Le touriste trifluvien : Lydiane autour du monde, trifluvienne de naissance et nomade d’adoption

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Léonie, moi et Lydiane, suite à l’échange passionnante sur leur livre et leur passion à la Chasse-Galerie de l’UQTR.

Eh oui! C’est reparti! Le 24 mai dernier, je publiais ma dernière chronique du Touriste trifluvien au journal (Quand proximité devient banalité). Quelques mois plus tard, alors que l’on m’offrait le poste de rédacteur-chef de la section sportive, on m’informait en même temps que ma chronique touristique ne serait pas reconduite à l’automne 2019 ni aux sessions subséquentes. Le vent a tourné et je peux finalement, aujourd’hui officiellement, reprendre cette tribune bihebdomadaire dans laquelle je m’émancipe particulièrement. Certes, j’ai un plaisir fou à suivre, défricher et décrire des exploits sportifs, mais je vous avoue que ce n’est pas comme écrire sur ma passion première. 

Ainsi, donc, je peux maintenant l’affirmer, Le Touriste trifluvien est de retour. Il est d’adon d’ailleurs, on pourrait croire que c’est la (insérer ici le juron de votre choix) de neige qui l’amène.

Comme première chronique, j’ai eu la chance de m’entretenir avec Lydiane St-Onge (ou Lydiane autour du monde, si vous préférez) ainsi qu’avec sa soeur Léonie. Même si je m’autoproclame le touriste trifluvien ici, je peux vous confier que lorsqu’elles étaient assises devant moi, mon titre prenait beaucoup moins de sens. Pour vous mettre en contexte, du haut de ses 32 ans, Lydianne a mis les pieds dans 47 ou 48 pays (elle a perdu le compte, quel heureux problème, quand même… J’ai fait le même exercice de mon côté, j’arrive à 25… Presque deux fois moins…). Quoi qu’il en soit, je peux donc dire que j’ai discuté avec Lydiane autour du monde autour d’une table de la Chasse-Galerie.

Tout d’abord, il faut savoir que les deux soeurs effectuent présentement une série de sorties médiatiques pour la sortie de l’ouvrage Voyage 101 qu’elles ont coécrit. Elles m’ont d’ailleurs gentiment offert un exemplaire de ce chef-d’oeuvre (duquel je garderai mes commentaires  pour ma deuxième chronique qui prendra la forme d’une critique littéraire). Quoi qu’il en soit, pour l’instant, imaginez-vous une sorte de bible du voyageur ou un «partir en voyage pour les nuls», selon votre humeur.

Avant de parler de leur livre plus en profondeur dans deux semaines, parlons des deux filles derrière le livre, parce que laissez-moi vous dire une chose : si le livre jusqu’ici m’est intriguant, intéressant et fascinant, ces trois adjectifs se collent harmonieusement bien à la peau basanée des soeurs St-Onge. J’ai passé près d’une heure avec elles à parler de cette passion qui nous unit, celle du voyage. 

Les premiers pas dans le tourisme

Quand on les questionne sur leurs premières expériences touristiques, les deux filles parlent des séjours en camping avec leurs parents durant lesquelles elles ont pu pour la première fois expérimenter leur fibre nomade : «Aussitôt que nous étions installées, ma soeur et moi embarquions sur nos vélos et partions explorer le camping pendant tout le weekend», se souvient Léonie, la cadette. Si les filles, comme Obélix, sont tombées dans la marmite du voyageur à la petite enfance, c’est à 15 ans qu’elles ont réellement goûté à l’élixir divin auquel je carbure moi aussi ; le tourisme.

«Notre premier voyage a eu lieu lors d’un échange étudiant à 15 ans (en quatrième année) durant trois mois où j’avais été à Calgary», se remémore Lydiane. Même si elles ont fait cet échange chacune de leur côté, les deux soeurs s’entendent pour dire que c’est à ce moment-là qu’elles sont réellement tombées en amour avec le voyage. Preuve qu’elles étaient sur la même longueur d’onde à ce niveau, elles ont décidé de partir ensemble pour une première aventure en sac à dos ensuite.

