D’une foulée à l’autre : La couche de crème fouettée

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Je déteste les gyms. Pas personnellement – loin de là –, et encore moins de façon intéressée. Surtout, mais surtout pas à cause des individus qui y œuvrent (à qui je tire, soit dit en passant, mon chapeau bien bas). Aucun ne m’horripile en particulier, malgré qu’ils m’irritent tous un peu en même temps.

En fait, si je déteste les salles d’entraînement, centres de conditionnement physique et autres inventions dérivées, c’est uniquement pour la vision édulcorée de l’activité physique qu’ils proposent. Comme si de s’enfermer entre quatre murs pour lever de la fonte au vu et au su du regard indiscret des autres utilisateurs – vous savez, les fameux regards fuyants – constituait LA solution miracle pour tout un chacun en matière de mise en forme. Un peu d’entraînement en conserve, ça vous tente?

La date ne pourrait d’ailleurs mieux coïncider pour aborder ce sujet. En effet, à la suite du traditionnel temps des Fêtes ponctué par d’innombrables gueuletons ainsi que, «exceptionnellement» en 2012, par un rendez-vous manqué avec la fin du monde, vient maintenant le moment de se ressaisir et d’attaquer 2013 avec aplomb ainsi que détermination. Et, pourquoi pas, en bonne forme et santé physique.

Nul ne doute que de nombreux individus prendront des résolutions en vue de cette dernière. Et nul ne doute que les gyms profiteront, comme à toutes les années, de cette manne extraordinaire d’individus bienpensants à la persévérance toutefois bien éphémère. En font foi toutes ces offres «incontournables» de janvier pompeusement proposées par les Énergie Cardio de ce monde. Ce phénomène authentique porte même un nom tout à propos : la saison des résolutions.

La saison des résolutions est non seulement bien réelle, mais elle est également documentée et étudiée. C’est ainsi que l’on sait qu’environ 26% des gens qui prennent des résolutions pour le Nouvel An jurent sans grand enthousiasme de se remettre en forme et de perdre du poids. Ce sont ces mêmes individus qui, un, deux, trois mois plus tard accrochent leurs espadrilles, coupables de se sentir blasés devant cette offre pourtant affriolante de cours et de programmes. D’ici au mois de juin, on évalue même que moins de la moitié de ceux qui auront pris une résolution de ce genre la tiendront encore.

Vient ensuite s’ajouter à ce portait déjà peu glorieux la désagréable impression de payer pour ne pas s’entraîner, c’est-à-dire de s’acquitter de ses paiements mensuels de gym sans même le fréquenter. Des chercheurs ont même poussé l’exercice jusqu’à chiffrer le tout, question de bien alimenter ce double sentiment de culpabilité. Leur conclusion : dans bien des cas, payer chaque visite à la pièce pour la durée totale de la fréquentation aurait été en fin de compte plus économique que d’opter pour l’abonnement. Tenez-vous-le pour dit.

À la base, le problème avec les gyms, mais également avec tous ces programmes d’entraînement et régimes minceur à la mode, c’est qu’ils font croire que leur concept est le meilleur, et parfois même, comble de l’outrecuidance, le seul valable. À grand renfort de concepts tels que «vie en santé» et «perte de poids», on nous propose une solution gagnante supposément pensée et créée pour répondre à nos besoins. Ne vous posez surtout pas de questions; de toute façon, nous y avons réponse.

C’est une recette archiconnue qui s’apparente curieusement à celle utilisée pour produire des succès filmographiques à la chaîne, vous savez, ces fameuses superproductions à l’américaine. Un peu de poudre aux yeux sous forme d’effets spéciaux et – tadam! – vous obtenez un soi-disant succès. Une très grosse et peu subtile couche de crème fouettée pour être bien sûr de plaire à tous.

«À la base, le problème avec les gyms c’est qu’ils font croire que leur concept est le meilleur, et parfois même, comble de l’outrecuidance, le seul valable.»

Or, en matière de mise en forme et d’adoption de comportements sains, il n’existe pas de telles solutions gagnantes, et encore moins des recettes prémâchées. Pourquoi donc? Parce qu’être en bonne condition physique, respirer la santé et se sentir bien dans sa peau ainsi que dans sa tête, ce n’est pas un concept que l’on achète, mais bien un mode de vie que l’on adopte.

Et comme tout mode de vie, il se doit d’être soigneusement songé et planifié pour persévérer. Il faut périodiquement se poser des questions telles que : Quelles sont mes motivations profondes qui me poussent à souhaiter un changement? Comment vais-je m’y prendre pour passer à l’action efficacement et durablement? Qu’est-ce que je pourrais faire pour aligner les conditions essentielles au respect de mon bonheur dans cette prise d’action? À quels niveaux se situent donc les barrières qui risquent de l’entraver? Quels sont les compromis que j’accepte et ceux que je refuse de faire afin d’atteindre mes objectifs?

Ceux qui s’adonnent à cet exercice sont non seulement plus susceptibles de réussir leur conversion – durable on s’entend – à un mode de vie en santé, mais ils sont également à même de mieux se rendre compte que finalement, le gym, ça ne leur convient peut-être pas. Mais pas pantoute.

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