L’art de monter une mayonnaise et autres propos comestibles: Zone de confort

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Lorsque j’ai soumis la proposition de cette chronique à Myriam Lortie, rédactrice en chef dévouée de ce journal, mon intention était de me sortir de ma zone de confort. Je suis une littéraire de formation et sans vouloir renforcer certains stéréotypes je passe la plus grande partie de mon temps derrière un livre à observer des mondes s’y déployer et à m’y perdre le temps de quelques pages. Contemplative, l’entreprise d’écrire m’embêtait un peu. Malgré tout, le projet de collaborer à ce journal demeurait une idée fixe et bientôt la ligne directrice de cette chronique s’est imposée d’elle-même: jaser boustifaille et choix alimentaires sans trop me prendre au sérieux.

Mark Zuckerberg, recherchiste personnel

Lorsque vient le moment de choisir un sujet, je ne peux que constater le foisonnement des discours qui sont véhiculés au sujet de l’alimentation. Manger figure parmi les besoins physiologiques à la base de la pyramide de Maslow ce qui en fait une activité fondamentale sur laquelle on s’interroge sans cesse. J’en viens souvent à ne plus savoir où me positionner parmi toutes ces gloses. C’est ici que l’équipe de recherchistes du Zone Campus entre en scène. En toute franchise, vos cotisations étudiantes ne nous offrent pas ce luxe, je me rabats donc sur mon fil d’actualité Facebook qui intervient pour m’aiguiller dans mes recherches.

Aussi, j’ai assisté à la conférence-midi «You know what you eat you are: la parole nutritionnelle au Québec de 1945 à 1980, vecteur de valeurs et de modèles de vie» organisée par le CIEQ (Centre interuniversitaire d’études québécoises). Les activités du CIEQ possèdent la grande qualité d’établir un dialogue entre chercheurs, étudiants et grand public, offrant ainsi un espace privilégié et convivial où diffuser l’état actuel de la recherche dans les études québécoises.

Lors de cette conférence, monsieur François Guérard dressait le bilan argumentatif des discours sanitaires et nutritionnels produits entre autres par les organismes publics et les nutritionnistes de la période 1945-1980. De ce corpus, Guérard constate une tendance commune à ces groupes, soit celle de s’appuyer sur la promotion de saines habitudes alimentaires pour transmettre des valeurs et pour recommander des conduites individuelles et collectives qui ne possèdent pas, de prime abord, de relations directes avec les questions de la santé et de la nutrition.

Les conseils sanitaires et nutritionnels actuels appellent à la vigilance et doivent être remis en question puisqu’ils ne font pas toujours l’apologie de la santé, mais dérivent parfois vers le culte de corps sain, soit d’une image standardisée bien souvent irréaliste et nocive.

C’est sans surprise que des considérations comme le bonheur s’immiscent au sein des préoccupations nutritionnelles. En fait, s’alimenter perd son caractère physiologique et coutumier pour devenir un geste garant d’une meilleure vie, d’une belle apparence, d’un meilleur respect de l’environnement… Les conseils sanitaires et nutritionnels actuels appellent à la vigilance et doivent être remis en question puisqu’ils ne font pas toujours l’apologie de la santé, mais dérivent parfois vers le culte de corps sain, soit d’une image standardisée bien souvent irréaliste et nocive.

Plus ça change, plus c’est pareil

Dans le même ordre d’idée, mon fil d’actualité Facebook (encore lui) m’a dirigé vers la chouette émission radiophonique Plus on est de fous, plus on lit! qui s’intéressait dernièrement à l’essai Is Gwyneth Paltrow wrong about everything? When celebrity culture and science clash de Timothy Caulfield. Pour ceux qui ne suivent pas le vedettariat, madame Paltrow a délaissé son métier d’actrice pour se reconvertir en égérie du bon style de vie et du bien manger. Ses prises de position, parfois des plus colorées, lui attirent maintes critiques. L’essai de Caulfield s’inscrit dans cette lignée sceptique en s’attachant à démonter certains mythes véhiculés par Paltrow et autres gourous du mieux-être.

De la sorte, Caulfield propose une approche reposant sur des études scientifiques allant jusqu’à tester lui-même les techniques suggérées par les célébrités du mieux-être. Dois-je vraiment vous informer que ses conclusions détruisent la validité de ces conseils «santé»? Selon Caulfield, Paltrow a tout faux.

Je ne veux pas faire ma Gwyneth…

Je ne vous conseillerais pas de diète miracle soyez sans inquiétude! Habituellement, je ne suis pas friande de ce type de campagne de financement à la Movember et à la Ice Bucket Challenge. Ce n’est pas que je n’ai pas l’âme altruiste, mais je considère que l’on perd de vue le véritable objectif de ces défis qui offrent une façon simple de se déculpabiliser. Toutefois le défi 28 jours de la Fondation Jean Lapointe me plaît. Après un Carnaval Étudiant bien arrosé, le foie de plusieurs l’appréciera sans doute aussi.

Ce défi, quel est-il? S’abstenir de consommer de l’alcool durant tout le mois de février afin de récolter des fonds qui serviront à financer les campagnes de sensibilisation aux problèmes liés à la consommation d’alcool et de drogue que mène la Fondation auprès des jeunes. Le défi est une expérience personnelle qui donne l’occasion de réévaluer la place financière et sociale qu’occupe la consommation d’alcool dans nos vies.

Pour moi, le défi n’en est pas vraiment un, ma petite carrure a pour effet qu’une seule bière me mène rapidement à l’état de pompette ce qui m’impose la modération, mais je compte bien faire le jeûne d’alcool en février. Oserez-vous sortir de votre zone de confort en relevant le défi ?

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