365 jours, deux Canadiennes, un continent européen

Le sous-titre est révélateur. Les plus perspicaces d’entre vous auront compris que les filles, comme première destination, ont opté pour l’Europe. Le fait qu’elles aient choisi de s’expatrier un an montre qu’elle n’ont pas l’habitude de faire les choses à moitié.

Elles avaient décidé de partir avec seulement 2000$ chacune, sachant très bien qu’elles devraient travailler une fois sur place. C’est d’ailleurs la raison qui les a amenées à choisir l’Europe, m’explique Léonie : «Nous voulions être certaines de trouver un endroit où nous pourrions travailler en français. En ce sens, l’Europe était, pour nous, un choix tout indiqué».

Un segment du livre est par ailleurs destiné à ce voyage brise-glace, voilà pourquoi je ne m’éterniserai pas sur ce périple. Par-contre, les filles s’entendent toutes les deux pour dire qu’elles y ont vécu de belles et de grandes expériences. C’est justement ce qui m’amène à mon prochain point… 

L’expérience du voyageur, celle qui ne s’achète pas

Le voyageur pourra toujours acheter son billet d’avion, réserver son lit dans une auberge de jeunesse ou sa chambre dans un complexe tout-inclus. Il pourra se procurer un guide Routard du pays visité ou, encore mieux, le livre «Voyage 101» de Lydiane et Léonie. Il pourra s’acheter des excursions organisées, un chandail à manches courtes à l’effigie de la destination ou une serviette de plage aux couleurs du drapeau du pays. En fait, la seule chose que le voyageur ne pourra pas acheter, c’est l’expérience. Il pourra l’acquérir par contre, au fil des péripéties, des erreurs de parcours, des malchances ou des bons coups. C’est justement ici que la ligne se trace entre Lydiane et plusieurs autres voyageur.se.s. 

Elle parvient à rester immodérément humble par rapport à tout ça, mais Lydiane a 48 pays derrière la cravate (l’expression s’applique particulièrement mal ici, elle porte une robe). Quoi qu’il en soit, elle en a vu des vertes et des pas mûres. Elle a vécu des péripéties aux allures cinématographiques et elle a fait face à des scénarios qui ne s’inventent pas. D’erreur en erreur, Lydiane a appris, a progressé comme voyageuse. Elle est devenue de plus en plus intime avec le voyage jusqu’à ce que celui-ci n’ait presque plus de secret pour elle. Une longue suite d’essais et d’erreurs qui l’ont mené aux quatres coins de la planète et tout en haut du palmarès des influenceur.se.s du monde touristique. Lydiane autour du monde a plus de 64 000 abonné.e.s sur Instagram en date d’aujourd’hui, ce n’est pas peu dire.

Pourquoi «Voyage 101»?

Malgré tout, Lydiane maintient qu’elle n’est à l’abri de rien et qu’elle est bien loin d’avoir la science infuse : «Même la personne la mieux préparée ne pourrait pas être certaine à 100% qu’elle serait prête à parer toutes les éventualités d’un voyage», mentionne-t-elle, sagement.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les deux soeurs ont uni leurs forces pour mettre sur pied l’oeuvre dont je ferai l’autopsie dans ma deuxième chronique. (En fait, c’est Lydiane qui, à partir de l’écriture adroite de sa soeur, nous partage ses expériences). Les deux filles ont voulu rassembler tous les renseignements qui peuvent s’avérer utiles pour les voyageur.se.s. Il leur aura fallu deux ans pour répertorier le tout. Au-delà de l’écriture du livre en soi, il leur aura fallu effectuer un profond travail de recherche afin de savoir ce que monsieur et madame tout le monde voudraient savoir. Dans ce guide, elles répondent aux questions que les gens se posent le plus fréquemment. Des banales questions sur le passeport en passant par les différentes stratégies pour acheter un billet d’avion ou pour éviter les plus populaires arnaques autour du globe, tout y passe. Alléchant, tout ça, vous en conviendrez. Imaginez quand j’y consacrerai une chronique complète.

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Le livre Voyage 101 de Lydiane et Léonie (que je critiquerai dans deux semaines) est disponible en librairie dès maintenant.
(Crédit photo : Les éditions Goélette)

Preuve de l’utilité et de la pertinence du guide, Lydianne confie elle-même s’en servir et s’y référer fréquemment. 

