L’Écon’homme: La Casa de Papel

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Étienne Desfossés – Chroniqueur économique

L’Écon’homme c’est une dose régulière d’économie, souvent pigée dans l’actualité, mais aussi suivant les idées que vous pouvez me fournir. Aujourd’hui, le vendredi 19 juillet, la Casa de Papel, série à succès retentissant, sortait sa troisième saison. Personnellement, je l’attendais avec impatience. Au-delà de l’action et des trames narratives se trouvent un fondement économique intéressant ainsi qu’une belle illustration du rôle de la Banque centrale européenne, dans une de ses « succursales » qu’est la Fabrique nationale de la monnaie et du timbre (FNMT), située à Madrid, en Espagne.

En effet, avant l’essor de la Casa de Papel, qui connaissait les banques centrales? Pas grand monde, vous me répondrez en bon québécois.e que vous êtes! Mais au-delà de la série, qu’est-ce qu’un braquage de la sorte engendrerait? Concrètement, nous parlons d’une augmentation de la masse monétaire, car au lieu de voler quelque chose, nos braqueurs ont l’idée de créer ce qu’ils volent : de l’argent! Au premier regard, l’idée peut sembler banale, mais en fait nous assistons à ce qui plus tard causera une inflation incontrôlable. L’impression de monnaie augmentant la quantité de celle-ci en diminuera inévitablement la valeur, par un mécanisme d’offre et de demande, un mécanisme de marché. Ainsi, il faudra plus d’argent pour acheter nos biens, donc les prix augmenteront, créant une inflation.

Dans son stratagème, le Professeur avait d’ailleurs élaboré le plan Tchernobyl, qui consistait à disperser l’argent en hélicoptère au-dessus de la ville. Ce plan aurait été des plus ravageur, car l’impact d’une création monétaire est principalement déterminé par la quantité de monnaie distribuée et la vitesse à laquelle elle est distribuée. Si notre équipe de masques de Dali s’assoyait sur son magot, sans le dépenser, peu d’inflation serait à l’horizon, mais avec le plan Tchernobyl, nous parlons de l’inverse! Aussi, la taille des coupures influe sur la liquidité et son impact. Dans le cas présent, nous parlons de billets de 50 euros, ce qui est pire que si nous étions en présence de plus grosses coupures.

L’impression de monnaie augmentant la quantité de celle-ci en diminuera inévitablement la valeur, par un mécanisme d’offre et de demande, un mécanisme de marché.

En bref, l’inflation est tributaire de la taille des coupures, de la vitesse de leur dispersion et bien sûr de leur quantité. Cette inflation crée une diminution du pouvoir d’achat, par la réduction de la valeur de nos billets de banque, augmentant ainsi le prix des biens.

Alors pourquoi existe-t-il des presses à monnaie si l’impression de celles-ci est mauvaise pour l’économie? Existe-t-il de bonnes raisons d’imprimer de la monnaie? Eh bien oui! Par exemple, pour relancer l’économie en période de récession ou de ralentissement. Les autorités peuvent alors imprimer de la monnaie afin de redémarrer la consommation de la population. En outre, elles peuvent aussi racheter de la dette, ce qui mènera au même but, c’est ce que nous nommons du « Quantitative Easing ». Il faut voir l’économie comme un véhicule. L’inflation c’est la chaleur du moteur : contrôlée elle est tolérable et peu dangereuse. Toutefois, augmenter la vitesse, par l’injection de nouvelle monnaie favorise l’augmentation de la chaleur, tout comme elle favorise la relance économique. Ma foi, qui sait, peut-être que le professeur est titulaire d’un doctorat en économie?

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S. Mishkin Frederic, Stanley Eakins, Financial Markets and Institutions, 8th Edition.

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