la manipulation. J’aime vraiment cela être en laboratoire, même quand cela ne fonctionne pas.»

-Marion Ravelojaona

À ce sujet, elle avance que trouver un traitement, c’est beaucoup d’essais-erreurs. Dans 90% des cas, l’hypothèse de départ doit être ajustée au fur et à mesure que les résultats et les expériences sont effectués. Ayant le souci du détail, elle aime être satisfaite de ce qu’elle fait. Elle avoue aussi être animée d’une grande bienveillance, qualité qui serait essentielle à ceux et celles qui désireraient œuvrer dans le milieu de la recherche.

Même s’il n’est pas aisé d’être une étudiante étrangère en raison du manque de financement et de l’éloignement familial, Marion se voit travailler dans le milieu de la recherche au long terme. Que ce soit à l’université ou non, au Québec ou ailleurs, elle aime bien l’idée de la collaboration internationale.

Diffusion de la recherche

L’équipe du projet Capscience est aussi en collaboration avec l’équipe de « Chercheur de demain » qui est co-créé par Michelle Boivin et Marguerite Cinq-Mars. Crédit: Gracieuseté

Récipiendaire de bourses du Réseau Québécois en Reproduction (RQR) et du CIRD-RQR ainsi que du Prix coup de cœur du public à l’édition 2019 de Ma thèse en 180 secondes, Marion indique s’intéresser grandement à la diffusion de la recherche. C’est pourquoi elle travaille présentement sur le projet CapScience avec les étudiantes Claire Letanneur (Biologie Cellulaire et Moléculaire) et Mélanie Médard (Kinésiologie); en collaboration avec le Service des technologies de l’information (STI), Marion monte des vidéos de vulgarisation scientifique qui ont pour but de mettre en lumière les recherches effectuées à l’UQTR.

Pour en savoir plus sur les travaux de Marion, lisez cet article qu’elle a écrit pour le site The Conversation.

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