Finalement, comme je voulais profiter au maximum de la présence de ces deux sommités de l’évasion, je leur ai posé quelques questions qui me brûlaient les lèvres et qui doivent, je suppose, brûler celles de plusieurs d’entre vous, étudiant.e.s avides d’aventure. Je conclus donc là-dessus, en vous présentant l’intégralité de leurs réponses à deux de ces questions :

Quelle destination recommanderiez-vous à un.e. étudiant.e. universitaire pour une première expérience sac à dos?

Elles n’ont pas hésité à répondre à tour de rôle l’Asie. À savoir pourquoi, elles répondent toutes deux que l’Asie a plusieurs avantages. Premièrement, le coût de la vie y est dérisoire et les locaux y sont plus que accueillant.e.s. «Ce sont aussi des lieux assez touristiques où il est fréquent de sympathiser avec d’autres voyageurs d’un peu partout dans le monde», ajoutent-elles. Le niveau de sécurité, en Asie, est aussi très élevé, ce qui rend ce continent encore plus intéressant. 

«Par contre, le coût du billet d’avion pour l’Asie est très élevé. Il est donc essentiel que le séjour soit assez long pour en rentabiliser le prix. En ce sens, il peut s’agir de la destination tout indiquée pour l’étudiant qui dispose de plusieurs semaines pour s’expatrier durant la saison estivale, par exemple…», juge bon d’ajouter Lydiane, prévenante. 

J’ai terminé en me faisant plaisir avec la question que j’aime le plus poser aux voyageur.se.s que je rencontre, que ce soit au Québec ou outre-mer :

Pourquoi voyagez-vous ou qu’est-ce que vous aimez le plus dans le voyage? 

Aussitôt que j’ai posé cette question, j’ai vu les filles lever les yeux vers le plafond à la recherche d’une réponse. Ce geste ne témoignait pas d’une ignorance, bien au contraire. Je les voyais chercher la réponse qu’elles me fourniraient parmi une panoplie d’éléments potentiels. Après les quelques secondes qu’ont duré leur réflexion, c’est Lydiane qui m’explique la première que ce qu’elle aime le plus dans le voyage, c’est les rencontres :

«J’adore rencontrer des gens dans tous les pays que je visite. J’aime autant aller à la rencontre des locaux que de voir d’autres touristes venir à ma rencontre. C’est magnifique de pouvoir partager nos expériences et nos cultures au sein d’une culture qui ne nous appartient pas ni à moi, ni à eux, mais dans laquelle nous tentons de trouver notre place durant notre séjour».

Ensuite, c’est Léonie qui me répond que pour elle, les hasards qui arrivent en voyage en valent, à eux seul le coup (et le coût) : «C’est difficile à expliquer, il arrive toujours plusieurs imprévus favorables que nous ne pourrions jamais nous imaginer». Pour illustrer sa réponse, Léonie raconte la fois où sa soeur et elle étaient étendues sur une plage en Europe lorsqu’un groupe de touristes est venu à leur rencontre en leur proposant de les rejoindre pour passer la soirée. «En prenant du recul, cette rencontre aura été la prémisse d’une des plus belles soirées du séjour», qu’elle ajoute.

Bien que ma réponse aurait davantage ressemblé à celle de Lydiane avec les rencontres, je seconde aussi celle de Léonie. Elle a bien raison, au fond. Elle a incroyablement bien illustré la chose en parlant de «hasards». Le voyage, malgré toute la planification qu’il requiert, doit être capable de se laisser surprendre par les imprévus, souvent pour le mieux. C’est la même chose pour le ou la voyageur.euse, il ou elle doit toujours rester nomade sur ses décisions. Il ou elle doit éviter de les enraciner dans la terre et d’être sédentaire. 

Voilà ce qui conclut cette première chronique du touriste trifluvien. Je continue à éplucher «Voyage 101» et je vous en dévoile toutes mes impressions dans ma deuxième chronique.

1 commentaire

  1. Merci Antoine pour ce superbe article! J’adore ta plume! Bravo! Et merci encore pour cette rencontre qui a été fort sympathique et intéressante! Bien hâte de lire ton article au sujet du livre!

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