La fois où j’ai été partisan des Patriotes

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patriotes hockey

Habituellement, lorsque je vais aux matchs des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), je ne suis pas assis parmi les spectateur.rice.s. Je suis plutôt assis derrière le filet que les Patriotes attaquent deux fois, haut perché avec les joueurs blessés ou mis de côté, à la même hauteur que les bannières qui rappellent les gloires passées des Draveurs et du Caron et Guay, défuntes formations trifluviennes. 

Mardi soir, à l’occasion de la visite des Gee-Gees d’Ottawa (11-5), l’organisation des Patriotes (13-4) a mis le paquet pour attirer les étudiant.e.s de l’UQTR, j’ai donc décidé de suivre le courant et de me fondre dans la masse moi aussi. Vivre l’expérience que notre équipe universitaire offrait à la communauté sans prendre de notes, sans penser à un futur article (que je préfère plutôt improviser ici, maintenant, a posteriori).

Si les chiffres mentent rarement, celui-ci parle beaucoup : 542. Selon le site web du circuit, nous avons été 542 personnes à franchir les tourniquets du vétuste Colisée et à y avoir pris place pour encourager nos préférés. J’ai assisté au match avec le reste de ma cohorte d’étudiant.e.s en enseignement de l’éducation physique et à la santé. Dès mon arrivée, après avoir montré ma carte étudiante, j’ai obtenu une entrée gratuite; partie intégrante et intéressante de la promotion de la soirée. 

Lors de notre entrée dans l’enceinte de l’amphithéâtre, Pat la mascotte est rapidement venu faire sentir sa présence auprès de nous, nous offrant des items pour encourager nos Patriotes. Masques orangés ou verts, flûtes, cloches à vache, autant d’articles pour nous enlever toute excuse de ne pas s’époumoner pour les encourager.

Après s’être nantis de ses divers outils à l’effigie patriotique, nous sommes allés nous asseoir dans l’une des sections des gradins désignés comme «étudiantes». Sorte d’enclos pour maintenir la testostérone et la rage de la fin de session que la majorité d’entre nous voulait expulser à grands coups de holés aux Patriotes et de huées aux Gee Gee’s. L’atmosphère, avant même la mise au jeu protocolaire, me rendait fier d’être trifluvien, fier de mon UQTR.

Honorer le succès

Parlant de fierté, la formation universitaire de hockey a profité de l’achalandage de sa communauté dans son temple afin d’honorer le plus grand exploit sportif des 25 dernières années à l’UQTR; la mainmise sur le Championnat Canadien par l’équipe masculine de soccer. Les footballeurs ont donc été présentés à la foule, casquette rouge sur le crâne et médaille d’or sur le torse. Le bijou glorieux à deux faces, sur laquelle était inscrit le mot «CHAMPIONS» en majuscule, reflétait dans les lumières du Colisée me laissant les yeux bridés et émus par moment. Ça aussi, c’était beau à voir.

Une rencontre atypique

Est ensuite venue la véritable mise au jeu, celle qui ferait tourner le sablier de 60 minutes de hockey époumonant, de sport époustouflant. Ma cohorte, pendant ces soixantes minutes de hockey, entassée dans la section 18 du Colisée, aura semblé tissée encore plus serrée que la formation toute de blanc vêtue qui était censée animer le spectacle.

Aux interactions de l’animateur de foule, nous répondions présents. Au défi de prendre un égoportrait avec Pat la Mascotte, nous sortions nos cellulaires. En raison des rabais sur la nourriture et du spécial de deux pour un sur les produits Molson, notre section s’est vite transformée en sorte de festin collectif. Nous échangions bières et hot-dogs comme pain et vin; les aliments du sacrifice.

C’est par ailleurs un peu ce que nous désirions profondément, un sacrifice ; celui de l’ennemi, des Gee Gee’s. Malheureusement, rapidement, les visiteurs nous ont fait comprendre qu’ils étaient au Colisée pour gâcher la fête savamment organisée par les hautes instances de la  formation.

Malgré le spectacle qui n’était pas à la hauteur de ce que les Patriotes avaient offert depuis le début de la campagne, le temps passa sans que nous nous en rendions compte, au fil des rires, des blagues, des fameux «come on ref» lancés à l’arbitre ou des «GRAAAAHAAAAAM» chantés au gardien éponyme adverse. Après deux périodes de jeu qui auront passé comme du vent, le score était de 4 à 1 pour l’équipe d’Ottawa.

L’inquiétude se lisait sur presque tous les visages des partisan.e.s au deuxième entracte. «Est-ce que nos favoris parviendraient à remonter cette abrupte pente?» La question taraudait notre esprit. Le seul partisan qui devait ressentir autre chose que de l’inquiétude aura sans doute été celui qui a vu le numéro de son billet de moitié-moitié appelé et qui se sera mérité une bien noble somme de 240$.

La troisième période aura paru aussi terne que les deux premières et les Patriotes n’auront pas été à la hauteur. À défaut de nous délecter du spectacle, nous nous gargarisions du plaisir d’être ensemble et de celui d’être présent. Nous profitions de cet événement qui, à mon humble avis, gagnerait à être répété plus souvent. En toute fin de période, comme pour ranimer l’espoir qui ne respirait plus en nous depuis plusieurs minutes déjà, Samuel Hould aura inscrit un deuxième but pour nos Patriotes. Nous étions malheureusement conscients qu’il venait de mettre l’espoir sur du temps emprunté, qu’il venait de la prendre par la main pour l’amener, une minute et vingt-cinq secondes plus tard, dans le mur.

Le coup de sifflet final se sera fait entendre. Le tableau d’affichage indiquait 4-2 pour les visiteurs. Qui avait gagné? Qui avait perdu? J’ai vite compris que l’indicateur centré dans les hauteurs du Colisée me mentait. Les véritables gagnants du match n’auront pas été les Gee-Gee’s. Ils n’auront pas été non plus les joueurs de l’équipe locale. Les véritables gagnants auront, en fait, été ma cohorte, moi et tou.te.s les autres étudiant.e.s qui auront pu profiter de cette soirée unique, abordable et plaisante. 

Le sourire arqué dans nos visages malgré la défaite de notre équipe, nous nous sommes dirigés vers la sortie en terminant nos bières devenues tièdes et rotant notre dernier hot-dog avalé. Nous nous sommes cogné le poing, donné la main ou encore des câlins (selon la nature de nos relations) en nous promettant, haut et fort, de réitérer.

Au final, les Patriotes n’auront pas été à la hauteur sur la glace, mais auront été au-delà des attentes hors glace et, à mon humble avis, cela compense.

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