Hockey: Le circuit universitaire canadien en déclin, vraiment?

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Les Patriotes de l’UQTR forment l’une des trois formations québécoises du circuit, avec les universités McGill et Concordia Crédit: Ariane Samson

Récemment, dans les différents médias sportifs, plusieurs journalistes s’alarment de la situation actuelle dans le hockey québécois. Les journaux relatent différents cas d’exode d’espoirs québécois et canadiens vers les États-Unis. La Ligue de Hockey Junior Majeur du Québec (LHJMQ) semble perdre de sa notoriété au profit des NCAA et des différentes offres américaines alors que le circuit universitaire canadien, dans lequel évoluent les Patriotes, semble être mis en second plan et passer sous le silence. Toutefois, est-ce vraiment le cas?

Des tendances encourageantes

L’entraîneur-chef des Patriotes hockey, Marc-Étienne Hubert, est à la barre de la formation universitaire de l’UQTR depuis six ans déjà. À l’aube de sa septième campagne derrière le banc, le pilote des Patriotes établit des tendances positives, au sein de la ligue, depuis son arrivée en poste. « Les mentalités ont changé et le calibre a augmenté considérablement en six ans », dit-il d’amblé. Pour expliquer l’amélioration accrue du circuit en ce qui a trait au niveau de jeu, monsieur Hubert rappelle qu’à l’époque de son entrée en fonction, environ 50% des joueurs qui évoluaient dans le circuit provenaient de la plus grande ligue junior canadienne (qui regroupe la LHJMQ, la ligue de l’Ontario (OHL) et la ligue de l’Ouest (WHL). Désormais, il avance que ce serait 80% des joueurs du circuit qui en seraient issus. « Les joueurs ont de plus en plus de bagage », dit-il. 

Pour expliquer cette hausse fulgurante, le principal intéressé croit qu’elle est due à un changement drastique des mentalités. « L’école prend de plus en plus de place dans la vie des hockeyeurs », mentionne-t-il. « Dès leur plus jeune âge, les jeunes Québécois sont invités à joindre des structures intégrées de sports-études », explique Hubert. Selon lui, ce sont ces mêmes structures qui amènent l’école et le hockey à devenir indissociables dans l’esprit des jeunes et des moins jeunes. Pour performer dans le hockey, ils doivent performer sur les bancs d’école.

Cette nouvelle tendance, qui s’amorce maintenant chez les jeunes, a des retombées sur la philosophie des joueurs universitaires. « On le remarque dans le niveau de motivation de nos joueurs », dit monsieur Hubert. Les joueurs sont motivés et connaissent maintenant l’importance de décrocher un diplôme. « C’est ce qui prime, d’abord et avant tout, dans leur esprit », mentionne-t-il.

Selon les propos rapportés ci-haut, la situation au hockey universitaire canadien n’est pas aussi tumultueuse que nous pourrions le croire. Par contre, le circuit doit se frotter à plusieurs autres enjeux comme le manque de couverture médiatique, par exemple. Ceci explique-t-il cela? Méconnaissons-nous le hockey universitaire canadien parce que nous n’y sommes pas assez exposés? Qu’en pense l’entraîneur-chef, maintenant?

Le Québec sous-représenté

Même s’il a pu dresser une évolution marquée du calibre de jeu en sept ans, il a aussi dénoté beaucoup de stagnation en ce qui a trait à la visibilité du circuit. Les foules sont bien modestes, chez les équipes du Québec, lors des parties locales. C’est paradoxal lorsqu’on y pense puisque comme le mentionne l’entraîneur « le calibre de notre ligue (celle où évoluent les Patriotes) est très relevé ». Pour expliquer ce manque d’intérêt des amateur.rice.s de hockey québécois envers le circuit, en plus de noter le manque flagrant de couverture médiatique, Hubert croit que le fait de n’avoir seulement que trois équipes au Québec amène un certain désintérêt.

Pour démontrer le non-sens de la situation, le pilote des Patriotes met de l’avant tout l’illogisme du ratio joueurs-équipes par région. « Ça ne fait aucun sens! Notre circuit est composé de sept équipes dans les Maritimes pour seulement trois ici, au Québec (l’UQTR, Concordia et McGill) », dénote-t-il. Pourtant, lorsque l’on regarde le nombre de joueurs de hockey qui proviennent de ces deux régions, le Québec produit nettement plus de hockeyeurs que les Maritimes.

Sur un ton un peu idéaliste, Marc-Étienne Hubert confie qu’il « rêverait » d’un circuit québécois au hockey, semblable à celui que l’on peut voir au football dans le Réseau du Sport Étudiant du Québec (RSEQ). Quand on y pense, il s’agit d’une sorte de cercle vicieux.

Les médias ne s’intéressent que très peu au circuit parce qu’il n’y a que trois équipes en sol québécois. Le.la partisan.e moyen n’y étant que très peu exposé.e médiatiquement n’a pas tendance à se déplacer pour les parties de cette ligue. Comme les gens ne se bousculent pas aux guichets, les revenus des formations restent très faibles et, au final, cela fait en sorte que d’autres établissements universitaires québécois sont très réticents à la mise sur pied d’un programme de hockey.

Pour Marc-Étienne Hubert, il n’y a pas de secret, « nous n’avons d’autres choix que de nous rabattre sur l’aspect marketing ». Comme les médias ne leur offrent pas une tonne de visibilité, les formations comme les Patriotes se doivent de se rendre visibles par leur propre moyen. À ce niveau, l’entraîneur-chef ne peut qu’envisager le futur des Patriotes comme prometteur. En effet, la formation s’est tout récemment vu être endossée par un groupe d’hommes d’affaires très influents avec, à sa tête, monsieur Daniel Lamarre, PDG du Cirque du Soleil.

Collaboration et optimisme

J’en avais fait l’annonce dans un papier le 14 juin dernier, mais à ce moment, l’entraîneur Marc-Étienne Hubert avait été assez avare de commentaires sur les nouveaux investisseurs, préférant s’assurer que tout soit fait correctement et refusant de s’avancer trop sur les plans futurs. À nouveau questionné sur ce qui, concrètement, serait mis de l’avant par monsieur Lamarre, son groupe et l’organisation des Patriotes, ce dernier s’est encore fait assez discret et évasif dans ses réponses. Par contre, il confirme bel et bien avoir discuté avec le PDG du Cirque du Soleil sur des projets concrets. « Les annonces seront faites éventuellement, mais il y aura de bons changements au niveau marketing que les gens apprécieront », mentionne-t-il. Quoi qu’il en soit, Marc-Étienne Hubert se dit très optimiste lorsqu’il regarde la prochaine campagne qui, mine de rien, approche à grands pas!

Les gens devraient être servis, les Patriotes se porteront mieux et, espérons-le, le hockey universitaire canadien aussi.

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